vendredi 15 février 2013
juste un peu
"J'embrasse l'univers
La monotonie des jours s'évanouit
Je m'éloigne, épuisé par ma vision
Devenu serviteur d'instants fugaces
évalués à l'aune des sens
refuge futile des noceurs
freins subtils à la ferveur
A chaque degré franchi, je me rapproche des cimes
Mais les terrasses offrent toujours le même horizon
Et les gradins tous semblables, mènent à un azur inaccessible."
"Il ne convient pas de demander à l'ange son chemin
ni de lui parler de soi-même
ni de bousculer ses évidences
mais il convient de lui ouvrir son coeur
dans les arcanes de la confiance et les secrets de la conscience
Il ne sied pas de laisser s'enliser les songes
dans la rumeur de la révolte et l'écho du regret
Mais les tresser, les tisser, les élever
Voilà la voie"
extraits de: "La peau et autres poèmes" -Jean Métellus-autour du monde Editions Seghers-
"Pourquoi des conversations? Pourquoi tant d'échanges de paroles des heurs durant? On revient s'appuyer sur un environnement proche et avec des proches s'entretenir de proches, afin d'oublier l'Univers, le trop éloignant Univers, comme aussi le trop gênant intérieur, pelote inextricable de l'intime qui n'a pas de forme."
"Va, tant qu'il est possible, jusqu'au bout de tes défaites, jusqu'à en être écoeuré. Alors, la magie partie, les restes - il doit y en avoir- ne t'abîmeront plus. Voilà comment en sortir, si tu veux en sortir. Si tu y tiens vraiment. Saturation. Avant, tu ne peux rien de définitif, ni par la contemplation ni par la critique. Et après, quasiment plus de problème."
"Certains restent en vie seulement par timidité. L'effort nécessaire pour mettre fin au souffle, au sempiternel battement du coeur, à tout ce qui en soi persiste à durer serait si grand, et si péremptoire la décision qu'elle serait comme venue d'un autre, d'un de ceux-là même précisément faits pour la vie et ses entreprises et pour y demeurer le plus longtemps possible. Ce serait in extremis changer de personnalité, la détruire et soi en plus."
extraits de:"Poteaux d'angle"-Henri Michaux-Editions Gallimard-
ça eut payé
mais...
jeudi 14 février 2013
la parole flottante est au crépuscule
"Faire sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule.
.../...du premier au dernier souffle
la parole ne t'appartient pas
blessure
blessure
d'un dieu en exil.
tu parles
avec le sang de la voix la plus vive
de la voix contre la mort
de la voix pour vider les ténèbres
tu parles
en l'infini parlant
éclosion amoureuse
éclosion perpétuelle
tu parlers
jusqu'au bonheur de l'opaque
jusqu'à la force de l'énigme
jusqu'aux larmes internes
fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule
comme si l'on ne pouvait
éclairer l'autre
que par sa propre obscurité
tu viens réveiller
notre chair de souffle
mettre au jour
le verbe ouvert
au fond des infinis
t'enfoncer
dans la chair de la langue
la désenfouir
comme une offrande
avaler
ses bouchées de silence
viens dire
ce qui nous laisse sans voix
parleur de silence
viens
gravir d'autres étés
capter le monde
comme une pentecôte continue
viens chercher
les amandes
viens chercher les lucioles
dans la nuit des morts
dans la nuit des morts
parle
au coeur de cette brèche
où nous saisit un souffle blanc
fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule
viens dire et redire
le la
d'un corps vide et lumineux
qui marche au coin des rues
qui marche au coin des mots
capter toutes les spirales
du vertige
par-dedans
au vif du feu
dans le bois sec
au vif du feu bleu
au plus intime du séisme
dans le silence tremblé
de ta stupeur
à l'écoute
du big-bang incessant
de la parole
viens
rassembler
convoquer le monde entier
à l'intérieur d'un seul mot
fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule
n'importe qui
met son âme aux enchères
sur des écrans flottants
mais tu avances
avec ce qui voit en nous
un secret d'errance
l'inouï du chant
malgré
les vents de cendre sur la neige
un oracle
dans la forêt des morts
mais tu avances
innombrable et nu
inlassablement fidèle
à ton égarement
tu avances au coeur de la voix
vivante et vive
tu aimes
tu sèmes
tous tes mots de passe
.../... "
extrait de: "Le désespoir n'existe pas"-Zéno Bianu-Editions Gallimard
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Trop Poly pour être honnête
document: Philippe
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Une famille de docker s'apprête à accueillir des cousins siciliens. éclate alors un drame de la passion. En jeu: la condition des travailleurs clandestins, les sentiments incestuels, la tragédie
source:
L'ASTROLABE44

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