mercredi 27 février 2019
terre et mer se rejoignent
"Le lieu le plus intéressant est celui où terre et mer se rejoignent"
Ralph Waldo Emerson
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Pourquoi sommes-nous émus par les navires?
Parce qu'ils renforcent la présence de la mer.
Et par la mer?
Parce qu'elle rend manifeste le mystère de la limite.
Le supplice de l'intelligence est de penser la limite du monde -
mais le rivage est la limite absolue, le commencement d'une autre intelligence."
Guy Etienne
" ...Alors dans la neuvième année,
pendant le dixième printemps,
elle sortit des flots sa tête,
leva son front hors de la mer,
entreprit la création,
se mit à modeler le monde
sur le dos brillant de la mer,
au sein des ondes infinies.
Partout où sa main se plaça,
elle créa des promontoires;
partout où son pied se posa,
elle fit des trous à poissons;
partout où son corps se courba,
elle creusa d'énormes gouffres.
Du flanc elle effleura la terre,
formant les rivages unis,
du pied elle frappa la terre.
Dressant les pièges à saumons,
du front elle toucha la terre,
modelant les anses profondes.
Elle s'éloigna vers le large,
s'arrêta sur la mer ouverte;
elle façonna les récifs,cacha les écueils sous les eaux
pour le naufrage des navires,
pour le trépas des matelots.
Déjà les îles sont placées,
les récifs fixés dans la mer;
les piliers de l'air dressés,
les continents sont évoqués,
les signes gravés sur la pierre,
les mots inscrits sur le rocher..."
Elias Lönnrot extrait de: "Le Kalévara"
" Le Kalevala (la "terre nourricière des héros"), est un très long poème de 22795 vers répartis en cinquante chants, composé par Elias Lönnrot au milieu du XIXe siècle à partir de chants populaires finlandais de tous âges et de tous genres.
Le 28 février on célèbre en Finlande la journée du Kalevala pour commémorer la première édition du livre." SOURCE
"L'échappée, ah-cette lueur bleu sombre
le long du fleuve
puis l'éclair d'ambre doré
puis encore
la lueur bleu sombre tout le long du fleuve
(vieux rafiot noir là-bas traînant près d'un gros paquebot blanc)
et les nuages filant bas
au-dessus des vagues grises aux crêtes écumantes
(ah cette courbe qui se brise)
et en-haut
le vol noir des goélands
.../...
Kenneth White extrait de: "La porte de l'ouest"
Partir.
"S'il vient sauras-tu le prendre le navire annoncé par les cinq océans
Sauras-tu éviter les vagues qui viennent mordre le rivage,
l'écume dans la gueule, blanche à faire reculer la nuit
pour que le jour ne s'achève jamais
pour que tu ne te reposes plus,
il y a tant à faire sous le soleil
.../...
.../...
S'il vient sauras-tu l'ennoblir ce bateau?
Décroche un croissant de lune
et voici une coque longue et fine comme une goélette,
taille quelques rayons de soleil
et voilà un fier trois mâts qui relève la tête,
saisis une étoile filante en vol
et tiens bon la queue d'une comète
et mets toutes voiles de feu dehors.
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.../...
Vers le nord,
au pays des couleurs bleues où la neige est blanche
où les troupeaux de rennes traversent les vallées qui descendent dans les fjords
nous donnant la mer à la bouche.
Vers le nord, où vagabondent les poésies
qui nous entraînent dans les pays du beau et du bon.
Pars, comme se baladait le nain sur l'oie sauvage
tu prendras le premier oiseau qui dépliera ses ailes devant ta maison.
Ses plumes racontent que dans le froid, il y a une odeur de cheminée,
une main qui désire la tienne.
Des moufles en laine de toutes les couleurs qui galopent sur la prairie.
Ecoute le chant des bâtisseurs de cathédrales,
leurs voix maçonnent des fenêtres dans nos coeurs
leurs mains nous montrent les épaves des châteaux de sable,
s'agenouillant à la marée.
Implorant la princesse à la robe d'écume
pour qu'elle revienne du nouveau monde
nous raconter des histoires à dormir debout contre la vie."
