lundi 22 mars 2010

on demande un politologue dans la salle. Je répète, on demande...




Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller voir la tête qu'ils avaient les ceusses qui collent aux partis, en tours de piste, hommes et femmes à plateaux  télé. Plusieurs modèles étaient disponibles mais à de rares exceptions près il fallait vraiment prêter l'oreille (eh! oh! c'est mon oreille je la prête pas moi-voix off) pour entendre autre chose qu'un discours pré-construit qu'ils avaient du apprendre par coeur entre deux couloirs de chaines de télé et le maquillage qui va bien avec. "Je vous mets un peu de blush Monsieur le Ministre, vous avez le nez qui brille?" "Oui s'il vous plait, mais surtout que cela fasse naturel"... 

Et pour le naturel, c'est sur on peut leur faire confiance. trémolo fluté et regard de velours, "Nous avons entendu le message des français"
Ah ben super alors, sont enfin passé chez Audika.
Dame! c'est que  ça pas été facile pour avoir un rendez-vous, depuis tout  ce temps...
Mais que non, qu'est ce que l'on va s'imaginer, "le message des français", ça tombe bien c'est le leur. Nous autres (c'est génétique sans doutes) on veut encore des réformes, plus de réformes, rien que des réformes, levez la main droite et crachez dans le bassinet!
 Et pas de pause dans le mouvement s'il vous plait, juste quelques ajustements techniques et surtout des explications, car n'oublions jamais le pigeon électeur  est, comme on dit chez total: par essence très con  (surtout quand il va exprès faire trempette dans le fioul) et il a besoin qu'on lui explique souvent et avec des mots compliqués pour faire simple et l'inverse aussi,  comment on lui veut du bien à l'ingrat et pourquoi après la crise qui dure depuis 30 ans ça ira beaucoup mieux. D'ailleurs, c'est bien simple,  regardez, vous voyez pas? mais si allez! on arrive au bout du tunnel, en haut de la côte, que dis-je à la fin du désert...
Et après, YES! à vous le fromage (d'habitude on le sert avant, mais bon, on va pas chipoter) C'est quand même pas la lune de faire encore un ptit effort que diable.A lala quelles feignasses...regardez-nous autres les représentants des grands groupes industriels heu pardon du peuple comment on se dépense sans compter (surtout avec votre pognon) pourriez-dire Bercy! quand même! Ah c'est vrai que des fois si y'avait pas les fin de mois, les notes de frais et la déco , ça serait presque  à vous dégoûter de faire de la politique. Non heureusement, on est solide, on a le sens du devoir et surtout entre collègues, voyez, on se sert les coudes et  même qu'on se prête les catalogues pour partir en vacances.
Ah si (mais que cela reste entre nous) On a ptêt un peu merdouillé avec le papier collant pour attraper les sensibles du gros facho, on est pas toujours au point dans les dosages... et ils ont préféré la marque d'origine au générique... Mais Oh! on a quand même gardé l'Alsace et on pourra toujours s'y réfugier si on doit passer le Rhin précipitamment.
Mais, du calme, faut pas trop s'en faire non plus, à part quelques illuminés, les autres en face, ils ont le même programme que nous, c'est juste l'emballage qui change,  et si ils reviennent un jour au pouvoir, on pourra toujours s'arranger. Voyez, les socialistes, enfin la gauche quoi (excusez si ça me fait rire c'est nerveux) ben on les connait bien , on a joué ensemble quand on était ptit dans la cour de l'ENA, et ça vous savez, les amitiés d'école c'est du costaud, d'ailleurs on se revoit chaque année au banquet des anciens...
Mais c'est pas tout ça, je cause, je cause et c'est lundi et  je voudrais  pas vous empêcher non plus d'aller bosser, ça serait balot de rater le taff,  surtout qu'il n'y en a plus beaucoup , mais non je rigole, allez un peu d'humour, regardez- moi est ce que j'ai l'air stressé, faut être blindé pour faire de la politique, tiens,  devriez prendre exemple.
Bon , faut  je vous laisse, j'ai un séminaire gouvernemental sur le feu  et déjà que l'autre là-bas il  va nous faire sa grande fâchée!
Allez! on se dit  à la prochaine, dans deux ans.
Ciao les pigeons!


dimanche 21 mars 2010

pour tout cela et plus encore



Pour tous les rêveurs
et toutes leurs utopies de philosophes en herbe. Ceux qui doutent et ne seront jamais franchement à l'aise, dans un monde lisse et rhétoriquement implacable.
Pour tous les "pas à sa place" , les différents, les souffrants, les incompris, les -Solitude- Les ridés du dedans, les perdus au dehors.
Pour tous les ptits joueurs de la courte semaine, les marins restés au port avec un noeud dans la gorge les oiseaux aux ailes coupées qui se trainent sur le quai. D'ici et demain, d'hier et toujours, quelles que soient les couleurs dont on habillerait le désespoir, la lassitude, l'amertume, sa lucidité aux angles qui coupent, et l'émotion où l'on se noie souvent. Et même aussi pour les acteurs de l'esbroufe , tellement fragiles qu'ils voudraient nous faire croire que eux ils savent, parce qu'ils ont le verbe haut sur un baromètre au plus bas.
Pour l'incompréhension, le pousse toi que je m'y mette, le "Qui c'est celui là" le "Et Dieu dans tout ça"
Pour les mâles du siècle qui pissent sur la lunette
et la femelle dans tous ses états! Le mélange des genres aussi pour picorer où ça nous chante Les militants de l'absolu et toutes leurs croyances qui brillent, aussi vite qu'elles se fanent en hiver, Le parti pris qui se fait la malle sans rien déclarer à la frontière, les choeurs de l'armée bougent conduisant leurs chars à la gay-pride des printemps.
Pour tous les ministères en location, les propriétaires de vent et leur derrière qui s'assure.
Pour tous les mots qui parlent d'amour sans jamais le bien nommer.
Pour la compagnie des mouettes, des corbeaux et des rouge-gorge.
Pour le charme qui sait se couvrir d'un châle de fin du jour.
Pour les drapeaux quand ils refusent de se battre et la patrie universelle.
Pour toutes les langues déliées et irremplaçables.
Pour la douceur d'un sein qui ne ressemble à aucune autre.
Pour l'âme car elle existe même si on ne la trouve pas, on la reconnait pourtant au service de ses mains quand elles deviennent artistes, et dans cette lumière si particulière et douce sur le front de certains.
Pour la révolte qui s'accroche à l'injustice, et l'humour égratignant les cathédrales du pouvoir et du savoir sans l'Etre.
Pour les rires sans cravate , sans permis et volages, les phrases que l'on retourne comme des crêpes et qui nous chavirent la concience.
Pour le plaisir de dire, de faire et d'écouter...
Pour le droit d'être en vie et de ne pas y rester.
Pour l'instant irremplaçable.
Pour tout cela et plus encore...
Merci la Vie





-envoyé par Ancopwe-