dimanche 8 juin 2014

s'accrocher au wagon


illustration source toile



Aux alentours du dimanche soir quand il se maquille pour la nuit,
Tu sais,
entre pas trop tôt  et pas trop tard
les maux suintent  la poésie.

 Jongleur de phrases.
 Saltimbanque du sentiment.
 Acrobate à la rescousse
 Bateleur en boniment
Intermittent de la rime en sucre
qui fond devant sa glace...

Bref!
 Jour béni pour les consonances secondaires,
les vers écorchés vif  et les phrases qui tremblent
en s'inventant des à peu près, des grammaires inconnues
ou faisant le plein d'artifices croche-patte

T'as pas  le trac au moins?

J'ai le tract
repassé dans la poche

Mince alors! 

 Et tu crois que l'on pourra s'entendre avec ça
et composer une révolution circonstanciée
une manif pour la cause toujours tu m'intéresses,
cause commune
ou cause fermeture?

En un mot comme en deux
Il est temps d'allumer tes anti-brouillard Camarade majuscule
et
tant pis si Dame vertu des grands soirs à cassé une  ampoule
à force de jouer avec tes nerfs,
 car finalement,
ici ou là
un ptit clin d'oeil n'a jamais fait de mal à personne.

L'important,
vois-tu
 c'est de s'accrocher au wagon
pour ne pas louper la prochaine illusion...





ambiance musicale empruntée aux "vers du silence"



samedi 7 juin 2014

peut-être l'avez vous vue


"Le plus solide et le plus durable trait d'union entre les êtres, c'est la barrière." 
-Pierre Reverdy- 






"La vie ne tient qu'à une ligne".
Le romancier en fait tous les jours l'expérience.
Ses personnages en ont rarement conscience.
.../...
Au sens propre, 
parfois,lorsqu'un blessé dans le coma ne tient plus à l'Histoire
que par le rapport doublement partial qui lui en est fait.
Au sens fort,
lorsqu'un homme craint de ressembler à un adverbe de la vie
et ne supporte plus l'amie "qui devait mener sa vie sans adverbe". 
.../..."

Jean-Claude Bologne-extrait  de la préface de "la sieste des Hippocampes" de Gilles Verdet-Editions du Rocher-









"Les mots m'ont toujours mené loin dans la vie, trop loin pour que j'y renonce jamais car je les emploie désormais strictement dans le sens où ils m'échappent, où leur portée cesse d'être consciemment perçue alors que j'écris les yeux dans le vague et que mes regards se coulent dans le devenir."
--Stanislas Rodanski-











"Je suis le veilleur de mon sommeil je n'ai jamais dormi. La veilleuse de ma lampe est allumée et, compagnon de service, cette nuit parmi d'autres nuits, je garde le trésor des dormeurs.
J'entends des poitrines respirer dans l'obscurité où personne ne songerait à interrompre cette brise cadencée, ces coups discrets que le coeur frappe sur la paroi de la poitrine, répétant indéfiniment un signal que personne ne semble comprendre.
C'est presque comme sil n'y avait personne, car l'homme est un vrai "no man's land". Pourtant il y a les veilleurs -compagnons de service- les vigilants épris d'une chandelle allumée dont ils regardent la flamme.
Seul dans les ténèbres, mais dans la lueur comme dans une clairière qui serait le halo de l'insomnie, j'entends des coups frappés à la paroi des poitrines qui limitent l'espace à l'étroitesse de leur cage thoracique qui les emprisonne ne laissant qu'une pâle lumière filtrer au travers des barreaux soudés.

Qui frappe l'air de ces coups redoublés? Ce sont les coeurs prisonniers qui demandent leur liberté et des poitrines généreuses pour y bondir.
Mais il n'y a personne pour répondre à l'appel du coeur qui bat dans les ténèbres où il se heurte toujours à la même barrière, un mur de poitrines  où des cibles sont tatouées avec la touchante dédicace: "A la mère patrie sont voués ces enfants que les bouchers sacrifient".
.../..."
Stanislas Rodanski-extrait de "Je suis parfois cet homme"- NRF- Editions  Gallimard -