dimanche 5 avril 2009

lecture pour tous








"C’est une danse étrange et nocturne dans les guichets automatiques des banques. Des feux d’artifice tirés illégalement. L’art-paysager, des travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans les Parcs Publics. Rentrez par effractions dans des maisons, mais au lieu de les cambrioler, laissez y des objets de terrorisme poétique. Kidnappez quelqu’un et rendez-le heureux. Prenez une personne au hasard et persuadez la qu’elle vient d’hériter d’une fortune colossale, inutile et surprenante - 1000 hectares en Antarctique, un éléphant de cirque trop vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de vieux manuscrits alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que durant un moment, elle a cru en quelque chose d’extraordinaire, et elle sera peut-être amenée à rechercher un autre mode de vie, plus intense.
Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les endroits (publiques ou privés) où vous avez connu une révélation ou une expérience sexuelle particulièrement satisfaisante...
Go naked for a sign.
Organisez une grève dans votre école ou sur votre lieu de travail sous prétexte que vos besoins en indolence et en beauté spirituelle n’y sont pas satisfaits.
Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publiques si rigides - le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide....
La réaction du public ou le choc esthétique produit par le Terrorisme Poétique devra être au moins aussi intense que le sentiment de terreur - de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de crainte superstitieuse, d’une découverte intuitive subite, d’une peur dadaesque - il n’est pas important que le Terrorisme Poétique soit destiné à une ou plusieurs personnes, qu’il soit « signé » ou anonyme, car s’il ne change pas la vie de quelqu’un (hormis celle de l’artiste), il échoue.
Le Terrorisme Poétique n’est qu’un acte dans un Théâtre de la Cruauté qui n’a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets, ni murs. Pour fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument se séparer de toutes les structures conventionnelles de consommation d’art (galeries, publications, médias). Même les tactiques de guérillas Situationnistes comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement trop connues et trop attendues.
Une séduction raffinée, menée non seulement dans l’optique d’une satisfaction mutuelle, mais également comme un acte conscient dans une existence délibérément belle - pourrait être l’acte ultime de Terrorisme Poétique.
Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de l’ombre dont le but n’est pas l’argent mais le changement.
Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour d’autres artistes, faites le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins durant quelques temps) que ce que vous avez fait est de l’art. Evitez les catégories artistiques identifiables, évitez la politique, ne traînez pas pour éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ; soyez sans pitié, prenez des risques, pratiquez le vandalisme uniquement sur ce qui doit être défiguré, faites quelque chose dont les enfants se souviendront toute leur vie - mais ne soyez pas spontanés à moins que la Muse du Terrorisme Poétique ne vous possède.
Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique. Le meilleur Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous faites pas prendre. L’art est un crime ; le crime est un art.
"-le terrorisme poétique-hakim bey-
Les beaux jours aidant passons donc aux travaux pratiques : sur le front de mer, au banc d'essai d'un jardin public, à l'arrêt de bus et dans son bus, dans la salle d'attente de la gare de nantes et d'ailleurs, partout ou il semble bon de le faire et t'imagines fort bien, tu "oublies" un livre et sur la page de garde tu laisses un message comme par exemple: "Ceci est un livre à la mer.
S vous le trouvez et qu'il vous plaît, savourez-le et, une fois dégusté, déposez-le dans l'endroit de votre choix.S'il ne vous plaît pas, laissez-le là où vous l'avez trouvé.
Ceci est un livre à la mer et le but du jeu c'est qu'il ne trouve plus jamais de propriétaire mais une marée de passeurs de mots.
Faites suivre !"
-grabuge-
ou bien entendu tout autres mots qui te sont chers

faire le mur
















"Les murs que les hommes dressent entre eux résistent à tout sauf au temps. Créés pour être éternels, ils ne sont que d'éphémères constructions humaines. C'est une des rares lois de l'histoire qui ne souffre pas d'exception. Pourquoi les murs ne peuvent-ils atteindre le but qu'ils se sont assignés et qui consiste à dresser durablement contre l'autre un obstacle infranchissable? La principale raison de cet échec est à mes yeux un malentendu: ceux qui construisent ces remparts pensent qu'ils accomplissent un acte de puissance, que le mur est une manifestation de la force. En réalité, il est un signe de faiblesse. La raison d'être d'un mur c'est la peur. Un mur est, sans qu'on en soit bien conscient, un pavillon que l'on hisse et qui proclame à tous ceux qu'il prétend retenir que notre camp est menacé. Le mur est une provocation car la nature humaine est de vouloir immédiatement franchir cette limite posée devant sa liberté. Sitôt son sillon tracé, Romulus vit son frère l'enjamber; Cette provocation est d'autant plus forte que le besoin même de l'accomplir est un constat d'échec. Si l'on n'a pas peur de l'autre, il n'est nul besoin de le tenir à distance. Le secours d'un mur est un constat d'impuissance. A la fois chiffon rouge et drapeau blanc. Le mur est le signe d'un combat perdu d'avance.../..." -jean christophe rufin-extrait de l'avant propos du livre d'alexandra novosseloff et franck neisse: "des murs entre les hommes" -la documentation française-










-"Quand on a le ventre à terre, on n'est pas loin d'avoir les pieds au mur." -pierre dac-





-"Ce qui est dur, c'est le mur. Savoir qu'une chose est vraie et ne pas pouvoir le prouver." -marthe hanau-





-"La liberté est dans le geste : écrire. Emprisonnés même, on peut encore écrire sur les murs, faire signe de liberté." -claude jasmin-





-"Lorsqu'un mur va s'écrouler, tout le monde le pousse." -jiang zilong-





-"Le malentendu est le mur porteur des relations humaines." -martin page-





-"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." -isaac newton-





-"Le front des hommes est fait pour se cogner à des murs derrière lesquels il ne se passe rien." -jean rostand-





-"Si vous rentrez dans un mur, n'abandonnez pas. Trouvez un moyen de l'escalader, le traverser, ou travaillez autour."- michael jordan-





-"the world's too small for walls" -parole de mur-










Les photos du mur de palestine sont de: laama, celle de l'affiche d'amnesty provient du site d'amnesty international france et celle de la couverture du livre "des murs entre les hommes" a été faite par ses auteurs