samedi 16 février 2013
de façade
"La façade d'une maison n'appartient pas à son propriétaire mais à celui qui la regarde."
-Proverbe chinois-
"Les vrais mobiles de nos actes ne sont-ils pas souvent dissimulés derrière une façade d'autant plus facile à ériger qu'elle répond à une nécessité instinctive."
-Pierre Charbonneau-
"Que signifie notre équilibre de façade? Bien peu de choses."
-Jaan Kross-
"neutralité de façade"
vendredi 15 février 2013
juste un peu
"J'embrasse l'univers
La monotonie des jours s'évanouit
Je m'éloigne, épuisé par ma vision
Devenu serviteur d'instants fugaces
évalués à l'aune des sens
refuge futile des noceurs
freins subtils à la ferveur
A chaque degré franchi, je me rapproche des cimes
Mais les terrasses offrent toujours le même horizon
Et les gradins tous semblables, mènent à un azur inaccessible."
"Il ne convient pas de demander à l'ange son chemin
ni de lui parler de soi-même
ni de bousculer ses évidences
mais il convient de lui ouvrir son coeur
dans les arcanes de la confiance et les secrets de la conscience
Il ne sied pas de laisser s'enliser les songes
dans la rumeur de la révolte et l'écho du regret
Mais les tresser, les tisser, les élever
Voilà la voie"
extraits de: "La peau et autres poèmes" -Jean Métellus-autour du monde Editions Seghers-
"Pourquoi des conversations? Pourquoi tant d'échanges de paroles des heurs durant? On revient s'appuyer sur un environnement proche et avec des proches s'entretenir de proches, afin d'oublier l'Univers, le trop éloignant Univers, comme aussi le trop gênant intérieur, pelote inextricable de l'intime qui n'a pas de forme."
"Va, tant qu'il est possible, jusqu'au bout de tes défaites, jusqu'à en être écoeuré. Alors, la magie partie, les restes - il doit y en avoir- ne t'abîmeront plus. Voilà comment en sortir, si tu veux en sortir. Si tu y tiens vraiment. Saturation. Avant, tu ne peux rien de définitif, ni par la contemplation ni par la critique. Et après, quasiment plus de problème."
"Certains restent en vie seulement par timidité. L'effort nécessaire pour mettre fin au souffle, au sempiternel battement du coeur, à tout ce qui en soi persiste à durer serait si grand, et si péremptoire la décision qu'elle serait comme venue d'un autre, d'un de ceux-là même précisément faits pour la vie et ses entreprises et pour y demeurer le plus longtemps possible. Ce serait in extremis changer de personnalité, la détruire et soi en plus."
extraits de:"Poteaux d'angle"-Henri Michaux-Editions Gallimard-
ça eut payé
mais...
jeudi 14 février 2013
la parole flottante est au crépuscule
"Faire sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule.
.../...du premier au dernier souffle
la parole ne t'appartient pas
blessure
blessure
d'un dieu en exil.
tu parles
avec le sang de la voix la plus vive
de la voix contre la mort
de la voix pour vider les ténèbres
tu parles
en l'infini parlant
éclosion amoureuse
éclosion perpétuelle
tu parlers
jusqu'au bonheur de l'opaque
jusqu'à la force de l'énigme
jusqu'aux larmes internes
fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule
comme si l'on ne pouvait
éclairer l'autre
que par sa propre obscurité
tu viens réveiller
notre chair de souffle
mettre au jour
le verbe ouvert
au fond des infinis
t'enfoncer
dans la chair de la langue
la désenfouir
comme une offrande
avaler
ses bouchées de silence
viens dire
ce qui nous laisse sans voix
parleur de silence
viens
gravir d'autres étés
capter le monde
comme une pentecôte continue
viens chercher
les amandes
viens chercher les lucioles
dans la nuit des morts
dans la nuit des morts
parle
au coeur de cette brèche
où nous saisit un souffle blanc
fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule
viens dire et redire
le la
d'un corps vide et lumineux
qui marche au coin des rues
qui marche au coin des mots
capter toutes les spirales
du vertige
par-dedans
au vif du feu
dans le bois sec
au vif du feu bleu
au plus intime du séisme
dans le silence tremblé
de ta stupeur
à l'écoute
du big-bang incessant
de la parole
viens
rassembler
convoquer le monde entier
à l'intérieur d'un seul mot
fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule
n'importe qui
met son âme aux enchères
sur des écrans flottants
mais tu avances
avec ce qui voit en nous
un secret d'errance
l'inouï du chant
malgré
les vents de cendre sur la neige
un oracle
dans la forêt des morts
mais tu avances
innombrable et nu
inlassablement fidèle
à ton égarement
tu avances au coeur de la voix
vivante et vive
tu aimes
tu sèmes
tous tes mots de passe
.../... "
extrait de: "Le désespoir n'existe pas"-Zéno Bianu-Editions Gallimard
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Trop Poly pour être honnête
document: Philippe
]]]]]]]]]]]]]]]]]]]}}}}}}}}}}}}}}}
Une famille de docker s'apprête à accueillir des cousins siciliens. éclate alors un drame de la passion. En jeu: la condition des travailleurs clandestins, les sentiments incestuels, la tragédie
source:
L'ASTROLABE44

lundi 11 février 2013
L.A. Women
LES RENCONTRES DE SOPHIE
00000000000000000000000
Tambours à Nantes édition d’hiver, samedi 16 février sous les Nefs de l’Ile de Nantes.
