mardi 5 mai 2009

les mains d'or

"Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminée muettes - portails verrouillés
Wagons immobiles - tours abandonnées
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts
Bouffés par les ronces - le gel et la mort
Un grand vent glacial fait grincer les dents
Monstre de métal qui va dérivant

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'ai passé ma vie là - dans ce laminoir
Mes poumons - mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là - les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée rouge saignée sur l'espoir

On dirait - le soir - des navires de guerre
Battus par les vagues - rongés par la mer
Tombés sur le flan - giflés des marées
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y a plus rien à faire
Quand je fais plus rien - moi
Je coûte moins cher - moi
Que quand je travaillais - moi
D'après les experts

J'me tuais à produire
Pour gagner des clous
C'est moi qui délire
Ou qui devient fou
J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore"
découvert sur "c'est la nuit" http://oiseau-zen.blogspot.com/
envoyé par munO

me voici à nouveau devant la mer...





























"J'avais besoin de croire que le ciel et la mer allaient un jour se rencontrer.







Ma saison était absente!







Le soleil trompeur envahissait sans gêne les hivers sans neige, sans mer.







C'est de nouveau l'éternel bruit des saisons qui donne la cadence.







Ermite de ce présent de doute et d'hésitation.







C'est de ces côtes-là qu'ils sont entrés.







Je voudrais tant perdre toutes mes feuilles comme les arbres d'automne et revivre des mouvements imperceptibles et discrets de la vie.







Murmure donc!







Nous t'écouterons jour et nuit pour ressentir la nuit dans les tréfonds de nos oublis cloîtrés.







Oui nous voulons oublier!







Nous voulons réinventer les portes qui mènent vers l'écorce, l'infime écorce de la vie."







-l'infime écorce de la vie-habiba djahnine- outre-mort-














"Me voici à nouveau devant la mer à fracasser des portes entières contre le roc à mêler dans le même roulement d'amertume le sable et la perle







dans les mêmes vagues brûlantes et métalliques le jasmin de mon enfance et le hibou de l'enfer.







Me voici à nouveau devant la mer, courbée sous un butin annuel de rancunes de fatigues de coqs égorgés pour rien pour la prospérité d'un turban qui depuis longtemps n'est qu'un amas de poussière ricanant sous la dalle pendant qu'à l'ombre d'un figuier femmes et bougies flambent pour conjurer l'oeil la malchance et le corbeau de désespoir.







Pour une amulette moi aussi j'ai troqué ma dent en or le henné de mes paumes et dégrafé mes paupières, j'ai moi aussi regardé la lune dans les yeux en buvant des bols du verbe liquide, silencieux et noir. J'ai suivi moi aussi du regard les bateaux et les cigognes qui partaient mais nous avons toutes attendu en vain et en larmes le père, le bien-aimé le fils et le frère.







Mais la ville ouvre la gueule de ses prisons les avale avec son thé et s'évente.







Mais la ville tire ses couteaux nous taille un corps sans membres un visage sans voix







mais la ville porte son coeur comme nous portons nos murs, mais la ville...







J'ai mal jusqu'à mon ombre projetée sur l'autre trottoir où mes derniers vers s'éparpillent en petits morceaux de sels opaques comme des larmes de glace.







Ma tête me retombe sur la poitrine comme un obus







vu de près, mon coeur est un lac."







-me voici à nouveau devant la mer...rachida madani-femme je suis-