jeudi 24 mars 2016
le lieu exact de son combat
"On peut le croiser sur le port
Il n'attend aucun bateau le voyage a déjà eu lieu
Il marche sans hâte
Fermement
Le quai le tint juste au bord de l'horizon et son regard va loin.
il a laissé tomber ses armes depuis longtemps
C'est son corps tout entier qui a livré bataille
Même quand il ignorait quel combat l'empoignait
Longtemps ce qui l'attaquait avait des formes surprenantes
Parfois un monstre marin
parfois le sourire d'une femme
ou l'absence d'une main pour le guider
quand il était enfant
Il reculait
Il fuyait à l'approche de la plaie qui pouvait ouvrir son corps.
Le vent et la mer lui avaient appris
qu'après la vague il y a le creux
et puis une autre vague encore
et que celui qui veut aller loin ne peut s'arrêter
La fatigue n'est tien
Il fallait ruiner la peur qui entrave le pas
rend le monde étroit
Mais l'homme la sentait qui montait des entrailles
Il sentait ses mains se raidir et ses épaules cherchant l'abri
Il n'y a pas d'abri contre la peur qui monte du ventre des hommes
L'homme fuyait.
Et puis il y eut la nuit de la neige rouge
Cette nuit-là l'homme a rencontré ce qui n'a ni début ni fin
C'était tout proche de lui
Pourtant il avait encore le temps de fuir.
Dans ses jambes l'élan de la course déjà
et lui
qui demeurait
C'était sa place exacte
Inscrite dans le sable depuis longtemps
C'était la place exacte de son combat"
Jeanne Benameur "Extrait de: "Le lieu exact du combat"
source: "L'insurrection poétique Manifeste pour vivre ici"
Editions Bruno Doucey
illustration source: Toile
VIVE LA RAGE
"Il ne s'agit pas d'organiser, de comprendre, mais de vivre.
Il faut que tout le monde ait un visage et non un masque.
Ne vivez plus pour vos maîtres.
Dieu est un scandale qui rapporte.
La nature n'a fait ni serviteurs ni maîtres.
La vie aime la conscience que l'on a d'elle.
Changeons la vie et transformons son monde d'emploi.
Oser et l'espoir.
Il faut systématiquement explorer le hasard.
Construisons des aventures"
Denise Miège extrait de: Collage de citations de mai 68)
lundi 21 mars 2016
quoique
Véritable cloche à poussière
très utile
dit-on
pour se mettre en ménage
de printemps.
"Prisonniers, écoutez le bruit de la mer qui court sur le sable.
La vague à vos pieds roule des oiseaux, des algues et les outils de votre libération.
du côté de la ville, une jubilation inconnue emplit le hall des usines.
Les roues mordent la matière et lui confectionnent une bonne petite âme ouvragée comme un bijou.
Trains et paquebots tissent autour du monde l'immense cage des noces.
Dans les chantiers béants, les ouvriers cognent le coeur fruste de la terre, le flanc des charognes minérales.
Surpris par le silence qui glace l'air, par cette attente sans fin au bout de laquelle il n'y a rien et qui se prolonge sans raison, ils lèvent la tête.
Autour d'eux, on cloue des potences dans l'air du plus long été.
Triomphante et nue, la cognée est levée dans le soleil.
Et l'homme que je suis à honte soudain d'être un homme vivant, complice de son temps."
Albert Ayguesparse-"Prisonniers de la vie"
Tu t'en fiches
contrefiches de l'affiche
qui s'affiche
et t'aguiche.
Ma biche.
Quoique!
En frisant ta barbiche
tu défriches la Clémence
toute godiche.
Pôv bibiche!
Quoique!
Tu te cailles les miches
un peu et déniche
ta vieille peau fétiche
Capiche?
Et tu te lis comme dans les pages d'un livre
Quoique!
CHEZ: "Pas la peine de crier":
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