lundi 22 février 2010

lundi, j'ai mon clown qui rit




La saison des moissons, c'est ptêt bien toute l'année, mais faudrait pas confondre tout de même avec des cultures hors sol et autres inventions diaboliques qui permettent d'apprécier le non goût et son ballet d'insipide de janvier à décembre.
Je veux plutôt parler en ce lundi qui giboule de récolte de tempête de mots, d'immatériel bouquet de poésie, aussi inutile pour les uns qu'indispensable pour les autres surtout quand il s'agit de transcender l'insupportable comme la misère intellectuelle qui fait gouverne ou la puissance du vide qui tient salon ministériel et l'exemple porté aux nues qui me donne une irrésistible envie d'échouer, pour ne jamais, ne serait-ce même qu'un tout petit peu ressembler à ça.
Nous n'avons pas les mêmes valeurs disait une dame en rigolant dans son pot de rillettes, et comme j'ai ici la chance de fréquenter une bordure océane ; en plongeant le regard dans l'espace liquide-c'est tout ce qu'il m'appartient de faire dans l'immédiat- je me lave ainsi de la bêtise réincarnée aux heures de pointe sur l'écran bleuâtre du génocide culturel.
J'ai des envies de textes à couper le souffle, de philosophies à amputer les bourses, de paroles magiciennes qui nous rendraient un tant soit peu meilleur et feraient fondre les coeurs comme un cornet glacé vanille-noisette au soleil de juillet.
J'ai des envies paradoxales et compliquées, immatures et schizophrènes mais sans les skis sur lesquels je me vaurien.

Je veux jouer au clown blanc qui raconte ses histoires avec des larmes de crocodile qui se transformeraient par la suite en énormes bulles de savon dans lesquelles on rentrerait comme dans un morceau de musique, quand il vous prend les quatre fers en l'air et le cerveau ébouriffé. Je regarde passer la note puisqu'ils ont dû se tromper de table. Non monsieur tout lisse, non madame toute friche, je ne mange pas de ce bain là.
Un sosie? allons-donc...
Comme ils disent sur les étiquettes qui grattent au col, méfiez-vous des contrefaçons.
Je ne suis pas celui que vous croyez, et je ne vous autorise pas à parler en mon nom comme vous le faites en découvrant que j'existe chaque quelques semaines avant les élections.
Vous avez peur sans doutes de perdre votre rang et les guirlandes qui clignotent dans le sapin, grand bien vous fasse.
Vous me faites rire savez-vous, à hurler aux vagues, à vous presque chatouiller sous les bras pour vous remettre en course avec l'Humanité que vous avez déserté depuis tellement longtemps puisque vous ne vous rappeliez même plus qu'elle bougeait encore.
Qui sait , avec toute ma bénédiction, nous allons peut-être nous croiser en vélo Madame des grands fonds publics. Je crois me souvenir que vous nous faisiez la leçon il y a peu...
Je souhaite que les possédants de l'outil de travail pétrolier vous obligent à utiliser vos mollets de fonction pour vous donner l'envie d'acquérir quelque leçon de respect.
J'aspire aux poètes sur les balcons de la représentation nationale, aux chanteurs de rue sur les académiques fauteuils, que les déclarations soient paisibles et universelles et que les escrocs vendeurs de lendemains qui déchantent soient conduits gentiment à la campagne pour leur apprendre les bonnes manières au contact du véritable de la nature des choses.












"La Nuit, les chats sont gris
Et les chattes,
La Nuit, pas vu, pas pris,
Bas les pattes,
La Nuit, le Diable a mis
Sa cravate,
La Nuit, c'est la houri
Névropathe!...

La Nuit, la lune brille
en rasoir,
La Nuit, le ciel a mis
Son loup noir,
La Nuit, un tueur maraude
En solo,
La Nuit, un monstre rôde
A Soho!...

La Nuit, les morts-vivants
Déambulent,
La Nuit, les zombies sont
Somnambules,
La Nuit de Walpurgis
Appareille,
La Nuit, Mister Hyde
Se réveille!...

La Nuit, les chats sont gris
Et les chattes,
La Nuit, on se blottit
Patte à patte,
La Nuit on gémit et
On s'endort,
La Nuit, c'est peut-être ça la Mort!..."

Henri Tachan

dimanche 21 février 2010

son bleu



C'est ma chanson du dimanche, peut être et sans doute parce que selon la coutume le grand Cacou lui même se serait reposé ce jour-là après avoir marné toute la semaine. Et pour ceux à qui ça filerait des boutons ou qui profiteraient de l'occasion pour dire qu'ici on est chez laïque et que donc on s'en fout des fêtes religieuses, z'avez qu'à aller voir chez l'empereur Constantin si j'y suis ou plus proche encore du côté de la chambre (anti-cléricale) en 1906.

