mercredi 10 octobre 2018

la mélancolie


"Philosopher n'est qu'une façon de raisonner la mélancolie."
Louise de Vilmorin







"La mélancolie
C'est un' rue barrée
C'est c'qu'on peut pas dire
C'est dix ans de purée
Dans un souvenir
C'est ce qu'on voudrait
Sans devoir choisir

La mélancolie
C'est un chat perdu
Qu'on croit retrouvé
C'est un chien de plus
Dans le monde qu'on sait
C'est un nom de rue
Où l'on va jamais

La mélancolie
C'est se retrouver seul
Place de l'Opéra
Quand le flic t'engueule



Et qu'il ne sait pas
Que tu le dégueules
En rentrant chez toi
C'est décontracté
Ouvrir la télé
Et regarder distrait
Un Zitron pressé
Te parler du tiercé
Que tu n'a pas joué

La mélancolie
La mélancolie
C'est voir un mendiant
Chez l'conseil fiscal
C'est voir deux amants
Qui lisent le journal
C'est voir sa maman
Chaque fois qu'on s'voit mal

La mélancolie
C'est revoir Garbo
Dans la rein' Christine
C'est revoir Charlot
A l'âge de Chaplin
C'est Victor Hugo
Et Léopoldine

La mélancolie
C'est sous la teinture
Avoir les cheveux blancs
Et sous la parure
Faire la part des ans
C'est sous la blessure
Voir passer le temps
C'est un chimpanzé
Au zoo d'Anvers
Qui meurt à moitié
Qui meurt à l'envers
Qui donnerait ses pieds
Pour un revolver

La mélancolie
La mélancolie
C'est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C'est les bras du bien
Quand le mal est beau
C'est quelquefois rien
C'est quelquefois trop

La mélancolie
C'est voir dans la pluie
Le sourire du vent
Et dans l'éclaircie
La gueule du printemps
C'est dans les soucis
Voir qu'la fleur des champs

La mélancolie
C'est regarder l'eau
D'un dernier regard
Et faire la peau
Au divin hasard
Et rentrer penaud
Et rentrer peinard
C'est avoir le noir
Sans savoir très bien
Ce qu'il faudrait voir
Entre loup et chien
C'est un désespoir

qu'a pas les moyens
La mélancolie
La mélancolie."

Léo Ferré 



"En automne je récoltai toutes mes peines et je les enterrai dans mon jardin.
lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces,
mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles." 
 Gibran Khalil Gibran





Les choses vont comme elles vont

De temps en temps la terre tremble

Louis Aragon

 
"Mélancolie. Pour la sonorité du coquelicot. Pour l’étoile de mer sur le rebord de la fenêtre. Pour le cri du coq à l’aube. Pour le sillage de l’avion dans le ciel de juillet.
 
Pour la valse de Chopin aérant la salle de musique. Et le sachet de camphre sous la chemise de laine. Pour l’alexandrin dans la chambre de cèdre. Pour l’averse de cinq heures et le chant grégorien. Pour le col de dentelle et pour la face-à-main d’ivoire. Pour l’abat-jour de soie, pour l’odeur des framboises et pour le pain levant dans l’escalier. Pour l’ennui des dimanches et pour la balançoire. Pour Le Dormeur du val.  Pour le lilas, pour la lampe de chevet. Pour la rivière Rouge de mon village aux poissons transparents. Pour le joueur de guitare sur la place publique. Pour l’érable de Pâques et le cornet d’écorce. Pour la sieste et le lézard.
 
Les choses sont sonores dans la voix de poème.
 
Nos ombres se consument au fur et à mesure de l’avancée de nos pas. Nous refusons les fausses routes. Les pays incertains.
 
Nous ne reviendrons plus vers les écureuils fabuleux pendus aux branches des noisetiers. Le jour tremble. Volière. L’heure s’est assoupie. Nous sommes à l’abri des coups de midi noir."
 
Sommes de veille. Toutes voiles dehors. 
Paul Chanel Malenfant, « Mélancolie », Traces de l’éphémère, Le Noroît, Montréal, 2011.
source

mardi 9 octobre 2018

ici et là


"Ne répondez jamais à une lettre anonyme"
Laurence Peter

ou peut-être de manière incognito... 







" Lire, c'est déjà le début du doute.
C'est déchiffrer lettre par lettre, mot par mot,
toutes les incongruités des conceptions humaines."
Jean-Michel Wyl







Chat-pitre 
ou chat-rogne ?