Leïla Bounous
Calypso Parade
ETC...
000000000000000000000
Z'AU PROGRAMME
ELODIE RAMA
"Battements de coeur pour duo de cordes" par la compagnie Théâtre Nuit
"Quatre filles dans le vent, chansons collectives"
avec:
Delphine Coutant
Chloé Cailleton
Liz Cherhal
Line Tafomat
papi papo
Le pape démissionne.
C'est pour le 28.
Le jour de la Saint-Romain.
Le pape,
de Rome,.
Ils sont forts ces Romains.
Selon des sources occultes, il voudrait se marier.
Selon des sources mal informées
il ferait des en-
vieux.
Selon des source vaticanes.
C'est trop mal chauffé
Un pape de parti
...
Habemus papam
dimanche 10 février 2013
goutte à goutte
Dimanche au goutte à goutte
L'humide et sa vertu.
Dedans
pour fréquenter
l'en dehors
du dedans.
De l'autre côté,
version
latine
Un jour,
forcément,
peut-être.
Avant d'attraper
la goutte
plein vol
ou s'imaginer,
goutte au nez,
en printemps docile.
Vous voulez que je vous dise.
De ce temps là, on ne sait pas comment s'attifer
Femmes à guitares
femmes
à...
Heu!...
guitares
vendredi 8 février 2013
juste, pas se brûler les doigts
"Tous, nous sommes plusieurs, à l'intérieur.
L'esprit humain n'est pas d'une seule pièce,
ce serait plutôt un groupe,
une équipe, avec ses bons joueurs,
ses mauvais joueurs,
ses gagnants, ses perdants.
Le capitaine et ses sbires, si tu préfères.
L'ensemble ne fonctionne que par consensus donnant à la bonté sa place stratégique.
Mon capitaine est une brave femme, enjouée, le coeur sur la main.
Ses sbires sont envieux, possessifs, agressifs, je les imagine nuée de passereaux faisant voile de mariée à l'arrière de ma tête- un voile de ténèbres.
.../..."
-extrait de":Grâce" de Delphine Bertholon- Editions JC Lattès
Les bibliothèques sauvages
" Il y a un an, jour pour jour, j'ai descendu tous mes livres dans la rue: des centaines, des milliers de livres. Chez moi ils couvraient tous les murs, avec les années ils avaient gagné du terrain, ils étaient devenus une seconde peau grenue, un lichen en relief, tapissant les moindres recoins de l'appartement, jusqu'aux murs des toilettes, de la cuisine, du couloir;
Jusqu'ici, je pensais être in capable de me débarrasser d'un seul de mes livres, il suffisait que j'en prête un et qu'on tarde à me le rendre, j'en étais physiquement malade, je ressentais un vrai manque, comme si un de mes enfants-de papier- m'avait été ôté.
Je me souviens de ce vieux livre de Jean-Henri Fabre, une somme sur les insectes, emprunté un soir par une amie Bénédicte à mon corps défendant, elle l'avait gardé deux longues années, deux années où il me manqua presque chaque jour, comme un doigt coupé. Mon soulagement le jour où elle me le rendit enfin, la sensation de bien-être en le replaçant dans la bibliothèque du couloir, mon plaisir chaque fois que j'ouvrais la porte de l'entrée, en retrouvant son dos large recouvert de tissu ocre, sur lequel s'étalait un grand scarabée noir. Et c'est celui-là même qu'en ce matin d'été, je venais de déposer dans la rue, entre Vie et Destin et L'Ecume des jours, dans une bibliothèque sauvage, improvisée, rue de Franche-Comté.
Etais-je la même?
