samedi 12 mai 2018
ébauche
Combinaison d'élucubrations de l'esprit
d'un moment,
revenant à la force des vents,
comme un boomerang
sur la grève,
dans l'ambré du soleil couchant.
Les pensées qu'on attrape par surprise ou inadvertance,
par hasard ou esprit de lune
...
Phrases par tous les temps
mais jamais imperméables,
encourageant la grapille
après la récolte initiale.
Voilà l'idée que je me fais des mots d'ici ou là
chez toi, comme chez vous:
des friandises
à l'adresse du goût de l'âme,
toujours en peine de savoir,
de repos aussi;
pour savourer les divinités du sens,
quand elle se perd dans les multiples directions à choisir
formule
faisant des bulles
explose en plein vol
...
On n'est jamais si mal compris que par soi même.
Le mode d'emploi n'ayant été livré avec la marchandise,
il a fallu pour combler le vide en inventer un (pour les plus courageux) ,
ou accepter celui d'un autre chez les plus...
pressés.
Avec légèreté, se laisser faire
par l'énoncé,
bien à propos.
Savourer son plaisir.
"Si t'as envie de vivre tu décourbes ton dos." *
Il faudrait :
l'imagination obligatoire
déjà,
et puis quoi encore
...
l'inspiration nécessaire
peut-être,
la raison déraisonnable,
le naturel excentrique,
les égards en deuxième langue,
la lucidité délicate,
la galanterie chipie,
les principes désarmés,
l'expression chorégraphique,
la formule musicale
...
50 ans déjà, coucou les revoilà.
-*Maurice Bénin
"Rien,
aujourd'hui,n'est foulé. je ne subsiste pas
dans l'air nu.
sur cette route qui grandit."
André du Bouchet
"Dès que j'écris une phrase, je suis désorientée et embarrassée, déjà, j'ai envie de la rejeter pour dire dans la suivante le contraire.
C'est que j'ai toujours l'impression que l'essentiel m'échappe.
La double face, le côté caché des choses.
D'autant que la poésie doit témoigner du déroulement de notre époque.
Or jamais dans l'histoire de l'humanité il n'y a eu siècle plus barbare que le nôtre. Et les horreurs continuent et se multiplient dans tous les coins du monde. nous sommes impuissants face à tant de misère, de corruption et de manipulation.
Faut-il passer devant des drames qui ont lieu, les yeux fermés de peur d'être soi-même broyé par la violence?
Le poète doit donc aussi prendre position face au monde qui l'entoure.
Finis, fleurs et petits oiseaux...Dieu est mort!
L'homme est seul face à lui-même, face à l'univers.
c'est à lui qu'incombe l'entière responsabilité de sa vie et celle des autres.
Chacun de nous risque de se perdre sans guide, sans boussole, sans initiation aucune.
Notre existence est basée pour une large part sur la science, la technologie, l'énergie atomique, etc.
Notre intelligence, du moins celle du commun des mortels, et notre savoir ne savent plus suivre les progrès foudroyants qui nous opposent à ce monde de haute technologie et en pleine mutation.
nous voilà redevenus analphabètes de ce monde qui nous dépasse dans touts ses prouesses.
Autrefois, l'homme avait peur de l'avenir, aujourd'hui l'avenir a peur des hommes!
Pourtant, de là à dire que notre vie n'ait pas de sens me semble injustifié. en fait, la vie a beaucoup de sens, autant que le monde a de chemins.
Novalis disait que notre malheur était " de ne pas prendre en considération la partie nocturne du réel. De ne considérer du réel que la partie visible".
En fait la poésie aussi fait partie de ce monde nocturne du réel.
Guillevic nous dit par exemple: "La poésie c'est une aventure colossale...Je connais l'impression d'être dans un vide, un espace qui n'est pas l'espace, un espace qui n'est pas réglé par la raison, qui est régi par je ne sais qui, ce sacré justement, cette folie du vide qui est plein et du plein qui est vide..."
en effet, des impulsions ou percées du subconscient venant du fond des âges fusionnent avec le conscient. ils confèrent au poème des perspectives inattendues, ouvrant des possibilités de transgression aux sens et à l'esprit. Le poète s'abandonnant à ses forces créatrices pour redécouvrir ses racines profondément enfouies qui le relient au grand TOUT.
Le poème pourra donc contenir une projection d'une réalité qui n'existe pas encore et qui n'existera peut-être jamais.
Dans notre monde intérieur, nous sommes libres, il n'y a ni contraintes ni obstacles. notre poème peut donc se situer avant notre naissance comme après notre mort.
Le lecteur doit tenir compte de ces dimensions symboliques et de l'aura qui les entoure, car chaque page blanche est souillée d'avance par l'ombre de la mort.
une tâche supplémentaire s'impose à nous, poètes "laveurs de mots" comme Francis Ponge nous qualifiait et je me réfère à Christiane Singer* : "Il faudrait se garder de prendre en otages des mots et d'en mésurer. ils sont notre seul accès aux champs de conscience. ils sont les clés qui ouvrent les espaces."
Notre langue est sacrée. Protégeons-là, veillons-là comme un feu qui ne doit jamais s'éteindre, car c'est lui qui doit éclairer la nuit du monde."
