lundi 25 juin 2012

hey you





"J'attendais un bonheur aussi grand que la mer
et de l'aube au couchant couleur de la chimère
un amour arraché de ses chaînes impies
Mais la réalité l'entend d'une autre oreille
et c'est à sa façon qu'elle fait ses merveilles
Tant pis pour les rêveurs tant pis pour l'utopie."

-Aragon-extrait de: "La nuit de Moscou"








"Faut-il partir? rester? Si tu peux rester, reste;
Pars, s'il le faut.L'un court et l'autre se tapit.
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le temps! Il est, hélas! des coureurs sans répit,"

Charles Baudelaire- extrait de: "Le voyage"








"Hey you
Can i breathe
If my chest is covered

Hey you
Is my face making sense
Eyes can't be still
In a moment so tense

Here babe
Are the notes you must play
This babe, is the procedure

Here babe
Not in another way
I can assure you
That you will be okay

Once would do
Once could change everything
Once could tell
And help me to clear out
Some things

Once would make
No difference at all
Once or not
I've already made this fall

Hey you
Make the most of the time
You've got to cross many borders

If you can't control your mind
Something will happen
It's just a question of time

Oh babe
I can't concentrate
I'm here for the wrong reason

It's you who makes my knees shake
One season, then
The brakes are gonna break"







photo: Fulup

dimanche 24 juin 2012

Michaux pour la saison


"un homme qui ne sait ni voyager ni tenir un journal
a composé ce journal de voyage.
Mais, au moment de signer, tout a coup pris de peur,
il se jette la première pierre.
Voilà"



"Voilà deux ans qu'il a commencé, ce voyage. On m'avait dit: "Je t'emmènerai" Deux ans, une sorte de constipation et maintenant, c'est pour mardi matin. Je suis soumis toute la journée à une sorte de projection à distance. On cherche mon regard. Quel effort il me faut pour revenir à moi, et combien "impur" ce retour, comme on cède à une image de sexe dans la prière."






CLOWN

"Un jour.
Un jour, bientôt peut-être;
Un jour ,j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers;
avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien
et rien que rien,
je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.
Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai
dégringoler.
D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur,
mes misérables combinaisons et enchaînements
"de fil en aiguille".
Vidé de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.
A coup de ridicules, de déchéances (qu'est ce que la déchéance?) par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mas semblables, si dignes, si dignes, mes semblables;
Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfais comme après une in tense trouille.
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.
Anéanti quand à la hauteur, quand à l'estime.
Perdu en un endroit lointtain (ou même pas), sans nom,
sans identité.


CLOWN, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l'esclaffement, le sens que contre toute lumière je m'étais fait de mon importance .
Je plongerai.
Sans bourse dans l'infini-esprit, sous-jacent ouvert à tous,
ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosé à force d'être nul
et ras...
et risible..."

-Henri Michaux-




illustrations sur Toile


C'est comme ça, aujourd'hui ce sont les gosses qui ont le blues.