"C'est toujours ainsi que j'ai procédé: jeter des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité. Un peu comme on traverse un torrent sur des rochers épars. "
Didier Daeninckx'-''L'espoir en contrebande."
"L'homme s'éclaire à la lumière du présent, et le présent lui-même est structuré par son contexte. Les récits d'alentour constituent un cadre de croyances, de souvenirs et de comportements qui peuvent évoluer selon les rencontres. La clé du passé, c'est le présent."
Boris Cyrulnik extrait de "Sauve-toi, la vie t'appelle."
"Si l'enfance est le centre de la vie, la jeunesse est la première de ses banlieues. Une manière de s'éloigner tout autant que de contingenter. Et comme dans la géographie urbaine, un simple tour de périphérie suffit pour constater qu'aucune banlieue n'est semblable à une autre."
Didier Deaninckx-"L'espoir en contrebande."
"Aujourd'hui encore, je suis frappé par notre incapacité à limiter notre pensée. A peine avons-nous découvert un fait que nous le généralisons jusqu'à l'absurde. Notre désir de découvrir les lois générales qui règleront nos conduites nous mène à inventer des fables auxquelles nous nous soumettons."
-Boris Cyrulnik-Sauve-toi la vie t'appelle."
"Musique longtemps proche de la poésie.
Une flûte de roseau suffisait.
Quand le souffle l'approche et la traverse, la nostalgie s'en sort.
"Sa" nostalgie que l'homme aussitôt reconnaissait comme la sienne...
quoiqu'elle soit plus gracieuse -et il s'en enchantait,
qu'il fut berger ou promeneur ou princesse.
L'espace alors la faisait et elle rendait l'espace."
-Henri Michaux- extrait de "Poteaux d'angle."
LA MEMOIRE PRESERVEE DU MONDE
"Le poème n'est pas seulement le poème
mais
la mémoire préservée du monde
Même si tout poème
à la fin
est pur éclat
inqualifiable
Alors
on tisse
des mots
on creuse le silence
on s'entête
comme si on était là
pour toujours
Car si en dépit de tout
on persiste dans le déploiement
de la parole
c'est pour durer
pour ne pas disparaître
penchés
jusqu'au vertige
sur les lignes tremblantes
d'improbables poésies
Oui durer
car au coeur du chaos
du monde
il y a
le battement
têtu de la vie
cette vie qu'on voudrait réinventer
dans le tissu
des mots
Comme si
de l'un à l'autre
les mots
comblaient enfin
la distance
ce vide douloureux
entre les choses
et ce qui les nomme
Et c'est là
dans cet écart aboli
que tout commence."
Bernard Mazo-extrait de: "La cendre des jours."- Editions "Voix d'Encre"
intermède dominical par Philippe