Anise Koltz
préface de: "Somnambule du jour " nrf poésie/Gallimard
*Christian Singer extrait de: "Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi?"Albin Michel
mardi 8 mai 2018
je vais droit au jour turbulent
"L'absence qui me tient lieu de souffle recommence à tomber sur les papiers comme de la neige.
../..J'écris aussi loin que possible de moi."
André du Bouchet extrait de: "Météore"
"Avec un morceau de route là qui brûle."
Serge Sautreau
"Il y a si peu de gens qui aiment les paysages qui n'existent pas."
Fernando Pessoa
Vieux Môle
sur mon
travelling arrière
50 années et des poussières
quand jeune loup
j'y posais ma gaule
plein d'espoir de pêche miraculeuse
.La sole
en si
et ses bémols autour.
Dame,
quand il y a anguille sous roche.
Dans les parages paisibles
d'une ville avant-port
j'ai trainé mes hameçons
et le plaisir des solitudes
que je découvrais déjà
loin, loin... des artifices de la foule et de ses hauts parleurs.
Laisser dériver le fil de sa ligne et son âme entre deux eaux
Voilà!
comme rencontre
entre sel et terre
entre marais et marée
entre las
quoi.
Je suis d'ici et de partout, d'ailleurs.
Mais faut que je te dise:
les racines servent de starting block.
Souviens t'en.
CINQ HEURES DU SOIR.
"C'est le temps décisif, un peu lourd et fragile, d'un autre zénith, d'un autre aplomb de la lumière, quand le soleil qui passe au rouge ne lâche pas encore les chiens ni les loups. instant fatal qui, par la grâce d'un seul poème de Frédérico Garcia Lorca, n'a pas sombré dans l'oubli, tout en léguant cette trace de sable et de sang où se lève la plus vive de nos vies.
Chemin de crêtes étrangement au ras du sol, comme une ligne de partage des infinis qui ne s'égarent pas, ne cèdent pas un pouce de terrain.
Même si l'ombre e cesse d'étirer ses marques, il n'est aucun repli possible;
et il importe, fût-ce pour un honneur qui n'a plus cours, un plaisir souverain ou l'ultime beauté du geste, de faire front, de croiser la blessure annoncée, ajournée peut-être, mortelle en quelque saison.
Ici et maintenant aucun projet, aucune promesse, aucune sortie de secours: du lapidaire, des bottes de sept lieues, de la conscience sabre au clair.
.../..."
Zéno Bianu et André Velter extrait de: "Prendre feu"
ETONNANTS VOYAGEURS 2018
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"ça ne tient à rien.
Ni en deçà, ni au delà.
c'est là dans un aplomb imprévisible, dans un instant hors du temps.
Un accord qui ne se soucie de perosnne.
Un écho qui échappe.
Une résonnance qui signifie.
Intensité.
Evidence.
quoi au juste?
Une réponbse en amont.
Une mélodie.
Un amour.
Un Orient.
Un duo symphonique.
Et migration toujours: la poésie."`
Zéno Bianu et André Velter extrait de: "Prendre Feu"
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{``````````````
"Pagaie, pas gai,
Sur cette vieille Loire.
Pagaie, pas gai
T'arriveras nulle part,
Héron, héron.
Sur cette vieille Loire.
Pagaie, pas gai
T'arriveras nulle part,
Héron, héron.
Là-haut, guetteur,
Vois-tu, vois-tu ailleurs?
Vois-tu, vois-tu ailleurs?
Bout du bois,
Bout du bois,
Beau caoutchouc,
Flotte-moi
Plus loin que chez nous.
Baignoire, baignoire,
Tu m'as menti.
Ailleurs, ailleurs c'est comme ici.
Bout du bois,
Beau caoutchouc,
Flotte-moi
Plus loin que chez nous.
Baignoire, baignoire,
Tu m'as menti.
Ailleurs, ailleurs c'est comme ici.
Rame, rame. Rameurs, ramez.
On avance à rien dans ce canoë.
Là-haut,
On te mène en bateau
Tu ne pourras jamais tout quitter, t'en aller
Tais-toi et rame.
On avance à rien dans ce canoë.
Là-haut,
On te mène en bateau
Tu ne pourras jamais tout quitter, t'en aller
Tais-toi et rame.
Je m'en vais
Je m'en vais
Mais l'eau est lasse.
Chaumont,
Langeais,
A peine Amboise.
Amour, cordon, ficelle serrée,
Lâchez, lâchez, je veux m'en aller.
Je m'en vais
Mais l'eau est lasse.
Chaumont,
Langeais,
A peine Amboise.
Amour, cordon, ficelle serrée,
Lâchez, lâchez, je veux m'en aller.
Rame, rame. Rameurs, ramez.
On avance à rien dans ce canoë.
Là-haut,
On te mène en bateau
Tu ne pourras jamais tout quitter, t'en aller
Tais-toi et rame.
Rame, rame. Rameurs, ramez.
On…"
On avance à rien dans ce canoë.
Là-haut,
On te mène en bateau
Tu ne pourras jamais tout quitter, t'en aller
Tais-toi et rame.
Rame, rame. Rameurs, ramez.
On…"
Alain Souchon
Complètement bateau...
Je vais droit au jour turbulent"
André du Bouchet
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