mardi 13 juin 2017

le verbe des années



"Je marche parmi le treillis régulier des rues
humant les déchirures fossiles
de la ville
que les années ont reprisées
comme une bure

à l'horizon des cours
parfois
semblable à un passant
tranquille
un habitué du quartier

apparaît une étrave
et glisse le cargo
.../...


.../...
C'est un crâne
et des mâchoires ogresses
mordant aux quais du bassin

un ventre d'ombre
où bat le chant
des suintements
et des éclats étranges

siffle encore
par ici
l'haleine des temps rudes

qui aimante
et 
fait hâter le pas

au fond
les eaux couvertes
immobiles
luisent
comme des langues grasses
qui n'en auraient pas fini avec les aveux
.../...


.../...
Sur les sols tendres
et silencieux
repris par les morts-bois
s'élève la multitude famélique
des araignées géantes
figées
par le flambant-neuf des sortilèges

On a lutté ici
on s'est serré les coudes

mais la mémoire déjà s'envole

et les bassins d'eau rouille
les allées noires
les brèches
racontent d'autres histoires
aux enfants surgis
venus ensembles frotter leurs rêves
à l'inclémence des temps écoulés
cherchant
depuis les hauteurs fracturées
à porter ailleurs le regard
.../...

 .../...
La pierre
porte le verbe des années
et c'est à peine si se polit la phrase
sous le couteau
salé des érosions
.../..."
Antoine Choplin
extraits de:"Le verbe des années" 





lundi 12 juin 2017

gros nique du lendemain


 De l'autre côté du mur
murmure
lentement
à l'étouffée
la ville en son lundi.

                                   Plus que jamais,
jour de grande lessive
et de déconfiture de saison.
La faute à qui
porque te vas?
Chai pas moi, c'est les autres...
Gloire au jeunisme. Vive la gériatrie.

                Le comité défaite s'est réuni
en marches d'escalier
pour regarder passer le vent de l'histoire
et ses  affriolantes combinaisons.
Monsieur le maire, amer sur les bords de mer
file dare-dare, tout essoufflé en sortant du four,
Pschittt!!!
 raccrocher les wagons.
Il est parti socialiste.
Dis! quand reviendras-tu. Dis au moins le sais-tu?
Alors!
Paré à virer, envoyez
 
  A la télé locale, une  jeune dame si prometteusement appareillée 
depuis les cocons ministériels
et à la route logiquement balisée, bordée, tracée...
verse sa larme et cite Jaurès (une valeur sure).
Rendez-vous compte: Même pas au deuxième tour
Pas facile hein?
Jaurès voulu être une artiste pour pouvoir faire mon numéro.
...
Voilà!
Beaucoup perdent leur emploi, ça vous rappelle quelqu'un?
Le voisin, ton cousin, la belle-soeur ou sa soeur...
sauf qu'eux
au mieux smicards, 
"les gens" comme dit  l'insoumis professionnel de la profession (et ses clones).
"Patriotes" comme elle répète en mantra néo... l'héritière des cimenteries (et ses duplicacas).
Bref ceux qui ressemblent à tout le monde sauf eux
z'ont pas de plan B ni d'épargne
pour assurer les arrières.
et pas de micro non plus pour épancher 
leur dépitation.

C'est lundi et ça ressemble aux autres jours
en attendant de voir ce que sera fait demain.

"Le monde va comme d'habitude et nous avons une certaine habitude du monde." 

Au fait, le bougainvillier est en fleurs
et en voilà d'une bonne nouvelle