".../...J'ai débarqué une première fois de la vie
sans que
quiconque s'en aperçoive.
Sur les raisons, prélude à cette situation impromptue,
nul besoin de s'étendre.
Une seule question valait d'être posée:
qu'avais-je vraiment vu,
à ce moment-là, qui ne s'était pas révélé à mes yeux?
Sachant que l'émotion emporte souvent dans son tournis
la part aveugle de l'image,
au final
la plus importante.../..."
".../...Pour aller voir de quelle humanité nous sommes,
il faut
des corps prêts à courir l'arc, disent-ils, dissipés.
N'avoir crainte de convoquer l'Errant et se multiples à la pointe sèche du rêve.
Puis chercher du côté des sommets,
des vallées, des marais...
Ou bien vers les rocades, les ghettos et les quais.
Là où s'affairent les lascars exaltés et rageurs,
avides de se répartir l'au-delà des clôtures
Les gens des clairières les voient passer,
ces talons d'ange, ces cous de lait,
ces trop-plein d'âme
qui crawlaient il y a peu à la boucle des fleuves, à l'arête des sables ,
au trottoir des cités
où les corps exténués peinent, mon Dieu, comme ils peinent!
Ainsi ceux du chemin, chevilles lacées au son du tambour,
avancent-ils, sans autre apaisement que l'arabesque,
délit d'écriture vraie à la saillie des muscles.../..."
"Le plébiscite des grelots vibre sur les villes,
les océans,
les déserts,
et les miens sont en route.
Alors prendre la robe à mes doigts,
décider de l'effort,
et que s'annonce le premier pas:
qu'il martèle au monde sa terre,
réclamé-je, impatient.../..."
Extraits de "Un coeur portuaire" -Jean-Luc Marty-Editions Julliard.
Photos: La grande Marée -Saint-Nazaire-1er juin 2013-
Il avait toute une collection de Buddha et aussi de nains de jardin, ainsi que deux trois autres espèces vaguement répertoriées
dans des parterres fleuris, mais non conventionnels.
A force et à la longue de les exhiber ainsi
impudemment et sans y paraître,
et même si son pré carré semblait pousser relativement bien à l'abri des grands vents de l'histoire
il avait apprivoisé sa conscience (qui passait par là) que
de pouvoir à l'occasion susciter quelque interrogation
chez ses semblables et tellement différents.
Ce jeudi-là , promettant quelques ouvertures aux Ferdinand, il termina son café à 9 heures 19, ce qui était tout à fait dans le créneau de son habituelle tasse matinale.
Il prit quelques nouvelles en nuages serrés, avant de les repousser d'un coup d'éponge
au bout de la table,
(-voix off-Il appuie alors sur la touche ON)
".../...C'est ce que je sais, c'est ce que je crois, c'est ce que m'a dit le vent.../..."
Lui qui ne croyait en rien ou alors à trop de choses en même temps pour arriver décemment à en sortir indemne, se surprit à reprendre le refrain bon marché et accessible en toute saison, convenant tout à fait-- avouons-le- au sentimentalisme celtique dont il abusait sans vergogne.
Il en allait de même de ces personnages fantasmatiques qui tapissaient des cellules destinées à cela. Ils lui servaient de fond de (bon) teint, une ou deux feuilles de laurier mais pas plus, et l'impression rassurante qu'en mélangeant les genres, on annulait les effets secondaires de l'absolution généralisée.
Mythoyen,
citoyen,
amateur de rimes
faciles à revendre,
mais ne pas trop en promettre,
pour autant.
Philippe Avron par comeandsee
Le titre du jour est inspiré librement de celui de la magnifique pièce de Philippe Avron "Je suis un saumon"
Les amis de Philippe Avron