lundi 14 septembre 2009

Jean-Patrick Capdevielle - Quand t'es dans le désert

"Moi je traîne dans le désert depuis plus de vingt-huit jours
Et déjà quelques mirages me disent de faire demi-tour
La fée des neiges me suit tapant sur son tambour
Les fantômes du syndicat des marchands de certitudes
Se sont glissés jusqu'à ma dune, reprochant mon attitude
C'est pas très populaire le goût d'la solitude


Quand t'es dans le désert
Depuis trop longtemps
Tu t'demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées
Du jeu qu'on veut t'faire jouer
Les yeux bandés

Tous les rapaces du pouvoir menés par un gros clown sinistre
Plongent vers moi sur la musique d'un piètre accordéoniste ,
J'crois pas qu'ils viennent me parler des joies d'la vie d'artiste
D'l'autre côté ,voilà Caïn toujours aussi lunatique
Son œil est rempli de sable et sa bouche pleine de verdicts
Il trône dans un cim'tière de vieilles pelles mécaniques



Les gens disent que les poètes finissent tous trafiquants d'armes
On est cinquante millions d'poètes, c'est ça qui doit faire notre charme
Sur une lune de Saturne mon perroquet sonne l'alarme
C'est drôle mais tout l'monde s'en fout
Vendredi tombant d'nulle part, y a Robinson solitaire
Qui m'a dit : "J'trouve plus mon île, vous n'auriez pas vu la mer?"
Va falloir que j'lui parle du thermonucléaire


Hier un homme est v'nu vers moi d'une démarche un peu traînante
Il m'a dit : "T'as t'nu combien d'jours ?" J'ai répondu : "Bientôt trente."
Je m'souviens qu'il espérait tenir jusqu'à quarante
Quand j'ai d'mandé son message, il m'a dit d'un air tranquille :
"Les politiciens finiront tous un jour au fond d'un asile
J'ai compris que j'pourrais bientôt regagner la ville."

-envoyé par Luce 64-

ne chantez pas la mort...








.../...c'est un sujet morbide Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit Les gens du "show-business" vous prédiront le "bide" C'est un sujet tabou... Pour poète maudit La Mort! La Mort! Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles Il semble que la Mort est la soeur de l'amour La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours La Mort La Mort...


La mienne n'aura pas, comme dans le Larousse un squelette, un linceul, dans la main une faux Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse en voile de mariée, elle aura ce qu'il faut La Mort La Mort... De grands yeux d'océan, une voix d'ingénue un sourire d'enfant sur des lèvres carmin Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin La Mort La Mort...


"Requiem" de Mozart et non "Danse Macabre" (Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns!) La Mort c'est la beauté, c'est l'éclair vif du sabre C'est le doux penthotal de l'esprit et des sens La Mort La Mort... Et n'allez pas confondre et l'effet et la cause La Mort est délivrance, elle sait que le Temps quotidiennement nous vole quelque chose La poignée de cheveux et l'ivoire des dents La Mort
La Mort...



Elle est Euthanasie, la suprême infirmière Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu Près du soldat blessé dans la boue des rizières Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu La Mort La Mort... Le Temps, c'est le tic-tac monstrueux de la montre La Mort, c'est l'infini dans son éternité Mais qu'advient-il de ceux qui vont à sa rencontre? Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter La Mort
La Mort...

La Mort?..."

-Jean-Roger Caussimon-