lundi 6 mai 2019

l'avez vous vu ?







"Longtemps tu fus l’individu qui dit et crut que tout lui est dû,
l’individu-à-liste, séquencé en résidus,
l’individuel, l’égoïste usuel,
seul contre tous, ça t’fout une frousse qui est pas virtuelle,
ta vie d’hyperliens, ta vie d’alien, d’îlien
retranché comme un pépin dans ton grain de raison en dit long,
mais n’offre aucune beauté, dans ta bulle de filtre
tu files trouver l’isolement au milieu de ta commune ôtée,
puisqu’on a tout fait pour nous rendre étrangers au monde,
quoi d’étrange à ce que nous voyions tout le monde comme un étranger ?!


Toi que Big Brother surveille pour pas que tu joues au con,
que Big Mother, elle, couve dans son techno-cocon,
faut qu’on se le dise : trouves-tu ça triste ou ça mignon ?
Où mène ta piste ? Es-tu chenille ou papillon ?
Tant que t’es enfermé dedans, tu ouvres les volets en vain,
l’alternative étant se lover ou voler enfin !

Tatonner, rater, tâtonner, rater, essayer encore,
rater mieux, faire que nos expériences prennent corps,
s’offrent le temps, tout autant ouvrent l’espace,
faire que quelque chose vienne, éclose quelque part, naisse, ouais, se passe,
faire qu’il existe un dehors, une jungle, des ZAD,
un ailleurs où il fut encore possible que l’on s’évade,
du zoo libéral qui nous encage,
où on va ? J’en sais rien, on verra bien sur quel chemin on s’engage !
Ici, on enrage, à force j’ai l’impression d’être ouf,
qu’on cherche une faille et trouve, du possible ou sinon j’étouffe !

Comprendre qu’ils te veulent libre pour mieux te contrôler,
que chaque acte en ligne laisse une trace sur les cartes qu’ils compilent,
« Cours, camarade, les yeux-mondes sont derrière toi, faut t’affoler ! »,
comprendre ton statut d’épluchure que pour eux ils empilent [pour qui ?],
pour les porcs du Pig Data, comprendre ce qui nous séduit,
où l’on nous conduit, comprendre que tu es le produit,
alors sur les réseaux en torero s’effacer,
ressusciter l’angle mort, furtif et vif ne faire que passer !

Ceux qui trient, comptent, clivent, classent, élisent leurs sujets,
leurs objets, nos projets, « Combien j’ai ? », « Quel budget ? »,
s’ils pouvaient ils numéroteraient tes cris,
sous leurs chiffres ta chair bruisse, moi je te calcule pas, toute vie vraie reste hors de prix !
T’es pas le nombril du monde, ce sont les chiffres et les nombres,
comptable est l’existence, on ne subsiste que dans son ombre !
Au bout du compte, en fin de comptes, reste ça , oui :
ce système-là, rien ne le détruit plus que le gratuit !

Quick’n’dirty, fast-cash, disruption dans la start-up nation,
managers excellisés du Macronomicon,
merdification des tafs, burn-out, robots, bore-out,
burnes où ? Un brin de courage avant le black-out !
Les pires parasites dissertent sur le parasitisme des salariés,
bizness über alles, working dead, technocrassiers !
La lutte des places remplace la lutte des classes en place,
et toi tu penses trouver là ta pitance, du sens, et j’en passe !
Travailler ? Oui, si je choisis avec qui, à quel rythme,
où, comment et pourquoi j’ai autant de mon temps investi,
plutôt que passer 40 ans de sa vie à flipper,
s’auto-orgniaser pour que taffer fasse triper !

Gaffe aux GAFA, gaffe aux, gaffe aux GAFA,
et à ce qui les anime, ce n’est pas le BAFA, mais le transhumanisme,
gaffe aux GAFA se gavant de ton DATA,
ils ont le réseau, t’as rien, tu es le zéro, ils sont le 1,
te voir surfer est le premier de leurs desiderata,
alors noue, puis au ventre de ce noeud construis-y des communs,
au coeur de ce « nous », explore à quel point tu es liens,
loin de ces liens regarde à quel point tu n’es rien !
Politique de l’amitié, s’élever du solitaire au solidaire,
de la grappe au groupe, et voir ce que ça libère,
du connectif au collectif, oh oui, bah oui !
La liberté des autres déplie la nôtre : origami !

