lundi 30 août 2010

ECOUTE



"Ecoute méfie-toi attends encore un peu
nous avons abandonné nos mains derrière nous
Nous les avons renfermées effacées afin de croire au passé
corps à le peau endormie ordre semé
des mots et des  fumées d'usines fatiguées corps marins
corps ébréchés dans la poutre fichés droits
Nous avons décoloré tes yeux troué yeux yeux
pour te regarder au plus près pour y poser la langue
Nous avons abandonné nos mains derrière nous
nous les avons étonnés pétrifiés raides pour tout faire et ne rien dire
nous les avons poitrine épuisée offertes les mains



Toujours redire toujours écrire puis écrire pour toujours
décomposer pour dire ce n'est que décomposer la parole
on découpe ainsi le bleu des mémoires paresseuses, on les taille
La retrousser la mémoire, la clouer l'enclore la creuser aussi
écorcher cacher lever la brûler l'attiser puis la salir
déposer des messages comme chenilles sur les branches des hêtres
On se trompe et son s'accorde un signe pour se départir de cette main
Tu effaces ensuite sur le mur le plâtre de mon départ dépecé../...


../...S'éloigner comme écrire et aligner les murs du chemin
jusqu'à trouver la couleur trouée des souvenirs des sentiers menant à la mer
dénicher les objets abandonnés sur la table au bois bleu
les miettes de pain entre les planches le rêve d'y dormir
Tu me parles et je m'enfuis je m'écroule brise de la toile marine
Tu me parles d'un petit chemin allant vers l'échappée du soleil
maintenant à quoi te servirait-il d'exister pour t'assombrir
moi os pourrir bois dans le feu, toujours une autre phrase à chercher
J'ai les mains en poussière de ne plus entendre de nous découdre du bleu
Il nous faut rendre l'image en cendre, l'image déchirée du flou et du blanc
Tu craches, nous crachons sur les miroirs fendus de nos morts."

-Joan-Ives Casanova-

au 30 du mois da out

-photo google-

Peut-être une passagère envie de jeunisme et même avec le jour qui ne vaut pas sa chanson et c'est tant mieux dira t'on...
Pourtant, si j'en crois les oracles à tout le monde dans mon engeance, le temps, il file comme du sable entre des doigts de pied qui feraient mumuse sur la crique au thon et à la tête d'oeuf. C'est normal, ça fait ça , moi pareil...et blatère noster...Les cinquantièmes rugissants font des vagues avec leurs parallèles et menacent par gros temps d'y laisser leurs doutes envahir la barcasse, et risquer l'implosion à la coule avec leur époque terrible, en tartines d'état d'âme.

Il a posé son sac puisqu'il n'arrivait plus à le porter; c'était une raison suffisante, enfin,  en tout logique, sauf que la logique...à l'heure qu'elle est, il en a plus rien à carrer le comptable revenu de son ile des Mascareignes. Lui qui connaissait les vertus et trésors  de l'océan indien a découvert  par un malencontreux hasard du sablier à roulette une nouvelle race de crustacé , passager clandestin et du genre à te secouer le cocotier mais... l'exotisme en moins... 
Pourtant, il  le sait, il la sent, c'est  bien la mer , là tout près à quelques encablures et il s'imagine dans ses rêves  devenus chimiques qu'il pourrait la rejoindre encore une fois, allez, soyez sympas les  muses des vents , rien qu'une fois... et dare dare, toutes voiles dehors,cap au grand large  du côté de chez Maurice et de ses rhums arrangés.
Mais ce matin là, tu vois, ce n'est  plus lui qui décide et ça l'énerve sacrément, le désole aussi mais ça il  ne le dira pas, préférant  se réserver à la colère contre ces  foutues machines qui décidément ont décidé de l'emmerder, comme si il avait besoin de ça. C'est quand même pas compliqué de composer un numéro sur le portable. D'habitude,   il y arrive quasiment les yeux fermés, et là,  nada! qu'est-ce qui se passe? Tout est contre lui et cette fatigue... qui ne le lâche plus, même pour faire deux pas et passer du lit au fauteuil, il est épuisé. Merde, quand même, je suis encore jeune qu'il se dit et si seulement il pouvait manger un peu, à la place de tous ces tubes qui lui perforent la couenne, mais même un verre d'eau minérale ça lui donne la nausée alors....
Ah! c'est pas encore aujourd'hui qu'il pourra se taper la cloche et d'ailleurs finalement il s'en fout parce qu'il n'a plus envie de rien ou si peut-être  encore dormir, seulement, pour être sur son ile qu'il n'aurait jamais du quitter et échouer sur cet estuaire, à deux pas de la mer, mais pas la sienne. C'est quand même pas de chance, il se sent  comme une grosse  tortue verte qui veut retourner à l'eau après la ponte et qui n'y arrive plus, tellement elle est vannée...
Demain, c'est sur, j'y arriverais ...Demain...au 31 du mois d'août, on vit venir sous l'vent à nous...