lundi 9 décembre 2013

passerelle



Pour essayer de comprendre mais encore, de combler le fossé
séparant, ennuyant, compliquant mystérieusement
deux branches d'une même vie,
on choisit  de jouer les intermédiaires
de trouver un état de latence
qu'on finit par nommer  -Adolescence-
comme  ressource arborescente  d'adultes en fuite irrationnelle  de l'enfance.

MAIS
A quel moment tout cela commence?

Quel usage et quelles responsabilités?.

Comment interpréter ce qu'on porte en croyant le laisser, avec le regard de celui qui dû être grand,
un beau jour, sans même s'en apercevoir
ou "juste"
pour ne plus avoir à demander la permission d'exister;
histoire d'avancer  avec le courant,
ou le sens de la marche
-pour les plus terre à terre-.

 Du  gué d'entre les rives,
il fallut un examen de passage
et  faire semblant de répondre à la question
que l'Homme autoproclamé
se posait
laborieusement.
"Qui es-tu, toi qui n'est plus et pas encore ? "

Dans les saisons d'années élastiques repérées par la pensée
où toutes les tempêtes, les sécheresses, les peurs, les colères, et les voluptés
se croisaient, s'annihilaient, s'emmêlaient...
à la vitesse du grand vent de l'inconnu,
on posa  tant bien que mal des passerelles,
des points de convergence et de friction
vers l'étrange
 étranger devenu.
 d'une jeune pousse d'Humanité  en quête d'elle même.





Texte à papy


"12 ans, 12 ans seulement pour comprendre ta mécanique compliquée,c'est comme écrire son autobiographie en deux jours. J'aurais voulu savoir pourquoi tu as déménagé loin de tout pour te réfugier, te donner à une routine lourde et rurale. J'aurais voulu connaître qui tu cachais derrière le petit vieux que tu cherchais à nous montrer. J'aurais voulu te voir autrement qu’un gentil promeneur, qu'un mangeur de saucisson que tu croyais être. Mais plus tu te prenais à ton jeu, plus tu t'enfermais dans ton petit village, avec ton chat, les vaches et les arbres, plus tu te révélais. Et quand tu criais, quand tu te mettais en colère contre le monde que tu avais quitté, moi je ne voyais qu'un homme qui craque, trop fier pour revenir en arrière, et qui pourtant a peur d'avancer. Eh oui, homme d'acier, on ne peut effacer le temps qu'il y a derrière nous. Tu te prenais pour un cow-boy mais tu ne supportais pas la solitude qui te rongeait. Et pourtant, tu aimais les chemins, ta maison, les prunes que tu ne voulais pas quitter.

Mais avant tout, j'aurais voulu que tu me connaisses, que tu me lises et j'ai l'impression que je te ressemble, que je te suis presque semblable. Et c'est aussi pour toi et grâce à toi que je changerai. Merci et au revoir papy. Je ne te dirai pas « adieu » car je n'ai qu'à regarder les mauvaises herbes qui percent le béton pour te revoir. Les mauvaises herbes que j'aime parce que ce ne sont pas nos larbins, parce qu'elles ne se transforment pas en tulipes pour nous plaire. Elles se perdent sur le macadam. Tu vois, celles qui te ressemblent, celles qui nous ressemblent.

Je t'aime ô papy. Ce sont des mots que je ne t'ai jamais dits, mais comme toi, j'ai toujours un train de retard."
M.




"Il y a des choses de l'enfance que seule l'enfance connaît"
-Colum McCann-







"Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours..."
-Marguerite Duras-

dimanche 8 décembre 2013

aéromortuaire

 
illustration source/Toile

Rotko nous propose un article de Ouestfrance-entreprises.fr

Aéroport : « Nantes se tire une balle dans le pied » selon Jacques Bankir 

 

"Comment expliquer le grand silence des responsables de compagnies aériennes sur le dossier de transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ?

-Quand vous demandez aux compagnies ce qu'elles en pensent, la réponse est toujours fuyante. Personne ne veut se mettre à dos l'administration qui, dans ce dossier, défend le fait du prince. Les compagnies ne sont pas intéressées. Mais elles se plieront, à condition qu'on ne les fasse pas payer davantage.

Pourtant, les défenseurs du transfert évoquent d'importantes perspectives de développement...

-Je n'ai jamais vu un aéroport créer un marché du fait de son existence. Croire que Notre-Dame-des-Landes deviendra un hub régional avec des longs courriers relève de l'illusion. Lyon Satolas, depuis quarante ans, n'arrive pas à garder un vol vers New York. Regardez aussi ce qui se passe à Strasbourg et Mulhouse. Air France rabat désormais par le train ses voyageurs vers les longs courriers de Roissy. Demain, ce sera la même chose à Nantes, Rennes, etc.

Alors, où est l'intérêt du transport aérien nantais ?

-L'intérêt de Nantes, c'est d'avoir les meilleures liaisons possibles vers l'Europe des affaires. Ces trafics d'agglomération à agglomération sont favorisés par un aéroport proche, commode et bien géré. On ne mettra pas la gare TGV à des kilomètres. Notre-Dame-des-Landes est trop loin. Des études menées à Londres montrent que le coût d'exploitation croît beaucoup plus vite que l'éloignement. C'est exponentiel. Ici, cette notion est absente. En revanche, on nous présente des tas de chiffres qui sous-estiment le coût réel de Notre-Dame-des-Landes et surestiment grossièrement les quelques modifications nécessaires pour adapter Nantes Atlantique. Pour une bouchée de pain, Marseille et Bordeaux ont créé des gares extrêmement économiques, qui ont rajouté des capacités de 3 et 4 millions de passagers. Cela peut être fait à Nantes en quelques semaines.

Oui mais le bruit, la réfection de la piste...

-Une nouvelle génération d'avions arrive, les 737 Max, les 320 Neo, commandés par milliers d'exemplaires. Leurs performances acoustiques vont être améliorées de 50 %. À London Heathrow (450 000 mouvements), la population affectée par les courbes de bruit à 57 décibels est passée de 2 millions à 250 000 personnes alors que le trafic a augmenté de 65 %. Et on voudrait nous faire croire que le nombre de personnes affectées va doubler à Nantes. C'est grotesque. La piste ? Mais ça se refait, la nuit, sans fermer. Comment font-ils ailleurs ? En réalité, pour 100 millions d'euros, vous pouvez avoir un très bel aéroport.

Pourquoi prenez-vous ainsi position ?

-J'ai participé à Roissy et j'en suis fier. Je ne suis pas contre les grands projets. Encore faut-il qu'ils soient justifiés. Ici, on engage de l'argent public, on gèle 1 200 ha de bocage, c'est la surface d'Heathrow, premier aéroport européen, 70 millions de passagers... Alors que vous avez un très bon aéroport, proche, facile à raccorder au tramway, bien géré par l'équipe de François Marie. Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? Et puis, il y a, au sud de la Loire, en Vendée, un tissu remarquable de PME (Petites et moyennes entreprises) que j'ai découvert quand je travaillais à Nantes. Ces gens-là n'accepteront pas de se payer les embouteillages pour aller au nord-ouest de Nantes. Je déjeune régulièrement avec des responsables d'aéroports européens. Ce dossier les fait rigoler. Et moi, je pense que Nantes se tire une balle dans le pied."

Recueilli par Marc LE DUC.

(1) Nombreuses vice-présidences à Air France, puis présidences ou directions à AOM, Air Tahiti Nui, CityJet, Regional, Cohor. Ancien administrateur de Vueling, il est aujourd'hui consultant