GARE A LA GAFFE
Enfin, un règlement de compte qui ne se passe pas à Marseille! Des hommes encagoulés font irruption, un dimanche, dans un quartier d'une ville moyenne et tirent à la chevrotine sur un groupe de jeunes, juste à côté d'un jardin où jouent des enfants.
Le lendemain matin, la psychologue scolaire intervient dans la classe de maternelle pour "faire parler les élèves".
Assise devant eux, elle les interroge sur ce qui aurait pu se passer la veille et qui serait sorti de l'ordinaire.
Un petiot de trois ans lève le doigt. La psuchologue s'empresse de lui donner la parole:
"Moi, mon grand-père, il m'a offert un skate-board".
Déception de la clinicienne qui attendait autre chose. Se faisant plus précise, elle relance les enfants:
"N'y-a-t-il pas quelque chose de grave qui vous aurait choqué?"
Un autre petit lève le doigt: "Ma mère, elle a pleuré."
Et pourquoi a-t-elle pleuré?" demande la psychologue.
"Parce que mon père l'a frappée." répond l'enfant.
"Cela n'est pas important, c'est d'autre chose dont je veux parler" lâche notre psychologue, avant tout concentrée sur ce que les enfants se doivent de dire: ils ont été traumatisés par ce qui s'est passé et ils doivent l'exprimer.
Malheureusement pour elle, aucun enfant ne parlera de ce qui s'est passé la veille. Il en est toutefois un qui aura au moins appris une chose: quand son père frappe sa mère, "cela n'est pas important."
Billet d'humeur de Jacques Trémintin- page 8- dans le numéro 1111 de "
Lien Social-"
"Mon ordinateur met tellement de temps à s'éteindre que je l'ai surnommé Nelson Mandela."
France Inter-05/07-aux alentours de midi.
"La brume a des remords de fleuve
Et d'étang.
Les oiseaux nagent dans du mauve.
Les mots de ma plume se sauvent
Me laissant
Avec des phrases qui ne parlent
Que de tourments.
Vienne le temps des amours neuves.
La brume a des remords de fleuve
Et d'étang.
Je ne suis jamais qu'un enfant.
Tu le sais bien, toi que j'attends.
Tu le sais puisque tu m'attends
Dans une dominante bleue
Où le mauve fait ce qu'il peut.
La page blanche se noircit,
Laissant parfois une éclaircie,
Une lisière dans la marge
Où passe comme un vent du large.
La brume a des remords de fleuve
Et de pluie.
Les chansons naissent dans la frime
Et les dictionnaires de rimes
S'y ennuient.
Mes phrases meurent sur tes lèvres
Mais la nuit,
Elles renaissent toutes neuves.
La brume a des remords de fleuve
Et de pluie
Et le mauve sur ta paupière
Brille d'une étrange lumière
Où courent des ombres éphémères
Dans une dominante bleue
Où le mauve fait ce qu'il peut.
La page blanche devient bleue
Et le mauve meurt peu à peu.
Il ne reste plus dans la marge
Que la rosée du vent du large."
-Maxime le Forestier-
-BLOG D'EERO "LA BÊTE TOIVONOJA
réflexions sur notre rapport aux animaux
L'insecte en nous
"L'honorable Seppo Kuusinen a essayé de plaisanter en suggérant à propos de mon précédent billet que l'abeille serait bientôt considérée comme un mammifère. Pour information, dès le XXe siècle, Johannes Mehring avait classé les abeilles parmi les vertébrés.
Hein? Un insecte vertébré?
Oui. D'après Mehring, une colonie d'abeilles est un être unique, un organe parfaitement comparable à celui des vertébrés. Les différents "individus" de la ruche peuvent être assimilés aux parties d'un corps et fonctionnent comme des organes. Nous ne reconnaissons pas non plus de statut de créature indépendante à notre pancréas ou à notre larynx.(Mais à notre pénis oui, parfois, si j'en crois les grands garçons :-).)
Le seul statut de vertébré ne suffit pourtant pas, si l'on veut vraiment pinailler.
Dans quel groupe d'animaux les femelles produisent-elles de la nourriture pour leur progéniture aussi longtemps que celle-ci est incapable de se débrouiller seule?
Dans quel groupe d'animaux les petits se développent-ils jusqu'à leur naissance dans un milieu soigneusement régulé et contrôlé, protégé du monde extérieur, à une température constante d'environ 36°C?
Et dans quel groupe d'animaux les stratégies de survie impliquent-elles un apprentissage constant et efficace, ainsi qu'une communication élaborée?
A la lumière de ces critères biologiques, une colonie d'abeilles est donc en réalité un mammifère. (L'idée n'est pas de moi, le premier à l'avoir exprimée est sans doute Jürgen Tautz
Un vertébré, un mammifère. Mais toujours très, très inférieur à l'homme, n'est-ce-pas?
Voyons voir. l'abeille a développé la capacité de contrôler de nombreuses variations de son environnement et de prospérer en dépit des fluctuations des conditions naturells.
C'est une espèce qui produit elle-même sa nourriture, la stoke sous une forme qui lui garantit une parfaite conservation et peut, de ce fait, restée coupée du monde extérieur pendant de longues périodes.
Une espèce qui se prémunit contre ses ennemis par une organisation de défense et par des constructions fermées et protégées.
Une espèce qui régule la température de son habitat.
Une espèce capable de conceptualisation. On a appris à des abeilles, dans un labyrinthe, à réagir à des symboles -par exemple des croix et des cercles. Une croix et un cercle indiquaient qu'il fallait tourner à droite, deux signes identiques qu'il fallait tourner à gauche. Mais elles se sont orientées correctement même quand les croix et les cercles ont été remplacés par d'autres symboles, ou même par des couleurs.
L'abeille ne salit pas non plus son propre nid de ses excréments. elle attend tout l'hiver, les jambes croisées, pourrait-on dire, et ne défèque qu'au printemps, parce que souiller la ruche causerait la perte de toute la colonie. L'homme pourrait en prendre de la graine.
Apis sapiens, dirais-je;
Elle est sur bien des points notre parfaite égale, mais ce qui nous distingue est qu'une colonie d'abeilles est en principe une créature immortelle."
Extrait de: "Le sang des fleurs" de Johanna Sinisalo-traduit du finnois par Anne Colin du Terrail-Editions Actes Sud