mercredi 20 avril 2011

quand le bâtiment va...

 source: photo

Pour  ne pas lasser le consommateur, l'info nouvelle annulant la précédente , la marque  Fukushima qui trônait il y a peu en tête de gondole journalistique a été reléguée au mieux avant la météo au pire après le sport...Hier un des sujets vedette c'était encore une histoire de centrale (ah ben zut alors.."j'veux le feuilleton à la place") mais sous l'angle de la technologie version "On niais les plus fort, on niais les plus fort, on niais, on niais..."  et avec une pointe de solidarité internationale s'il vous plait,  c'est toujours plus vendable, n'est-ce pas!
Ainsi notre premier ministre qui avait fait le déplacement à Kiev pour co-présider un genre de  "neutron-thon" où il s'agissait de trouver 740 millions d'euros pour offrir -vingt-cinq ans après...un superbe sarko sarcophage à la centrale de Tchernobyl (ah oui tiens, au fait  comment elle va celle-là?).
Le camarade Fillon n'était sans doutes pas là par hasard puisque derrière son costume déclaré  heu...de gentil assistant social, on pouvait aussi remarquer celui de représentant de commerce du BTP made in France. C'est ce qu'on appelle en quelque sorte  gagner sur tous les tableaux, je vends du nucléaire chez tout ce qui bouge et ensuite si ça merde j'arrive avec le S.A.V, enfin le visible, parce qu'autrement j''sais pas quoi faire mais ça on s'en fout...les jeunes à naître s'en occuperont... chacun sa merde...

Bien sur, comme d'ab.  ce n'est pas parce que nos journaleux diplômés cfpj  ne causent plus du Japon que tout va bien chez Soleil Levant et d'ailleurs pour avoir une petite idée de comment se porte Fukushima, Serge nous envoie la traduction d'un blog japonais, publiée sur le site de Science et Avenir. Voyez plutôt comme ça baigne...


"Attention, danger ! C’est vers la piscine de l’unité n°4 de Fukushima que les regards convergent aujourd’hui avec une nouvelle inquiétude. S’y déroulent des réactions en chaîne dégageant  une très forte radioactivité ! Des niveaux “100 000 fois supérieurs à la normale”, selon l’agence de sûreté nucléaire japonaise NISA. C’est ce que l’on peut comprendre après l’annonce postée ce 14 avril sur son site (1) par l’opérateur TEPCO de la centrale de Fukushima.  L’opérateur y présente en effet les résultats d’une “analyse de 200 ml d’eau prélevée le 12 avril dans la piscine n°4” (où 195 tonnes d’eau ont été injectées le 12 avril selon l’AIEA (2)). Ces résultats, obtenus le 13 avril et annoncés ce 14 avril montrent que, outre du césium 137 et du césium 134 découverts dans cette eau, de l’iode 131 y a été retrouvé. Or l’iode 131, rappelons-le, a une demi-vie de 8 jours seulement. Autrement dit, si on le retrouve en quantité – ce qui est le cas, 220 000 Bq/litre – cela signifie qu’il a été créé depuis peu de temps (à noter qu’une mesure dans cette même piscine faite le 4 mars, c’est-à-dire avant le démarrage des événements catastrophiques, n’en avait pas détecté). Et s’il a été créé depuis peu de temps, cela signifie que des réactions de fission ont lieu dans le combustible qui est entreposé.
Rappelons que le réacteur n°4 était à l’arrêt avant le séisme puis le tsunami. Tout le combustible usagé du réacteur avait été déposé dans la piscine. Et l’on a appris aujourd’hui (3) qu’outre ce combustible usagé, du combustible “neuf” s’y trouve aussi : “204 barres de combustible non usagé” (outre 1331 barres de combustible usagé). Des niveaux qui pourraient être également dus, a-t-elle estimé, à l’injection dans la piscine d’eau de pluie contenant des quantités de particules émettrices de radioactivité.
Interrogé à ce sujet, l’ingénieur nucléaire américain Arnie Gundersen (que nous avions cité dans le blog du 15 mars (4)), nous a dit voir dans la présence d’iode 131 dans la piscine n°4 une « énorme annonce » (« BIG news »).  De même que la présence de combustible neuf, car il peut devenir « critique » (connaître des réactions de fission) « plus facilement que le combustible usagé ». Selon lui, ce pourrait être « la raison  pour laquelle cette piscine n’est plus remplie d’eau. Des changements mineurs dans la géométrie des casiers (dans lesquels sont normalement contenues les barres de combustible) pourraient être la cause de la reprise de criticité dans le combustible neuf. Je le sais, car mon groupe de travail a fait des calculs de criticité dans ce type de casiers pendant des années ».
Devant la dangerosité de ces barres de combustible, on se demande bien comment l’opérateur va pouvoir manipuler ce combustible, afin de le confiner et stopper le relargage de radioactivité qui doit avoir lieu en ce moment même. Il a été annoncé « le déploiement d’un petit drone (hélicoptère) pour voir s’il est possible d’extraire ce combustible » (selon TEPCO, ce survol a été effectué ce 14 avril entre 10h17 et 12h25). La tâche est rendue extrêmement difficile vu les niveaux de radioactivité : rayonnements gamma, mais aussi et peut-être surtout bouffées de neutrons extrêmement dangereuses dont il est très difficile de se prémunir (de même qu’il est difficile de mesurer exactement le niveau de rayonnement au moment où il est émis, lors ds réactions de fission). Sans oublier le phénomène d’  « effet de ciel », déjà cité dans ce blog, sorte de rebond du rayonnement sur les couches atmosphériques qui peut le rabattre vers le sol en des endroits imprévus.
Outre les énormes difficultés d’évacuation de dizaines de milliers de tonnes d’eau radioactive, les travailleurs dans la centrale se retrouvent donc aujourd’hui avec un problème majeur à régler sur l’unité n°4. Sans que l’on connaisse, par ailleurs, jusqu’où peut aller le relargage de produits de fission particulièrement dangereux." (traduction: Kawakita Kiyomasa)
4)   « Lanceur d’alerte » qui a fondé une entreprise baptisée Fairewinds Associates, et qui a participé à en particulier aux enquêtes sur la centrale de Vermont Yankee, de même type que celle de Fukushima (réacteur à eau bouillante construit par General Electric). http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/arc..."

