dimanche 10 septembre 2017

à marée basse


Adossé
aux béatitudes
j'élude
mes affres en flottements angéliques
sur fond de bouteille caustique.

Aucune idée qui vaille la peine d'être envisagée, décortiquée, cultivée...
Rien et son vide sublime,
au soleil d'une fin d'été, à ce qu'il paraît.

Un jeu de l'Ego
et moi de septembre
 équivoque.

A l'époque

Je me la raconte dans la peau d'un ptit bonhomme de terre
qui pourrait bien disparaitre s'il prenait l'eau.
Je l'envisage d'ailleurs au conditionnel pour mieux gommer la suite
ou l'espérer peut-être ?

Perdre la trace,
c'est la morale qui vaille vraiment la peine
qu'on s'y tienne
pour faire le moins de mal possible
si possible?
 et un peu de place aussi,
en suivant.


photos Chantal B. bidouille: J.J.
 
"La vie est un chemin qui se dérobe sous nos pieds."
Hélène Turgeaon




Au dimanche, un voisin bricole...

"Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace." (sic)



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ça raconte quoi?


".../...
Pourquoi est-il devenu si important de me souvenir de ce que j'ai oublié."
.../..." 

Olivier Schnefer-extrait de: "Une tache d'encre" Editions Arlea 


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 Je lis aussi,
le jour, la nuit
dans l'entre deux
chien et loup,
à marée haute,
à marée basse,
Assis, allongé, 
je lie des phrases en les assaisonnant de pluriels
à volonté.
Parfois je les aromatise d'un air ancien
et
de quelques notes de lecture
sur une feuille aérienne
que je fais mienne
dans un classeur
où les mots vont et viennent
en vrac et en foutoir
Faut voir... 





samedi 9 septembre 2017

quand ton masque craqueront


"J’ai l’intention d’écrire “sur mon visage” quelque chose de central et de très beau. Ce sera plus simple et plus doux qu’une main de femme, la nuit, qui suit avec grand’pitié la ligne douloureuse de la figure humaine. Et cependant, ceux qui le liront s’étonneront d’une odeur de pourriture et de scandale. Pour décrire les différents visages de mon âme, il faudra que Celle qui parle de mon visage ose imaginer les masques de mon agonie à venir, il lui faudra penser à ce hoquet sanglant qui marque enfin la délivrance et le départ de l’âme : alors seulement seront évoqués les étranges paradis perdus dont je suis l’habitant. C’est ainsi que mon art s’efforce en ce moment vers le passage essentiel. Je choisis entre les instants ceux qui sont marqués de la grâce. Je cherche la clef de ces évasions vers les pays désirés – et c’est peut-être la mort, après tout. Aussi je continue à imaginer mon livre comme la plus merveilleuse petite histoire qui ait jamais excité les enfants sages et secrets : mais on y sentira par instants un effroi comme de la mort ; un calme et un silence épouvantables, comme l’homme abandonné soudain de son corps au bord du Monde mystérieux. "
Alain Fournier  Le vendredi 18 juin 1909, dans une lettre à Jacques Rivière



"Nous n'accepterons pas éternellement que le respect accordé au masque des philosophes ne soit finalement profitable qu'au pouvoir des banquiers. "
Paul Nizan  extrait: "Les chiens de garde"





 "La relation avec le visage peut certes être dominé par la perception, mais ce qui est spécifiquement visage, c'est ce qui ne s'y réduit pas. Il y a d'abord la droiture même du visage, son exposition droite, sans défense. La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d'une nudité décente. La plus dénuée aussi : il y a dans le visage une pauvreté essentielle ; la preuve en est qu'on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des pauses, une contenance. "
Emmanuel Lévinas -extrait "Ethique et infini"






"Toute folie réclame qu’on la sauve du désastre de la raison. Une sorte de bienséance universelle veut l’occulter, comme elle fait de notre mort. Les spécialistes, dont la parole est sacrée, lui mettent des masques – schizophrénie, paranoïa, tendances dépressives lourdes ou légères – et autres catégories dont on joue aussi bien dans les prétoires, les centres psychiatriques, sur les plateaux de télévision, au bar-tabac du coin. Le fou sans grade, le fou innocent, l’aimable diseur de vérités est aujourd’hui interdit de séjour, tricard en somme. "
Michel Host extrait de" Carnets d'un fou"






"Quand ton masque craqueront nous serons des millions derrière;
quand les masques craquera tu serons solitaire."
Morice Bénin

 photos de Chantal B.
"Le jardin extraordinaire"