mardi 10 juin 2008

ici c'est étroit sur l'homme





























"Ici c'est étroit sur l'homme; dans les avenues ouvertes, je soupire après la côte si belle dans son habit de lande, comme une petite île rongée par les vagues, mon coeur est là-bas dans les mâchoires de la mer. Loin là-bas, cap à l'occident, si vous voulez aller, de l'autre côté des montagnes et des côtes agréables, oh! vouv verrez peut-être, étranger heureux, le pays où est mon coeur, le pays qui m'a enfanté. O îles de la Grèce, îles de la Grèce, aux jardins si riches, au soleil éternel, entre toutes les îles vous êtes renommées, et les harpes d'or de mille poètes vous ont louées par le monde. Et cependant jamais je n'ai désiré aller vers vous. Vivre en vous je ne pourrais ni pour argent, ni pour or, car mon coeur est là-bas dans les pauvres archipels, où l'on entend parmi les roches le saint langage des Celtes ! " -jean-pierre calloc'h














"Y'a la nature qu'est tout en sueur dans les hectares y'a du bonheur C'est l'printemps Y'a des lilas qu'ont même plus l'temps de s'faire tout mauves ou bien tout blancs C'est l'printemps Y'a du blé qui s'fait du mouron les oiseaux eux ils disent pas non C'est l'printemps Y'a nos chagrins qu'ont des couleurs Y'a même du printemps chez l'malheur Y'a la mer qui s'prend pour Monet ou pour Gauguin ou pour Manet C'est l'printemps Y'a des nuages qui n'ont plus d'quoi on dirait d'la barbe à papa C'est l'printemps Y'a l'vent du nord qu'a pris l'accent avec Mistral il passe son temps C'est l'printemps Y'a la pluie qu'est passée chez Dior pour s'payer l'modèle Soleil d'Or Y'a la route qui s'fait nationale et des fourmis qui s'font la malle C'est l'printemps Y'a d'la luzerne au fond des lits et puis l'faucheur qui lui sourit C'est l'printemps Y'a des souris qui s'font les dents sur les matous par conséquent C'est l'printemps Y'a des voix d'or dans un seul cri c'est la Sixtine qui sort la nuit Y'a la nature qui s'tape un bol à la santé du rossignol C'est l'printemps Y'a l'beaujolais qui la ramène et Mimi qui s'prend pour Carmen C'est l'printemps Y'a l'île Saint-Louis qui rentre en Seine et puis Paris qui s'y promène C'est l'printemps Y'a l'été qui s'pointe dans la rue et des ballots qui n'ont pas vu qu'c'était l'printemps"-c'est le printemps-léo ferré-














"J'irai vers un rivage où ne saurai plus si la mer est en moi ou si c'est elle qui vient blanchir ses vagues à mes pieds. Mais elle sera là, inhumaine et superbe, acéphale et souveraine; Elle s'étendra comme s'étend la lumière, se retire, m'indiquant une dernière fois la possibilité d'une alternance intérieure et de grandeur et d'immobilité. J'entendrai, dans les gouttes dernières, expirer sur le sable depuis le lent sommet des vagues, des sonorités de mouvement et comme de lumière. Et sur le sable au soleil des perles brilleront d'un vague regret des eaux; ce seront mes couleurs." - alain coêlho-
Elle tient du paradoxe cette langue de terre, aussi salée que les larmes contenues des compagnes de marins quand une fois encore il faudra qu'ils s'en aillent, leurs hommes, vers d'improbables et aléatoires trésors; car elles savent bien , derrière le masque creusé de leur dignité, que l'océan réclamera, encore et toujours, son tribu. L'histoire est ainsi faite et écrite à jamais dans la douleur, la souffrance et la liberté conjuguée par tous les temps. Elle tient du paradoxe la terre bretonne quand les rêves voyagent, au bout du quai, par procuration, tandis que le corps cultive, s'enracine et s'exalte sur une certaine idée du monde, celle qui veut qu'on y revient toujours si l'on peut, ici ou là qu'importe, mais toujours à portée de marée.