jeudi 4 avril 2019

la transformation





Aber road


Elevons les eaux
Elevage des gouttes associées
pour le meilleur et pour l'humide compagnie.
Grand art 
de la mise à niveaux
à toute vapeur
puis à toute pompe
et délaissée
en 89
mais sans révolution
(d'un siècle dépassée)
...et vite oubliée
sauf, parfois, dans les souvenirs
ou les cartons.

Aujourd'hui, des prestidigitateurs, maquilleurs, transformeurs,
charmés par son volume
réveillent la vieille belle endormie
et ils ouvriront bientôt aux emboucheurs
 les portes de l'histoire recomposée.

Demain on lui décernera même quatre étoiles

Alors, pour le plaisir
et la reconnaissance du passé, faisons table d'hôtes.
et:
 A la bonne notre




"Prés de l'eau prés de l'au-delà
Prés de l'eau de la fontaine
Prés de l'eau de la fontaine
Prés de l'eau de la fontaine se trouve mon mécène
Que j'aime autant que les arbres, le vent
Qui battent le temps, le temps d'une mesure
Et au fur et à mesure que le chant avance
La faune et la flore et les métaphores
Entrent en transcendance en transformation (bis)

Dieu des dieux
Dieu du feu
Dieu de toutes les fibrilles

Il est beau le bruit du bois
Il est beau le bois
Il est beau le bois...
Le bruit du bois

Il est beau le bois duquel je viens et je viens
Vous dire que j'ai rien à dire.
Mais que l'on respire mieux là-bas
Sur le haut plateau, prés de l'eau de la
Fontaine qui insuffle la vie
Prés du zéphir celui qui inspire à La Transformation(bis)

Dieu des dieux
Dieu du feu
Dieu de tous les chaînons

Je ne mangerai pas ta pomme, pas ta pomme
Non je ne mangerai pas ta pomme
Non je ne mangerai pas de ta nourriture
Nourriture d'une terre dont la sève est sûre
Et le fruit amer, d'une culture forcée
Par la main de l'homme
En dépit des dieux
Ceux qui avec nous sont prêts à tout
Pourvu qu'on leur laisse La Transformation"

Dick Annegarn







Polar
et thriller
 en bord de Loire
 2019 la Roumanie à l'honneur
Plus de suspens

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mercredi 3 avril 2019

MER-credi


"Les principes sont des attaches, des amarres ; quand on les rompt, on se libère, mais à la manière d'un gros ballon rempli d'hélium, et qui monte, monte, monte, donnant l'impression de s'élever vers le ciel, alors qu'il s'élève vers le néant."
Amin Maalouf 


Les poissons d'avril
font le gros dos au cabillaud
coincé sous un déluge de grésil.
Habile
promotion
du jeudi
chez
Michel-Edouard.





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Sur SITE 

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" Le temps passe et n'attend personne. Toutes les amarres du monde ne sauraient le retenir. Il n'a pas de port d'attache, le temps; ce n'est qu'un coup de vent qui passe et qui ne se retourne pas"
Yasmina Khadra 











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Ecoutez. Voici ce que c’est que le fond de la mer :
Au-dessous de cette surface d’ondes que déchirent sans l’entamer toutes les proues de l’homme, proues tellement innombrables que le seul commerce de l’Europe et de l’Amérique entrecroise sur une seule ligne de navigation dix-sept mille navires ; au-dessous de la houle où voguent au hasard les goëmons, les varechs, les conferves, les grandes herbes couvertes de puces d’eau, les fucus nageants, praderias del mar, comme disait Colomb, et les arborescences aux longues nervures nues, et ces paquets d’algues qu’on rencontre parmi les vagues dans les solitudes et qui ressemblent à des rouleaux de cordes dénouées ; au-dessous de la couche où se forment les crustacés et les coquillages, actinies, astéries radiées, doris, porcelaines, agatines, volutes, cyclostomes, crabes à cuirasse de bronze, poings-clos sanglants, homards, langoustes, poursuivis par le devil-fish, le monstre aux huit cents ventouses ; au-dessous de la couche où tremblent et resplendissent les phosphores, néréides, cyclidies, mammaria, vers polygastriques, insectes lumineux, pierreries des flots ; au-dessous de la région déjà moins distincte où rôdent les nautiles, les jantines, les cyanées bleues, les globigérinées, les rhizopodes, les méduses ; au-dessous de toutes ces zones tourmentées et fauves, la mer s’apaise solennellement et, peu à peu, se tait. Cependant les poissons vont et viennent encore ; une nappe d’environ deux mille mètres d’épaisseur appartient aux colosses étranges de l’eau, fourmillement confus de ces transparences, aux squales, aux requins, aux poulpes, aux krakens, à Léviathan, à Céto, des formes épouvantables glissent çà et là, et les hydres se meuvent crépusculairement dans cet invisible. Plongez plus bas. Cette zone dépassée, l’eau devient lugubre. Plus rien. L’esprit – car l’esprit seul pénètre dans ces précipices – ne perçoit pas un seul frémissement d’être animé. Partout, en haut, en bas, en avant, en arrière, une lame de verre, liquide et immobile. Vous êtes dans l’unité de l’eau. Ceci est l’eau toute seule, chose horrible. Descendez encore pourtant ; et tout à coup, sans que vous en soyez déjà à apercevoir le fond, toute la mer qui est au-dessus de vous vous apparaît comme une masse distincte, et vous croyez voir le dessous d’une incommensurable nuée. C’est une nuée en effet que forme au-dessus du fond inconnu toute cette première épaisseur d’océan, et de cette nuée il tombe, dans la seconde épaisseur, une pluie. Quelle pluie ? Une pluie vivante. Une pluie d’animalcules. Ici apparaît le mystère. L’immensité microscopique se démasque. Le tremblement de la création vous saisit. On pourrait dire que c’est à l’infiniment petit que commence l’énormité de la mer. La mer a son produit, c’est le foraminifère ; l’océan secrète l’infusoire. La molécule et la cellule, ces deux limites de la vision microscopique, tellement abstruses que la cellule animale n’est pas distincte de la cellule végétale, ce Calpe et cet Abyla de l’infiniment petit, engendrent , en se combinant avec toutes les forces obscures en suspension dans l’océan, un être imperceptible. Que fait cet être ? il bâtit sous l’eau des continents.
La fonction de cet atome, c’est de remplacer à un moment donné les Europes, les Asies, les Afriques et les Amériques que vous avez à cette heure sous les pieds.
Il est l’extrême ouvrier de l’œuvre inouïe.
Là où semble finir la vie sous-marine, il naît, il charge le bas du nuage monstrueux des vagues, et, sans cesse et à toute minute, et jour et nuit, il en tombe innombrablement, immense pluie éternelle.
Analogies vertigineuse ! il neige sur le haut des montagnes, il pleut sur le fond de l’océan. Seulement ce qui neige en haut des montagnes, c’est de la mort ; ce qui pleut au fond de la mer, c’est de la vie.

Victor Hugo, Philosophie, 1860
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