dimanche 12 octobre 2014

juste des jours meilleurs



INQUISITION
"Les grenouilles de bénitiers ont encore frappé.
En Loire-Atlantique, elles ont adressé un courrier à 1000 chefs d'établissement scolaire du département pour les informer qu'une  "veille active" serait exercée par des parents volontaires sur le déroulement de la scolarité. S'agit-il de vérifier si le bénédicité est bien dit après chaque repas? Si les élèves suivent mâtines et vêpres en début de journée? Si tous les internes portent bien leur ceinture anti-masturbation avant de se coucher?
vous n'y êtes pas:
ce qui est lancé, c'est la chasse à la "théorie du genre".
Ces éminents gardiens de la morale veulent contrôler si les ouvrages scolaires et les livres jeunesse, qu'ils ont mis à l'index, ont été expurgés et si les films ainsi que les associations extérieures qu'ils ont censurés restent bien à la porte.
Cette mise sous surveillance a surtout pour effet d'inciter à bouffer du curé! elle rend éminemment sympathique ces Femen, jugées après être venues, seins nus, fêter le renoncement du pape Benoît XVI en faisant teinter les cloches de la cathédrale notre Dame de Paris.
La justice les a relaxées, condamnant ceux qui les avaient bousculées. 
"Anticlérical fanatique, gros mangeur d'ecclésiastiques, cet aveu me coûte beaucoup, mais ces hommes d'Eglise, hélas! ne sont pas tous des dégueulasses, témoin le curé de chez nous" (la messe au pendu) chantait Brassens. 
le père Gérard Riffard était poursuivi par le tribunal de police de Saint-Etienne pour avoir hébergé des réfugiés dans son église. Le juge l'a finalement relaxé, ayant estimé qu'il n'avait fait que se substituer aux obligations de l'Etat, tenu d'offrir un hébergement à ces réfugiés.
"Et maintenant quand on croasse, nous les païens de sa paroisse, c'est pas lui qu'on veut dépriser. quand on crie "A bas la calotte!" à s'en faire péter la glotte, la sienne n'est jamais visée. quand vous vous goinfrerez un plat de cureton, je vous exhorte, camarades, à faire en sorte que ce ne soit pas celui-là". "
Jacques Trémintin dans "Lien Social" n°1148









Le graffiti

"Rien.
Rien n'occupait la pensée d'Etienne Fusain , professeur de philosophie, en terminale L, lycée Saint-Anselme, Saint-Denis, au soir du 2 novembre 2011.
Plongé en lui-même, il donnait l'impression d'une activité intellectuelle profonde, mais pourtant illusoire. La réalité de son état intérieur était précisément l'absence de toute activité. L'apnée spirituelle.
Un choc puissant avait suspendu la mécanique réglée d'un cerveau qui jusqu'à ce jour avait su lui rester fidèle.
"Voilà"...fut le premier mot qui ressucita dans son esprit.
Assis le dos droit, le visage contrarié, avec cette expression pincée qu'il adoptait devant ses élèves et plus généralement devant toute personne qui lui adressait la parole, occurence assez rare depuis quelques mois, il examinait sans conviction les preuves de la survie de son corps;
Alors que sa pensée reprenait lentement connaissance, une question non résolue le maintenait dans la position qu'il n'avait pas quittée depuis presque une heure sur la chaise de son bureau.
La question était de trouver le mot le plus précisément descriptif de l'homme qu'il était devenu.
il le trouva.
En regardant, par-dessus les toits et par le verre flouté de la fenêtre, le ciel lui apparut comme un poumon sombre encrassé et les nuages, coulant sous le soleil mourant, comme d'épais crachats noirs.
il observa lucidement que son humeur avait déjà été plus positive.
Poussiéreux, était le mot.
A l'image de la salle de cours devant lui, désertée pae ses élèves et la lumière du jour.
Derrière le bureau, couvert de taches d'ombres qui fuitaient de la nuit, il repassait du doigt le graffiti sans relief, gravé au Bic rouge, dans l'après-midi, par un coupable qu'il ne chercherait pas à identifier, s'attardant sur chacun des mots qui entaillaient la surface du bois. Et les répétant en lui-même, avec le secret espoir d'en épuiser la force; Mais les mots étaient d'une simplicité cruelle et la manière de les dire ne changeait pas leur sens:
"Fusain est un con."
A l'extrémité de la salle, une petite mappemonde, dont personne ne se servait plus, perdait doucement des bouts de continent. Fusain observa pour la première fois que le cercle de la terre formait un zéro suspendu dans le vide.
Il chercha une idée réjouissante, comme il le faisait toujours dans l'épreuve. L'idée venait autour d'un mot qu'il aimait. il essaya "Raffinement"; son doigt dessina les lettres sur le graffiti, qui ne se laissa pas recouvrir.
De la façade de l'immeuble voisin, les carrés jaunes des fenêtres lui révélaient l'avancée de la nuit. Leurs rayons formaient des ombres chinoises, comme celles que son père dessinait sur le mur de sa chambre. Des éléphants, avec des trompes mobiles.
Le graffiti le fixait. il le relut encore et découvrit le point qui concluait la phrase. Un point que l'auteur avait pris le temps de marquer en forçant la pointe du stylo, pour signifier le caractère définitif de son jugement.
Ce point aggravait de beaucoup la portée néfaste du message. Bien loin d'être un détail, il était le cinquième mot et le graffiti une main complète, qui tenait entre ses doigts la réalité de son être. Elle projetait ses contours dans l'espace comme une ombre chinoise. Il pivota et vit se dessiner sa forme noire sur le mur.
Lui, à la place des éléphants.
Condillac passa devant la porte et s'étonnant de le trouver encore là, lui demanda s'il allait bien.
-Je vais bien.
sa salle de cours jouxtait la sortie et aucun de ses élèves n'avait fermé la porte. Condillac non plus n'avait pas fermé la porte. Personne ne fermait plus les portes.
.../..."
-Antoine Sénanque- extrait de:" Etienne regrette"-Editions Grasset









