mardi 25 août 2009

es-tu conscient que..;





Un livre que je me répète en ce moment...dans le rectangle imparti, au fur et à mesure que je le savoure, lentement et pas vraiment à heures fixes.
J'y trouve des phrases souvent dérangeantes mais qui me sonnent juste avec leurs mots bien reluisants et je m'arrête assez souvent pour les reprendre à la ligne.


".../..."Voilà des millénaires que "connais-toi toi-même" en " je pense donc je suis", on ne cesse de gloser sur cette dérisoire prérogative de l'homme que constitue la conscience qu'il a de sa propre existence et surtout la capacité que cette conscience a de se prendre elle-même pour objet. lorsque ça le gratte quelque part, l'homme se gratte et a conscience d'être en train de se gratter. Lui demande- t-on: que fais-tu? qu'il répond: je me gratte. Pousse-t-on plus loin l'investigation (es-tu conscient que tu es conscient du fait que tu te grattes? ) qu'il répond encore oui, et de même à tous les es-tu conscient qui se puissent rajouter. L'homme est-il pour autant moins démangé de savoir qu'il se gratte et qu'il en est conscient? La conscience réflexive influe-t-elle bénéfiquement sur l'ordre des démangeaisons? Que nenni. Savoir que ça gratte et être conscient du fait qu'on est conscient de le savoir ne change strictement rien au fait que ça gratte. Handicap supplémentaire, il faut endurer la lucidité qui découle de cette triste condition et je parie dis livres de mirabelle que cela augmente un désagrément que, chez mon chat, un simple mouvement de la patte intérieure congédie. Mais il parait aux hommes tellement extraordinaire, parce-que nul autre animal ne le peut et qu'ainsi nous échappons à la bestialité., qu'un être puisse se savoir, se sachant en train de se gratter, que cette préséance de la conscience humaine semble à beaucoup la manifestation de quelque chose de divin, qui échapperait en nous au froid déterminisme auquel sont soumises toutes les choses physiques.../...

.../...personne ne semble conscient du fait que puisque nous sommes des animaux soumis au froid déterminisme des choses physisques, tout ce qui précède est caduc.../..."

extraits de "l'élégance du hérisson" -de Muriel Barberi-folio (poche)

C'est ton style, c'est ton cul

"Tous ces cris de la rue ces mecs ces magasins
Où je te vois dans les rayons comme une offense
Aux bijoux de trois sous aux lingeries de rien
Ces ombres dans les yeux des femmes quand tu passes
Tous ces bruits tous ces chants et ces parfums passants
Quand tu t'y mets dedans ou quand je t'y exile
Pour t'aimer de plus loin comme ça en passant
Tous ces trucs un peu dingues tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ma loi quand tu t'y plies salope !
C'est mon sang à ta plaie c'est ton feu à mes clopes
C'est l'amour à genoux et qui n'en finit plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

Tous ces ports de la nuit ce môme qu'on voudrait bien
Et puis qu'on ne veut plus dès que tu me fais signe
Au coin d'une réplique enfoncée dans ton bien
Par le sang de ma grappe et le vin de ta vigne
Tout cela se mêlant en mémoire de nous
Dans ces mondes perdus de l'an quatre-vingt mille
Quand nous n'y serons plus et quand nous renaîtrons
Tous ces trucs un peu fous tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ton droit quand j'ai droit à ton style
C'est ce jeu de l'enfer de face et puis de pile
C'est l'amour qui se tait quand tu ne chantes plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

A tant vouloir connaître on ne connaît plus rien
Ce qui me plaît chez toi c'est ce que j'imagine
A la pointe d'un geste au secours de ma main
A ta bouche inventée au-delà de l'indigne
Dans ces rues de la nuit avec mes yeux masqués
Quand tu ne reconnais de moi qu'un certain style
Quand je fais de moi-même un autre imaginé
Tous ces trucs imprudents tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ta loi quand je m'y plie salope !
C'est ta plaie c'est mon sang c'est ma cendre à tes clopes
Quand la nuit a jeté ses feux et qu'elle meurt
Ton style c'est ton cœur c'est ton cœur c'est ton cœur." léo ferré-

envoyé par sir stephen