Puisque leur monde est une pub qui nous vend de la réalité,
qu’ils ont algorithmé jusqu’à l’amour, le jeu, le jouir, l’amitié,
puisqu’en nous procurant par la technologie le pouvoir
ils nous ont retiré la puissance, essaie pour voir !
Sans doute est-il temps de reprendre nos outils en main,
notre autonomie technique au sérieux vers d’autres lendemains,
l’imachination au pouvoir, sous les claviers la rage,
avons quitté la marge et sommes prêts à tourner la page !

Pour votre confort et votre sécurité veuillez...
veuillez quoi ? Rester entre vous pour l’éternité ?!
Vous emmurer vivants face aux migrants ?
Dire qu’ils vous grand-remplacent, veulent votre place ? Le péril est-il si grand ?!
Ah ! La paresse et la peur, la caresse et la terreur
à quoi chacun d’entre nous s’abaisse, fut-ce par erreur,
la belle pâte avec laquelle ils nous malaxent et nous cuisent,
et nous figent dans la rue, sur l’écran, comme dans l’entreprise,
brise-toi ! Sens combien tout joie longue
naît de la confiance que tu offres et qui tisse d’une étoffe qu’on coud en fil de soi,
en fil de soi, certes, mais surtout en fil de faire,
de faire ensemble, parmi et avec soeurs et frères !

Nous sommes la nature, la nature, la nature qu’on défonce,
nous sommes la Terre qui coule juste avant qu’elle s’enfonce,
nous sommes le cancer de l’air et des eaux,
des sols, des sèves et des sangs, le bourreau, bon sang, d’H2O,
nous sommes la pire chose qui soit arrivée au vivant,
ok, c’est bien de le savoir, ouais, et maintenant ?!
La seule croissance que nous porterons sera celle des arbres et enfants,
maintenant nous serons la nature qui se défend !"

Source: Lundi Matin "L'inconsolable" 

et en Musique 


 Léon Blum descend lentement vers le front de mer.
 réfléchissant peut-être à son avenir de plaque souvenir.

L'inconnue du trottoir de droite dans les ptits papiers 
(on ne saura pas de qui)
remontait l'avenue.

Seuls les policiers croisant au loin auraient été habilités à lui demander
Mais:
 Pourquoi l'auraient-ils fait?
puisque:
 petit A: ils ne l'avaient pas vue
              petit B: elle ne semblait pas suspecte
              petit C: le couvre feu n'avait pas encore été déclaré.

Objectivement et en quelque sorte il s'agissait d'un après-midi comme un autre,
et on lui rendait bien.








" Une lampe à la main Il cherche son chemin L'avez-vous vu Une lampe à la main Il cherche son chemin L'avez-vous vu L'avez-vous vu On nous ment toujours On nous ment toujours On nous ment Dans les manteaux blonds Dans les manteaux Manteaux de velours On nous ment On nous ment On nous ment On nous ment Alors elle passe son temps à lire des bd Trois heure du matin la télé allumée Et le voisin du dessus Le voisin du dessus Une lampe à la main Il cherche son chemin L'avez-vous vu L'avez-vous vu On nous ment sur ci On nous ment sur ça Alors tu tends vers tout Tout tend vers ça Tout se renversa Sur la nappe une tâche La vie c'est comme ça On nous ment toujours On nous ment toujours On nous ment tou... On nous ment tou... On nous ment égare On nous ment-et-Christo On nous ment-essori On nous ment sur tout ça Une lampe à la main Il cherche son chemin L'avez-vous vu Une lampe à la main Il cherche son chemin L'avez-vous vu L'avez-vous vu Dans les rues de plaisir Et les ourlets de dentelles Et les petits livres On nous ment On nous ment de loin On nous ment de près Ce n’est qu’après Qu’on sait le comment On voit le pourquoi Qu’on lit le secret On nous ment pendant On nous ment avant On nous ment après On nous ment sur ceci On nous ment sur cela Pas du tout ce qu'on lit Pas ce qu'on croit On nous ment le matin On nous ment le soir On nous vend On nous vend l'espoir L’hiver ou l’été Tout autant que l’amour On nous vend la beauté Un lapin dans les bras Mais abracadabra On nous ment sur quoi Dans l'immensité de la grande cité J'avais choisi le mensonge Dans l'immensité de la grande cité"
Gérard Manset

vendredi 3 mai 2019

ce qui revient au même



« La mer attend son large, cherche ses eaux, désire le bleu, crache et crie, s’accroche et défaille, quand son écorce et sa coquille se brisent, et la fragile ardoise de ses clochers, et tous les verres qu’elle a vidés puis jetés derrière les taillis.