Allez s'il vous plait, ne cédons pas au catastrophisme très anti-France et glorifions au contraire- comme nous pourrons l' apprécier dans la vidéo suivante- nos belles entreprises de chez nous qui vont avec brio mettre les miettes sous la moquette -ni vu ni connu j't'embrouille -et en plus c'est bon pour le j'm'en balance commercial. Alors quoi?  Piscon-con  vous dit   que ça crée de l'emploi , c'est le syndicat qui va être content...
et la prime en plus
ouah!
Chic on va pouvoir s'acheter une nouvelle télé chinoise ...pour regarder la finale
"C'est la lutte...lalala"

Robert, fait péter la roteuse, quand même, 25 ans ça s'arrose...

mardi 19 avril 2011

hypothèse de cheval


Aura t-il trouvé une famille ce coq aperçu solitaire- dimanche -au cours d'une matinée  brieronne d'échanges de végétaux? A l'origine, ils étaient au moins deux dans la basse-cour mais..vous savez bien,  les mâles sont souvent ainsi, à force de vouloir faire le cacou et de tirer les plumes à soi, il y en avait un de trop.
Par contre, que les femelles soient plusieurs ça ne dérange pas, (bien au contraire diront les spécialistes) et ce n'est pas pour autant qu'elles vont se mettre sur la tronche à cause du plumitif en chef.
C'est ainsi.  La nature a ses contingences sur lesquelles la morale judéo-chrétienne et compagnie n'a que peu de prise. a part bien sur dès que l'on s'approche de la cuisine mais ça, comme de bien entendu,  c'est une autre histoire...



"Dieu est une hypothèse psychosomatique" a répondu  dans le poste du soir, monsieur Philippe Bouvard à une question concernant ses accointances avec "l'esprit supérieur". C'était sans doute une manière habile de botter en touche mais dans ce genre de conversation, à moins d'être convaincu et... circulez y'a rien à voir, dès que l'on s'essaye à la réflexion, le doute s'insinue par toutes les fissures possibles et dans ce cas, pour la  divine vérité veuillez  vous adresser à la porte à côté...

" Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges." Evidemment, fallait bien que le  gars Friedrich nous ramène sa fraise sue ce coup là, seulement si je peux me permettre:
"Nietzche ta mère mon pote"- La vérité quelle vérité? c'est par où l'entrée? hein(g)?



 "Chez elle, tout est faux, même sa cigarette", ainsi parlait dans le poste du matin, zaratous. un habitué des -gens- "people "en anglo-saxon, causant ainsi de la compagne d'un  ancien nouveau philosophe très à l'écoute de lui-même et qui n'aurait sans doute pas fait tâche dans la basse-cour précédemment usitée. 

Chez lui, tout est vrai.  Là, c'est moi qui dit qu'il est et je tiens ainsi et  présentement  à vous entretenir de Marc, le cordonnier, qui exerçait son art délicat, dimanche, au milieu du troc aux plantes entouré par des collègues: coutelier et vannier.
("Ah dame, question  vannes c'est pas le dernier non plus" -voix off-)






Et ça vous fait rire? Heu non, pas vraiment,  mais quand même...ironie du sort... avouez, qu'au milieu de l'immense  détresse qui suinte par tous les murs du système carcéral, il y a de quoi heu...pleurer!

Un détenu d'une vingtaine d'années  s'est pendu avec le kit anti-suicide instauré par la ministre de la justesse et tigre de papier d'une époque:  madame Alliot- Marie...

Mais comme le disait si bien il y a peu un monsieur Ouattara qui a la Côte d'Ivoire: "Une personne tuée, est une personne de trop"

Mais qu'entendez vous donc par là?
Oh par là....

"la propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature." -Noam Chomsky-


Tout commence, comme tout finit,  en musique. Ce n'est pas pour nous déplaire, bien au contraire.
Les notes s'envolent, mais l'émotion de l'instant reste et le monde conserve encore quelques charmes avantageux grâce aux musiciens, artisans et autres plasticiens/magiciens de la poésie humaine, sans qui l'Histoire serait déjà terminée depuis fort  longtemps.



"L'universel n'existe pas il n'existe que du particulier"
Elémentaire mon cher Onfray
comme la bière d'un dimanche ensoleillé.



En selle, l'artiste







"Nous y sommes"
Par: Fred Vargas

"Nous y voila, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hautsfourneaux
de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme
sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité, tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons
conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons
voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on
marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut
dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles
génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire
péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans
un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour
mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont
quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a
décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée,
souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair
et
sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car
très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps,
on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec
la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours
blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas
sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il
est,
attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les
champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité
foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes
spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

Fred Vargas
Archéologue et écrivain.