"il faut confronter des idées vagues avec des images claires."
Jean-Luc Godard





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paru dans lundimatin#160, le 8 octobre 2018

Nous sommes de ceux dont les grand-parents ont vécu la seconde Guerre Mondiale et en ont conservé un souci de la sobriété, du bon rapport à l’autre.
Nous sommes de ceux dont les parents, à rebours de leurs propres parents, se sont vautrés dans la modernité, deux diesels par foyer, un steak haché industriel en barquette polystyrène, trois fois par semaine.
Nous sommes de ceux qui ont appris de leurs parents que seul le travail comptait, quitte à marcher sur les autres pour un job au rabais.
Nous sommes de ceux dont les camarades de classe ont appliqué à la lettre les préceptes de leurs parents et ont finalement placé un des leurs à leur tête.
Nous sommes de ceux qui toussent sur leur vélo, s’intoxiquent à chaque repas.
Nous sommes de ceux qui pensent que services publics rachitiques, bullshit-jobs, air vicié et terre souillée forment un seul et même tas de miettes que le capital consent à nous laisser.
Nous sommes de ceux qui n’ont pas attendu la démission de Nicolas Hulot pour attester que les « décideurs » ne décident pas, ils exécutent.
Nous sommes de ceux qui ont entendu un ministre allemand de l’économie déclarer aux grecs : « on ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit ».
Nous sommes de ceux qui, bien avant le rapport spécial du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental d’Etudes sur le Climat), ont compris que Gattaz et ses camarades de classe n’en ont rien à carrer que vous toussiez sur votre vélo, vous n’avez qu’à prendre votre voiture comme tout le monde. [1] 
Nous sommes de ceux qui ont déjà harcelé les politiques.
Nous sommes de ceux qui ont déjà marché pour, manifesté contre.
Nous sommes de ceux qui ont côtoyé, entre eux et leurs enfants, une génération dite « ingouvernable », et ont beaucoup appris de leurs formes de lutte, singulières et enthousiastes.

Alors, nous sommes de ceux qui, le 13 octobre, songeront à déserter les marches pour le climat pendant une heure ou deux, afin de surprendre, « faire effraction » [2], « fomenter le désarroi chez les connards » [3].
Appel à tous ceux qui sont de ceux dont les grand-parents ont vécu…
[2Comité invisible, Maintenant, éd La Fabrique, 2017, 4e de couverture
[3Aptitude prêtée à Henri Girard (alias George Arnaud) par Philippe Jaenada in La serpe, éd Julliard, 2017

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C'est une maison bleue 


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 en savoir plus:
 ICI
 et
 Là

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et du côté des Raspes:



Des nouvelles de l’Amassada…

Depuis presque un mois, l’Amassada est habitée. Des cabanes de guet se
construisent dans les cimes, des idées folles émergent, des stratégies
se font plus claires ainsi que des bons repas mijotent dans le four
chilien. Face à ceux qui veulent détruire nos terres, nous prenons
racines. 

Les dates d’expulsion sont, dans la brume du juridique, un peu plus
claires. La juge des expropriations, accueillie dans la plus pure
tradition carnavalesque le 26 septembre (
https://lundi.am/Transformateur-de-Saint-Victor-1503 ), a mentionné le
lundi 15 octobre comme date de son rendu. A partir de là, si et
seulement si ils respectent la loi (délai des recours), l’Amassada
pourrait être expulsée par les Gardes Mobiles le 15 novembre. C’est
pourquoi NOUS APPELONS UN MAXIMUM DE GENS À NOUS REJOINDRE avant cette
date, que ce soit pour quelques heures, quelques semaines ou bien plus.

Pour freiner les gardes mobiles, différents chantiers sont en cours.
Installation d’un troupeau dans un parc clôturé, multiplication des
cabanes et des passerelles. 

Pour montrer que le lieu est habité amenez un maximum de boites aux
lettres… Ecrivez à l’Amassada, 15900 La Plaine, 12400 Saint-Victor

Mercredi 10 octobre
20h Lecture collective de la revue Z sur l’extractivisme et le projet de
montagne d’or en Guyane. 

Jeudi 11 octobre
9h00 atelier clôtures 

Vendredi 12 octobre
18h00  atelier anti-répression.

Lundi 15 octobre
10h inauguration des boîtes aux lettres de l’URSA, de L’amassada et de
l’Indivision. 
12h repas partagé et ensuite on invente une petite action sympa et
déterminée...

Jeudi 18 octobre: 
18h00 des nouvelles des réseaux de solidarité contre les frontières dans
la vallée de la Roya.

Mercredi 24 octobre 
20h00 Projection du film « Stan et Ulysse » de B. Hennot 
https://www.stanetulysse.com/  sur un maquis de résistants belges
pendant la seconde guerre mondiale. Où comment être toujours inventif
face à l’ennemi. En présence du réalisateur. Ce film est aussi projeté
mardi 23 au cinéma de Millau à 20h45.
http://www.cineode.fr/cinemas-millau/film/254013/#infos

Samedi 27 octobre 
14h30 Assemblée d’occupation, ouverte à tous et à toutes, car
l’important c’est de coordonner celles et ceux qui habitent là avec
celles et ceux qui sont à l’extérieur. 

Le moment est historique, il s’agit de porter le fer au mensonge de la
transition énergétique sur un de ses principaux nœud européen. 

Venez nombreuses et nombreux

PAS RES NOS ARRESTA
 
 

 "La véritable irrévérence aujourd'hui,
c'est faire du lien dans une époque qui sépare les êtres."
Abd Al Malik