L'étang change.
Tu vois, là, ce dégradé de gris à la sauce, de part d'ici.
Et bien,
aujourd'hui, ils ont changé la moquette,
pour une bleue,
certes un peu plus salissante
mais prévue pour
ne pas durer,
aussi,
aucune raison de s'inquiéter
On en a souvent parlé je crois:
Le tout est affaire de circonstances.
Aujourd'hui,
je n'ai pas vraiment l'intention de quitter ma tanière,
je m'y sens agréablement
et modestement pantouflé,
présentement
sans état d'âne,
inculpabilité
ni doute, en plus
de tous les autres.
je te demanderais juste à l'heure du goûter, de sortir ta boite à peinture
et de nous imaginer
le chenal du port et ses restrictions
sous le soleil exactement.
Rien ou tout à voir,
et je ne suis pas sur de connaître
la définition que je préfère.
C'est affaire de circonstances...
d'ambiance.
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Lundi vingt et ung janvier
Ayrault! Ayrault petit pas tapo
débarque sur l'estuaire
pour faire un ptit coucou
et montrer son beau costume de premier ministre,
histoire de faire baver ses potes
zozializtes
locomo! locomo!
qui ont la réussite heu! plus régionale
mais tout aussi laborieuse.
Le chef de service du gouvernement viendra
nous délivrer quelques poncifs langue de bois flotté
sur la grandeur de la french touch
et serrer quelques louches des bonnes oeuvres.
Il réaffirmera comme bien entendu l'utilité de son jouet aéroporté payé avec nos sous
mais grand stimulus de sa libido politichienne
Pendant ce temps là, n'en déplaise à sa seigneurie coincée du bulbe,
à Notre Dame des Landes la vie des vrais gens continue...
lu ici même, un récit du dernier festival sur la ZAD
"Très chouette esprit sur le festizad
à Notre-Dame-des-Landes ce week-end. Une ambiance très conviviale,
décontractée, bon enfant. Beaucoup de bonne humeur devant les glissades
dans la boue, des sourires, de la gentillesse, de l’entraide pour aider
l’un à sortir de la pataugeoire ou l’autre à traverser un fossé, du
troc. Et du respect, sauf quelques exceptions qui en général se voyaient remettre au pas par de bonnes âmes, de la débrouillardise.
Car il en fallait du courage et de
l’ingéniosité pour transporter le matériel sur le site et monter les
chapiteaux, face à un arrêté préfectoral interdisant tout transport de
« chapiteaux, tentes et autres structures itinérantes de plein air »
vers la zone choisie car n’abritant pas d’espèces protégées. Quatre
chapiteaux ont pu être installés sur les sept prévus, mais pas les
yourtes et habitats légers destinés à sensibiliser sur l’habitat
écologique ou à abriter des stands d’information. La plupart des
concerts ont eu lieu, malgré le retard dans la programmation (Keny
Arkana était au meilleur de sa forme !).
Malgré les difficultés et la polémique
générées par le préfet, les organisateurs du festival et l’ACIPA sont
satisfaits devant l’affluence et l’esprit du week-end. Car après les
infos intox qui ont beaucoup circulé la semaine passée, tentant
d’empêcher les festivaliers de se rendre à NDDL, mais sans les arrêter,
il y a eu quelques inquiétudes.
En général, les forces de l’ordre ont
été plutôt compréhensives et conciliantes (voire cordiales) et ont
laissé passer les tentes et les festivaliers en voiture jusqu’aux
limites de sécurité pour l’évacuation éventuelle de blessés, sans
contrôler les identités ni fouiller les véhicules. A l’occasion d’une
demande (certes provocante, mais c’était trop tentant) de consultation
de l’arrêté préfectoral, un froid capitaine agacé est sorti de son
véhicule pour le montrer, mais est resté poli. Un autre « chef » a même
cherché sur sa carte le hameau où se situait notre gîte, et nous a
rappelés pour nous indiquer sur le plan le meilleur itinéraire pour y
accéder. Un jeune garde mobile, qui conversait avec un jeune
festivalier, lui a déclaré : « vous savez, nous aussi, on va dans des festivals faire la fête ».
Aucune tension particulière n’a été signalée, dans cette lutte pacifique.
Rassembler entre 10 000 et 20 000
personnes dans ces marécages (on vous l’avait dit, que c’était une zone
humide !) en janvier représentait un pari osé qu’ont gagné dans la bonne
humeur les organisateurs et l’ACIPA.
Ici règne un esprit de libre entreprise, d’entraide, de solidarité que
l’on ne voit pas ailleurs. Pour pallier l’enfouissement des petits
petons dans la bouillasse, nombreux sont ceux qui ont suivi l’appel à
prendre des branchages et des bottes de foin pour les disperser sur la
zone.
