vendredi 5 décembre 2008

c'est presque rien




C’est presque rien, juste un peu de fatigue passagère, un peu de lassitude, d’envie d’aller prendre l’air si j’y suis et noyer le regard dans la révolution des vagues en humant à pleines goulées le sel intense de l’océan. Puisque je vous dis que c’est presque rien, vous connaissez cela forcément vous aussi, le besoin de mettre de la distance , en suivant les situations difficiles, pour essayer de comprendre, peut-être aussi raisonner, de sortir de l’émotion première et solliciter au fond de vous-même des ressources , que nous appellerions : anticorps, défense, et je ne sais quoi encore ? Bien sur lorsque tu prends ton quart de nuit, tu as sans doutes une certaine habitude à l’introspection, ce n’est pas de la sagesse, non, c’est juste une façon d’apprivoiser délicatement et avec méthode la solitude, l’appréhension, les doutes, compagnons de veille et les ombres furtives. Un ptit rien j’vous dis, une larmichette sur la risée des vagues, un bref soupir entre deux notes, et ptêt aussi l’idée d’aller prochainement rejoindre son oreiller qui nous connaît si bien, jusqu'à prendre forme de nous même…Mais pour l’heure , unique à la barre, il faudra maintenir le cap du navire malgré les coups de tabac, les eaux troubles, les tempêtes spontanées et celles qui se murissent au loin. Il faudra également apprivoiser nos peurs afin qu’elles deviennent des alliées fidèles, aiguiser nos perceptions et apprendre à lire dans nos étoiles, la mare au café ou le thé réchauffé. C’est presque rien, comment ils disaient déjà ? ah oui « la promesse de l’aube » les premiers balbutiements du jour, tu les connais si bien , cap à l’est ,et lorsque le ciel est lavé de tout soupçon , il t’offre et tu le sais, rien que pour toi, un spectacle qu’il ne faudra surtout pas répéter, d’ailleurs personne ou presque ne te croirait ; C’est le privilège des oiseaux de nuits chasseurs de fantômes, juste avant qu’ils ne regagnent leur nid et qu’ils ne quittent leur costume de brume. C’est presque rien dans l’ordre des choses mais à l’échelle des papillons va savoir…




"Nul ne peut atteindre
l‘ aube sans passer par
le chemin de la nuit"

-Khalil Gibran- -illustration: "l'aube"-sculpture de françoise naudet-

jeudi 4 décembre 2008

le life ou quand on se prend l'helvetie pour une lanterne







Mais qu'est ce que j'apprends ce matin dans la dernière fournée de notre quotidien régional, les élus verts nazairiens seraient "choqués" par la nouvelle expo "plages d'hiver" visible en ce moment même dans le haut lieu de la culture cheap locale -the life- Alors, voilà donc le problème- la dernière création d'art contemporain qui nous vient de suisse (il faut le savoir c'est une constante dans l'art contemporain ça vient toujours d'ailleurs) par l'intermédiaire de son créateur, architecte plasticien et à la bonne heure (normal c'est suisse) donne des boutons à nos écolo-caux habituellement bien disciplinés parce que le concept (c'est comme ça qu'il faut dire) prévoit de chauffer la base sous-marine à 28 degrés- Effectivement, en sachant que ça va durer jusqu'au 11 janvier on a de quoi s'inquiéter, nous autres contribuables pour la facture d'électricité; Ah mais voyons, les gars, quand on aime, on ne compte pas! il est vrai que jusqu'à présent les délires créatifs et dépensiers de notre avant-garde culturelle nazairienne n'avaient pas ému, outre mesure les élus verts! mais là trop c'est trop tabernacle! sous prétexte de nous la jouer paris plage version nazairienne, on se noie dans une orgie de calories alors qu'à l'échellon de la planète, on se pose de plus en plus de questions sur les réserves énergétiques, la pollution etc et, (mais là c'est moi qui le dit) en période de froid où de plus en plus gens n'ont pas le moyens de se chauffer, le concept -de gauche bien sur- est dur à digérer; moi j'ai pas de conseils à donner, mais au même titre que j'avais suggéré à nos anciens surchauffés d'aller s'essayer en été, les ventilateurs du grand-café, on pourrait tout autant proposer aux sans domicile fixe nazairiens et plus largement à toutes les personnes ne pouvant pas se payer leurs factures de chauffage, d'aller investir jusqu'à la mi-janvier les plages virtuelles de la base sous-marine (en plus ils fournissent les serviettes) . Mais donnons la parole au directeur de ce magnifique lieu de création contemporaine- monsieur wavelet - je cite bien sur :" .../...on ne peut pas laisser l'art contemporain être pris en otage au nom de stratégies politiques.../..." Absolument d'accord c'est comme la misère et la culture en général non? quand à notre adjoint chargé de la culture monsieur provost, il précise-toujours dans ouest france- et sans donner de chiffres, que d'habitude on chauffe l'endroit à 22° et que le surcoût est minime- mais heu! 22° ??? moi je croyais qu'il fallait chauffer à 19- pour pas gaspiller- Ah !mais ptêt qu'ils sont frileux les gars, va savoir coco ... je précise pour conclure, que les photos faites par mézigue qui accompagnent le sujet n'ont bien sur aucun rapport avec l'affaire, c'est juste comment dire "conceptuel" ben tiens je vais me gêner...