mardi 24 janvier 2012

hors cadre



"Drôle d'endroit pour une rencontre . Certes la phrase avait un goût de déjà  lu- Bah! comme toutes les autres aussi sans doute... Et puis dans son jukebox à citations c'était celle-là qui était sortie en premier. Alors fallait bien qu'il fasse  avec.
Et pour le premier rôle à la Deneuve:
Toute ressemblance avec un bar à filles existant ou ayant existé n'était  pas fortuite.

Voilà,  c'était certainement  la faute au temps qui passe si il en était rendu à soliloquer, solitaire du guéridon et mauvaise mousse en supplément. 
Les murs s'affichaient et les autres trop occupées à leurs ptites affaires s'en fichaient.
La patronne qui avait dû garer son trente-cinq tonnes en double file dans la contre allée lui avait déjà remis le couvert houblonné d'une sous marque germanique en sous bock alsacien,
La guerre n'était jamais très loin.
A force de regarder ailleurs et sans avoir l'air, au risque de finir poitrinaire, il avait -si on peut dire- fait le tour de la question. 
En souvenir de Castro street sans doute, son pote qui avait refait surface et sur fesses mais sans crier gare lui avait donné rendez-vous ici même,  une heure plus tôt...
"Tu verras, c'est sympa et la taulière est une copine, enfin mon ex même... Je rigole, c'est   pour de rire, tu sais bien...  et les papiers qui vont avec"
C'est ça...  Et en attendant "il poirotait" avec une impression diffuse mais persistante de faire tâche  dans le potager. Il allait falloir trouver rapidement une solution honorable de repli.


Essaye "copains d'avant" tu verras c'est super sympa.
 Trop sympa les gars,
Pour la  tapisserie, j'aurais mieux fait d'aller directement à Casto...

(street)..."







Ce texte  a été commis (de cuisine) dans le cadre d'un jeu d'écriture dont voici pour les amatrices et teurs le mode d'emploi ( j'ai fait un quasi copier coller avec le blog initiateur.)


"A partir de la  photo en tête de gondole, toute personne qui le souhaite écrit un texte. La forme et le style sont libres, il suffit de s’inspirer de la photo et de produire un texte d’une longueur raisonnable pour un article de blog.


Ces textes seront compilés sur ce blog. Pour cela :
- Les auteurs qui possèdent un blog sont invités à publier sur leur propre blog leur texte, la photo, un lien vers le blog de Gabrielle et un autre vers le blog à 1000 mains. Pour signaler votre participation, vous pouvez soit laisser un commentaire sous cet article, soit envoyer un mail à l’adresse a1000mains@gmail.com (pas les deux, s’il vous plait, que je ne m’emmêle pas les pinceaux…)
- Les auteurs qui ne sont pas blogueurs peuvent envoyer leurs participations par mail à l’adresse a1000mains@gmail.com. Pensez à donner un titre à votre texte et le nom ou le pseudo que vous souhaitez voir apparaître en ligne.
Si vous avez un blog mais que pour différentes raisons, vous ne souhaitez pas y publier votre production, vous pouvez aussi l’envoyer par mail.
Et puis si vous avez un blog, que vous ne souhaitez pas écrire un texte, mais que vous aimez l’idée, vous pouvez la relayer ! (ça marche aussi avec Twitter, Facebook, et même le bon vieux bouche à oreille).
La vie de ce blog (-jeux d'écriture(s)- , ce sont les textes mais également les commentaires alors n’hésitez pas à partager vos impressions, à réagir, répondre aux autres…
La date butoir pour ce jeu est fixée au 29 février (profitons-en, il y en a un cette année !)"

dans la mer il y a des crocodiles


« En attendant, le temps passait. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois. Le tic-tac de ma vie. J’aurai voulu acheter une montre pour donner un sens au passage du temps, une montre qui donne l’heure et la date qui mesure la pousse des ongles et des cheveux, qui me dise de combien je vieillissais »


 « Comment on trouve un endroit pour grandir, Enaiat? Comment le distingue-t-on d'un autre?», lui demande Fabio Geda. «Tu le reconnais parce que tu n'as plus envie de t'en aller. Bien sur, il n'est pas parfait. Ça n'existe pas, un endroit parfait. Mais il existe des endroits où, au moins, personne ne cherche à te faire du mal."


 « Il voulait me passer quelqu’un au téléphone. (…) J’ai dit: Maman. (…)
Du combiné est arrivé un souffle léger, humide et salé. Alors j’ai compris qu’elle pleurait, elle aussi. (…) Ce sel et ces soupirs étaient tout ce qu’une mère et un fils peuvent se dire, après tant d’années. Nous sommes restés comme ça, en silence, jusqu’à ce que la communication soit interrompue ».


de la part de tata Godile:
un coin lecture et ces quelques phrases à offrir
extraites de  "Dans la mer il y a des crocodiles » de Fabio Geda















" Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu’il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme «pas plus haut qu’une chèvre» un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le double-fond d’un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie, qu’il raconte les étapes de ce voyage insensé." source: LIANA  LEVI-

 photos: Niels De La Patellière