Yvon Le Men "Partir"
illustration source: Toile
mardi 26 février 2019
la mer se noie
"Un seul jour sans la mer
et toute larme est tarieQu’elle se retire
ou s’étale
que le soleil pleure
ou que la lune rie
rien ne bat dans les yeux secs
Il y a toujours des marins sur le quai
les yeux comme le ciel du jour
embués de regrets
ou lumineux d’espoir
Il y a toujours des bateaux en partance
et des épaves à marée basse
.../..."
Alain Lebeau extrait de: "La mer se noie"
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COUPS DE 💓 :
photo et création: Roger Dautais "Le chemin des grands jardins"
photo: Christine Saint-Geours "Dune"
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souvenir de grande marée
Ah dame
y'a plus d'saison
ben alors:
profitons
(comme dit l'ami Christophe "On va l'payer un jour, on va l'payer")
"Nous sommes les persécutés
De tous les temps et de toutes les races
Toujours nous fûmes exploités
Par les tyrans et les rapaces
Mais nous ne voulons plus fléchir
Sous le joug qui courba nos pères
Car nous voulons nous affranchir
De ce qui cause nos misères.
-
Ouvriers ou bien paysans
Travailleurs de la terre ou de l'usine
Nous sommes dès nos jeunes ans
Réduis au labeur qui nous mine.
D'un bout du monde à l'autre bout
C'est nous qui créons l'abondance
C'est nous tous qui produisons tout
Et qui vivons dans l'indigence.
-
L'Etat nous écrase d'impôts
Il faut payer ses juges et sa flicaille
Et si nous protestons trop haut
Au nom de l'ordre on nous mitraille
Les maîtres ont changé cent fois
C'est le jeu de la politique
Quels que soient ceux qui font les lois
C'est bien toujours la même clique.
-
Pour défendre les intérêts
Des flibustiers de la grande industrie
On nous ordonne d'être prêts
A mourir pour notre patrie
Nous ne possédons rien de rien
Nous avons horreur de la guerre
Voleurs, défendez votre bien
Ce n'est pas à nous de le faire."
Chant des journées de Mai[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[[###########
Programme
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illustration: source toile
"Je vous salue, névrosés !
Parce que vous êtes sensibles dans un monde insensible,
n’avez aucune certitude dans un monde pétri de certitudes
Parce que vous ressentez les autres comme si ils étaient vous-mêmes
Parce que vous ressentez l’anxiété du monde et son étroitesse sans fond et sa suffisance
Parce vous refusez de vous laver les mains de toutes les saletés du monde,
Parce que vous craignez d’être prisonniers des limites du monde
pour votre appréhension de l’absurdité de l’existence
pour votre appréhension de l’absurdité de l’existence
Pour votre subtilité et délicatesse à ne pas dire aux autres
ce que vous voyez en eux
ce que vous voyez en eux
Pour votre difficulté à gérer les choses pratiques
et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu,
et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu,
Pour votre sens pratique à négocier avec des choses abstraites
et inconnues;
et inconnues;
Pour votre réalisme transcendental
et votre manque de réalisme au quotidien
et votre manque de réalisme au quotidien
Pour votre sens de l’exclusivité
et votre peur de perdre vos êtres les plus intimes,
et votre peur de perdre vos êtres les plus intimes,
Pour votre créativité et votre capacité à vous extasier
Pour votre mésadaptation à « ce qui est »
et votre capacité d’adaptation à « ce qui devrait être »,
et votre capacité d’adaptation à « ce qui devrait être »,
Pour vos habilités grandes, mais inutilisées
Pour la reconnaissance tardive de la vraie valeur de votre grandeur
qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous
qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous
Parce que vous êtes humiliés alors que vous veillez à ne pas humilier les autres,
Parce que votre pouvoir immense sans cesse réprimé par une force brutale;
Et pour tout ce que vous êtes capable de deviner,
Pour ce qui est «prescient»,
non-dit
et infini en vous
non-dit
et infini en vous
Pour la solitude et l’étrangeté de vos vies
Soyez salués !"
K. Dabrowski
illustrations source:Toile
Caramel aux pleurs salé
dans tous ses ébats:
sur son flan droit
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Contre la foire à l'intox une pétition d'AVAAZ
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