La mer chuinte au soir et peluche, avant de s’endormir, la tête entre les bras, comme une enfant peureuse, quêtant dans la nuit calme des idées d’aurores et d’émoi, encore un peu de vin, de vent et de clarté, un peu d’oubli.

Son gros cœur de machine s’effondre dans son bleu; sa servitude quémande son salaire de sel: quelques gouttes, un bout de pain, un butin si maigre, pas même de quoi gagner le large après tant de vagues remuées tout ce temps!

Elle brûle de se défaire du ciel qui la manie, la flatte ou la conspue: ô ces ailes qui lui manquent, cet horizon partout à bout portant! Verra-t-elle jamais se lever son jour, dans la pénombre d’un prénom de femme?

Elle n’a ni corps ni chair à elle: elle revient de nulle part et parle de travers, elle rêve à autre chose; elle parle et rêve de choses et d’autres : pourquoi donc ne pas dire que le temps à midi s’arrête au fond d’un lac?

On prétend que le bleu perle sous sa paupière: on la croit folle, elle se désole, rêvant pour rien de de branches et de racines, assise sur une espèce de valise en cuir au bout de la plage où personne ne viendra la chercher.

Quelle nuit, quel jour fait-il dans sa tête engourdie de femme assise? Elle ouvre en grand les bras aux enfants accourus du large. Il lui plaît d’exciter leurs rires et leurs éclaboussures, de baigner les pieds nus, de lécher la peau claire.

Mais vivre n’est pas son affaire: elle ne raconte pas son désir, fiévreux d’images et de rivages; elle n’ira guère plus loin que ce chagrin-ci, d’un impossible bleu-lavande, celui d’anciennes lettres d’amour et de mouchoirs trempés.

La voici d’un gris de sépulcre, avec tout ce vide autour d’elle, cueillant la mort d’un baiser brusque, suçant le noyau et crachant le fruit, titubant comme le souvenir, priant parfois très bas, brisant après le rêve la cruche qu’il a vidée.

Son coeur est un abîme qui recommence jour après nuit la même journée obscure, qui chante de la même voix brouillée le désordre et le bruit, qui va, lavant sa plaie, toujours poussant pour rien son eau pauvre en amour. »
Jean-Michel Maulpoix


Camp de base
                         et    chanson à voir:
   " Je suis 
sous
       sous
                 sous
 sous-marine
comme à Saint-Naz

SAINT-NAZ

BASE
SOUS-MARI
NE






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2 euros-en vente chez votre marchand de journaux-

 Quarante ans après"Le canard de Nantes à Brest" 

Le nouvel hebdomadaire 
Bretagne 5sur5

À la sortie du premier numéro, au pied des rotatives du Télégramme, de gauche à droite : Yann Rivallain, rédacteur en chef adjoint, Christian Troadec, fondateur, et Erwan Chartier, directeur de la publication et rédacteur en chef.    Photo :Source: Le Télégramme

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-4 jours de fête
sur 80kms de rive
16 villes mobilisées
150 bateaux invités...
Plus d'infos 






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Chez: "Des mots et des espaces"
"Notes de mon chahut"



"même si tu doutes
ne fais pas refus
à la beauté du monde

elle est 

dans les replis de ta chair
même
et même
dans les cendres de l'âme
sur lesquelles tu souffles


espérance même
même si tu doutes"


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"Que je vous envie tous
Escriteurs sur le net
Moi qui perds mon français
Sans parler du latin

Pour faire croire que j'en ai
Un de ces quatre matins
j'cliquerai à mon engin
des copier puis coller

Et de tous vos poèmes
un patch word je ferai
De PC en machins
Il fera son chemin"

Armo 
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 Chez:"Le feu central"

 Sur un panneau d'affichage:

 "au travail
cette citation ornée
d’un homme d’un autre temps
une ombre noire
tapie
derrière lui
qui grossit :




« Une société qui abolit tout aventure,
fait de l’abolition de cette société
LA SEULE aventure possible. »



et, d’un coup,  me revient
en mémoire
cette autre citation
issue de la Bible,
celle-là,
écrite au cours du premier millénaire
avant notre ère :


« Là où il n’y a pas de vision, les peuples périssent. »


Ce qui revient au même, finalement."
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