Ce lundi, il parait qu’on ne compte plus le nombre de bottes enfouies
dans la boue sur le terrain. Se déplacer dans des ornières de 30 à 40 cm
était très physique (l’auteure, trop timorée, s’est contentée de rester sur le chemin derrière la scène, avec d’autres centaines de festivaliers).
Beaucoup devraient
venir faire un petit séjour à Notre Espoir des Landes, »carrefour des
éveils de conscience », pour prendre des leçons afin d’apprendre à vivre
ensemble autrement, en quête d’un bien-être commun et collectif, au
sein d’une nature dont nous ne sommes que de petites entités, et qui
nous apprend à nous respecter nous mêmes…
Quant aux communiqués de la Préfecture, ils nous ont semblé abusifs, voire provocateurs : Patrick Lapouze a déploré « le manque total d’organisation »
notamment en terme de parkings. Mais comment mettre en place des
parkings sur des zones marécageuses, monsieur le directeur de cabinet ?
Et n’êtes-vous pas venu sur place pour voir dans quel état d’esprit les
automobilistes se garaient sagement d’un seul côté de la route ? Comment
les conducteurs respectaient les consignes responsables données par les
zadistes, organisateurs, et les recommandations des forces de l’ordre ?
Où étiez vous pour affirmer que le service médical d’urgence était
absent ? Il existait réellement sur place, mais était limité à cause des
interdictions de transport sur zone. Si l’on doit nommer un responsable
quant aux insuffisances de la sécurité sanitaire, c’est bien le préfet
qui est pointé du doigt !
Nous autres des Monts d’Arrée, on a
aussi beaucoup râlé contre le Valls et sa politique du tout sécuritaire.
Mais pour se donner du courage pour marcher sur plusieurs
kilomètres, on s’est également dit que les barrages routiers étaient
très favorables au confort des randonneurs nocturnes qui ont pu croiser
de jolies chouettes effraies ou admirer de magnifiques chênes, et
avaient une route libre de toute circulation motorisée pour accéder au
site.
Cet aéroport ne se fera pas, monsieur
Ayrault. Non seulement on n’en veut pas, mais de plus, l’opposition
grandit de jour et jour et la révolte gronde.
Vous avez reçu une lettre d’un officier pilote de ligne vous démontrant point par point pourquoi « Ce
projet est loin de garantir un niveau opérationnel compte tenu de son
architecture future déjà dépassée, à la viabilité relevant d’hypothèses
hautes sans prise en compte de la technicité et de la fragilité du
modèle économique et industriel lié à la spécificité du Transport
Aérien, qu’aucun organisme aussi sérieux que l’Organisation de
l’Aviation Civile Internationale ou l’Agence Internationale du Transport
Aérien n’aurait osé imaginer. » (l’intégralité de la lettre est sur le site de l’ACIPA)
Alors, avant que l’on ne vous déboulonne, dévissez donc de votre
ciboulot ce honteux projet d’aéroport inutile, cher, destructeur de
bocages, de terres agricoles et de vies paysannes."
Marie Tréanton
Côté manifestations de soutien, il y en a pour tout le monde et de toutes sortes, veuillez, s.v.p. consulter:
L'AGENDA DE L'ACIPA
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Centre de culture populaire
Dans le cadre de ses 50 ans d’existence, le
Centre de Culture Populaire organise, en guise de soirée d’ouverture, un
« BD-Concert », le 14 janvier, à 20h, au Théâtre Jean Bart.
Une œuvre hybride baptisée « Un homme est
mort », alliant musique vivante et bande dessinée : la musique
interprétée en direct vibre au fil des dessins originaux de la bande
dessinée, animée et projetée sur grand écran.
Christophe Rocher, initiateur de ce projet innovant, en a composé la
musique originale et s’est entouré de Jean-Alain Kerdraon pour la mise
en mouvement des images, donnant une nouvelle forme de dynamique à cette
aventure.
Une bande dessinée exceptionnelle, une musique originale aux accents
révolutionnaires, pour un voyage inédit, visuel et sonore, dans
l’histoire de 1950 :
Des milliers d’ouvriers œuvrent à la
reconstruction de Brest, totalement détruite par la guerre. Mais les
temps sont durs, et les luttes entre le patronat et la classe ouvrière
connaissent leur paroxysme en avril 1950.
Le réalisateur René Vautier, cinéaste engagé mandaté par la CGT,
est envoyé sur place pour immortaliser les événements. Son film au
destin incroyable fera vibrer cette aventure jusqu’à l’Elysée entre les
mains de Paul Eluard.
Christophe Rocher sera présent à l’issue de la projection pour échanger avec le public.
Billetterie et réservations :
Centre de Culture Populaire
16 rue Jacques Jollinier
44600 Saint-Nazaire
Tel : 02 40 53 50 04