dimanche 6 octobre 2013

contraste

Contraste
un peu bateau...
Un dimanche, pour se faire le pont,
 pas très loin.
Il nous a toujours dans le collimateur.

Passé au sud,
se fait
 sans encombre,
et 
plus à l'ouest, c'est pareil.

Ici, le fleuve n'est pas hostile,
 et même si la côte a eu son lot de naufragés,

C'est déjà hier



Les voies navigables
vont parfois à la rencontre des passeurs de rives,
Elles ont l'espoir cruel
et d'atroces courants

Quand  la route liquide,
laisse au pire de vagues souvenirs,
sous la coque d'un rafiot
et au mieux des cauchemars 
la liberté, ou ce qu'on s'en imagine, c'est l'amer à boire.

 Le prétendant au voyage pour le plaisir
barbote dans le grand bain
Le fugitif candidat à l'exil
se noie dans un jeu de dupes.

Sur la planète des spectaculaires,
l'aventure semble de plus en plus sophistiquée.
Les grands espaces et la technologie,
la rencontre des derniers tenants de l'espèce.
Des records de vitesse.
Des sponsors à tous prix.

Que reste-il pour -faire- vibrer
 au
 risque  calculé ?

Certains aventuriers
des temps modernes
 peuvent parfois en cacher beaucoup  d'autres
des temps perpétuels
qui n'avaient demandé
finalement,
qu'à
 sur-vivre.










samedi 5 octobre 2013

de l'autre côté


"Herbes des mots tranquilles
Au jour où l'on sait nommer.

Aveuglante la rencontre
Ingénu l'accord,
au jour où l'écho se lève,
au jour où l'âme se connait.

Accents en pente douce,
mots en astre qui délivrent,

au jour d'entre les jours
où l'homme échappe
à ce qui le dit."

-Andrée Chedid.-









"La courtoisie du temps
craque:
Sur la marge de mystère
Sur les écailles tombent
Légères sonores
Délivrent

                                                        -Face à face
                                                          Nos vies-

Demain lève:
L'absence est tuée."
-Janine Mitaud- 

 


"C'est en cherchant mots, sons, échos
en serrant de près le chant
-le chant intime naissant

que viennent rythme et mesure,
le rythme lent, long, martelé,
matière et forme ensemble, durée

-en sondant à l'aventure
que surgit de rien l'accent, l'inspiration-
art d'accordeur sans diapason,
de sourcier sans coudrier

d'écoute, de voix murmurée,
d'acrobate sans filet
-somnambule témérité."
-Louise Herlin-





"Je me souviens. Il y a très longtemps
Notre jardin s'éveillait au printemps.

je regardais, assise à la fenêtre,
ce coin du monde où la vie allait naître.

Le ciel était comme une jeune fille,
comme un oiseau qui frappe sa coquille.

Et je sentais à l'ombre de mon sang
sourdre un appel de plus en plus pressant."
-Liliane Wouters-





"Ne rien dire si le silence est
 plus sonore

que cette fine bruine des
pensées

où se mêlent l'or et la
boue

ton regard veut les pépites
à travers le doute
il faut y croire
hisser la vie

mais sans casser
l'épaule du destin."
-Marie-Clotilde Roose-














"Le temps n'est pas à nous,
ni l'espace. Parfois le rail déchire l'étreinte.
Parfois l'été. Et nous jetons des lignes
au-delà des lisières.        
                               Tu dis qu'on n'oublie pas,
                                que les poings des horloges n'ont pas d'ombre,
                                que les tunnels protègent
                                 des gares allumées. Tu me promets ta peau,
                                 Les taches rouges des champs sur la dune.
                                 Nous revenons à nous."
--Françoise Lison-Leroy-


Source des textes: "Poèmes de femmes"
Régine Desforges-Editions Le Cherche Midi-




Photos: Oriane &Corentin- "Les Coindrons"