samedi 11 octobre 2014

octobre peut-être



photo Patrick L.


Inter saison
interlude
Terrain vague
bonne trempe
et
passage obligé
entre heures qu'étaient
et heure d'Hiver.
Passerelle glissante de feuilles humides.
Bol fumant sa soupe.
 Soirée fraîchement reposée.
Gratin d'endives bronzant aux premières lueurs du four.
Un bougeoir sentinelle derrière la baie vitrée.
Ambiance du retour aux saisons
poils de carotte
pour faire la nique à la chlorophylle.

Eternelle Histoire
de l'entre-soi vu par chez nous.
Les yeux se reposent sous des grains  bruns, oranges, rouges et jaunes.
Le coeur s'adapte tant bien que mal au nouveau rythme des équilibres de l'époque.
La vie a ses raisons climatiques
et nous n'y pouvons
ici et maintenant
 pas grand chose.

Nous sommes déjà... disait mon double dans le miroir d'un calendrier perdant ses joues.
Comme tout semble aller vite en dedans
au moment où tout ralentit au dehors.
...
Et
pourtant,
 il faudra encore prendre soin des paradoxes,
rajouter au lit une couverture
et en écoutant d'une oreille désabusée le bastringue du monde sortant des écoutilles d'un transistor,
accepter sa part des choses en rempotant doucement son jardin intime
et
puis,
 laisser les circonstances faire racines.



 photo: Patrick L.


 


" Le vent fera craquer les branches
La brume viendra dans sa robe blanche
Y aura des feuilles partout
Couchées sur les cailloux
Octobre tiendra sa revanche
Le soleil sortira à peine
Nos corps se cacheront sous des bouts de laine

Perdue dans tes foulards
Tu croiseras le soir
Octobre endormi aux fontaines
Il y aura certainement,
Sur les tables en fer blanc
Quelques vases vides et qui traînent
Et des nuages pris aux antennes

Je t'offrirai des fleurs
Et des nappes en couleurs
Pour ne pas qu'Octobre nous prenne
On ira tout en haut des collines
Regarder tout ce qu'Octobre illumine
Mes mains sur tes cheveux
Des écharpes pour deux

Devant le monde qui s'incline
Certainement appuyés sur des bancs
Il y aura quelques hommes qui se souviennent
Et des nuages pris aux antennes
Je t'offrirai des fleurs
Et des nappes en couleurs
Pour ne pas qu'Octobre nous prenne

Et sans doute on verra apparaître
Quelques dessins sur la buée des fenêtres
Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être.
Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être."

-Francis Cabrel-



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Quand l'automne prend des couleurs
à  Carhaix les feuilles s'interrogent:
"Le printemps des régions? "



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envoyé par Gilles:
avec le commentaire suivant:

 Bonjour
Le comité de soutien Diwan Sant Nazer organise son 5ème Kig ha farz, le dimanche   16 Novembre à la salle polyvalente de l'Immaculée à St Nazaire (à côté de Décathlon), suivi d'un  Fest Deiz.

Le Kig ha farz est un plat traditionnel breton  somptueux. Il allie la  viande de bœuf, celle de porc et les légumes du pot au feu avec le farz (préparation à base de farine de sarrasin, cuite dans le bouillon), le tout est arrosé par une sauce beurre/oignons appelée Lipig. C'est un vrai régal !!

Le repas aura lieu à 12h et sera suivi, à partir de 15h, d'un  fest-deiz (bal
breton) avec le duo Cantaud-Hellou qui animeront cet après-midi festif.

  Les tarifs sont les suivants :

  • Repas adulte comprenant apéritif, bouillon, kig ha  : 16 € (entrée au Fest-Deiz / incluse)   repas enfant moins de 12 ans : 5 €
  •   Entrée seule pour le Fest-Deiz : 4,50 €, gratuit pour les enfants  de moins de 12 ans
Il faut réserver au préalable pour le repas, car nous sommes limités à 120 repas !

Pour les renseignements et réservations, merci de me contacter par mail ou par téléphone au 02.40.00 86 30 ou au 06.47 93 56 43.

Merci de faire passer l'information et de vous inscrire y compris par le lien ci dessous:
http://doodle.com/g5k4ck79axd6daun