Et puis quoi alors, toutes les occasions sont bonnes à prendre quand il s'agit de se sortir cinq minutes des griffes de l'exploiteur qui lui est par essence rappelons-le apatride et immoral et qui en voudra donc toujours plus et pas cher-demandez donc à nos potes chinois ce qu'ils en pensent...

C'est ma chanson du dimanche, parce qu'elle dit entre-parenthèses qu'on peut être fier d'être exploité et usé par le travail... Ou là, je me doute bien que si si je présente l'affaire de cette manière, des bataillons en rangs serrés de" représentants" établis de la classe ouvrière vont me tomber dessus pour me traiter de social traite ou autre gentillesse dont ils ont le secret. Et pourtant, et avec tout le profond respect que j'ai pour l'ouvrier, le paysan, l'employé ...même si en politiquement correct, il faudrait plutôt dire qu'on est fier de son travail (même si, il vous tue, amiantés and co je vous salue) qu'on s'est sacrément bagarré pour le conserver et qu'on se battra encore et toujours, parce qu'entre un boulot de merde et plus rien on sait forcément de quel côté on va pencher-pas le choix...
Alors oui il arrive, même si ça se perd (sans pour autant, que ça aille mieux d'ailleurs) qu'on rentre en boulot comme en religion, et ici même sur le (comme on disait) bassin ouvrier de Saint-Nazaire, j'en ai vu des copains qui arrivaient au chantier parce que leur père y était allé avant eux et leur grand-père aussi, et oui, c'est notre mine à nous. Et s'agissait pas alors d'émettre le moindre soupçon d'idée- forcément farfelue-que dis-je hérésie! d'une autre possibilité de taff, y'avait pas le choix ou alors c'était le banissement assuré...et tant pis si le grand-père était sourd avant l'heure à force d'avoir tapé sur des rivets et son fils shooté au gros rouge consigné de chez Jeannette à Penhoët, quand il s'agissait d'aller au lance-pierre se payer un larbin bleu casqué , planqué derrière les grilles de la sous-pref., toute la famille sonnait le rassemblement et l'unité de la classe ouvrière;
et puis aussi , la larme collective mais sans le lacrymo, les jours de départ des grands paquebots où l'on avait drôlement trimé dessus, tout en sachant qu'on en goûterait jamais de l'épaisse moquette, réservée -Oh bonne blague- à ceux là même qui nous fouteraient un jour au chômage...Mais voilà, c'était du beau travail -collectif-et l'on pouvait en être fier.


C'est ma chanson du dimanche que j'offre au vieux monsieur vendeur de l'Huma. du marché.
Lui, il est là chaque dimanche, qu'il pleuve ou qu'il vente depuis...
Je lui en ai acheté parfois... heu! rarement , c'était pas vraiment ma tasse de thé le stalinisme même si aujourd'hui il s'est drôlement allégé de ses matières grasses...mais bon, pour en avoir côtoyé quelques uns de près , j'ai un profond respect pour ces militants de toujours de la cause sociale, et même si je les égratigne parfois de ma plume -et c'est facile, ils s'y prêtent tellement...ils ont le grand mérite -eux- de croire en l'homme plutôt qu'au fric, et franchement, quelle que soit leur boutique, ça mérité bien une certaine déférence.



"Il a refermé la porte douc'ment
Pour pas réveiller "Maman"

Il a j'té l'Huma
Sur l'canapé près du chat
S'est assis dans un coin
La tête dans ses mains
Cinquante balais c'est pas vieux
Qu'est-c'qu'y va faire de son bleu
De sa gamelle de sa gapette
C'est toute sa vie qu'était dans sa musette
Y r'voit toutes ses années au chagrin
Et tout l'cambouis sur ses mains

Y r'pense à son gars
Qui voulait faire péter tout ça
Ça a pété sans lui
Sans douleur et sans cris
Où c'est qu't'as vu un bon Dieu
Qu'est-c'qui va faire de son bleu
De ses bras de travailleur
C'est toute sa vie qu'était dans sa sueur
Pourquoi y r'pense aujourd'hui au p'tit
V'la dix ans qu'il est parti
"Salut pauv' cave
Tu s'ras toujours un esclave"
Eh ben tu vois gamin
Aujourd'hui j'suis plus rien
Pas fini d'se faire des ch'veux
Qu'est-c'qu'y va faire de son bleu
D'son drapeau rouge de son Lénine
C'est toute sa vie qu'était dans sa machine
Y va réveiller "Maman"
peut-être
Lui dire : "Toujours pas de lettre
Il reviendra Il pense à nous,
t'en fait pas, là-bas

Dans la guérilla
Au Nicaragua"

Renaud-" Son bleu" - album: "A la belle de mai"-