Etait-ce bien moi, qui faisait celà?
C'était lourd, les livres, chaque jour - matin, midi et soir-, je les mettais dans un panier, et je les disposais dans le creux des fenêtres de l'école d'en face.
Six fenêtres larges et profondes, rectangles évidés à même le béton, des bibliothèques naturelles, idéales, à croire que leur béance horizontale n'attendait plus que mes livres. Un grillage protégeant les carreaux permettait de les appuyer, sans craindre d'abîmer le verre. L'artisan l'avait fait exprès: mes livres étaient attendus.
Je les disposais avec soin, avec amour, choisissant chaque titre, un thème par fenêtre: Chine ancienne, romans libertins, éditions rares du XVIIIe siècle, incunables, science-fiction, récits de voyage, essais, histoire contemporaine, poésie, anthropologie, beaux-arts, gastronomie, surréalisme...Chaque thème, chaque mini-bibliothèque de la rue: un pan de ma vie.
J me gardais bien de les tasser, afin que chaque passant et passante, ralentissant, puisse faire son choix aisément: un cadeau à un ou une inconnu(e), qui ne saurait jamais qui avait déposé ces livres ici, à son intention, et c'est très bien ainsi.
Cet été-là, il a fait très beau, il n'a pas plu pendant des semaines, une chance, sinon mes livres auraient été transformés en pâte à papier.
J'ai descendu une première fournée, j'avais commencer par vider les rayonnages du couloir, que mon ex-mari avait installé une dizaine d'années plus tôt, un peu avant que nous nous séparions. Des planches en bois brut, étroites, que j'avais tapissées de papier de soie rouge et décorées de petites photos d'écrivains: Maïakovski achevant d'écrire Le Nuage en pantalon; Desnos roulant des yeux blancs, halluciné; Peter Fleming en Asie avec Ella Maillart, fumant la pipe; Jack London debout sur son bateau, sourire heureux et regard ravagé...
Une fois les livres disposés dans les bibliothèques sauvages, je me suis mise derrière le rideau, avec mes jumelles, et j'ai regardé.
La première personne qui s'est approchée
-il était tôt, j'avais commencé à vider les rayonnages du couloir à cinq heures, j'ai toujours aimé me lever avant tout le monde, les choses les plus difficiles, je les accomplis aisément, si je me lève avec le jour-,
marchant droit vers eux, traversant la rue, même, pour aller les voir, d'un pas décidé, ce fut une jeune flic blonde, bien balancée, avec flingue, menottes et matraque au côté, de belles fesses rondes et musclées, les épaules larges. Ses menottes brillaient dans le soleil du matin.
Aussitôt, je suis descendue, l'air de rien, faisant mine moi aussi d'examiner distraitement ces livres que je venais d'abandonner comme des nouveaux-nés sur les marches d'une église, ces livres qui déjà n'étaient plus les miens: je voulais voir lequel d'entre eux la femme flic allait emporter, comme si son choix allait décider de mon destin.
Elle a feuilleté Le Cul de Judas, d'Antonio lobo Antunes, examiné un Serbananco que j'avais ramené de Vancouver- un inconnu l'avait laissé dans un débarras-, elle l'a reposé, elle a ouvert Encore heureux qu'on va vers l'été, de Christiane Rochefort...Elle est repartie avec, marchant d'un pas léger sur le trottoir ensoleillé, dansant presque, le petit livre rouge à la main frôlant les menottes scintillantes.
Je suis allée au café pour fêter ça, ce n'était pas si difficile le don des livres, il suffisait de commencer; j'étais heureuse qu'elle soit partie avec celui-là, la femme flic: je l'avais lu avec un homme, dans un train, entre Nantes et Bordeaux, un hiver, il m'avait donné bien du plaisir, j'espérais qu'il lui en donnerait autant. Quand je suis sortie du café, la moitié de mes livres avait disparu des bibliothèques sauvages;
Deux heurs plus tard, il n'y en avait plus ou presque, seule restait La Nonne militaire d'Espagne, de mon cher Thomas de Quincey, mon opiomane préféré, gisant sur le flanc, oubliée, délaissée...Du coup je l'ai ramenée à la maison.
Ensuite ça n'a pas arrêté, ça m'a pris tout l'été."
.../..."
extrait de:"Ma vie précaire" Elise Fontenaille
- Deux minutes de l'Histoire (corollaire et déduction)
par Serge
jeudi 7 février 2013
pas de temps perdu
Tout de suite,
maintenant,
là.
en trois secondes
déjà dépassées -virgule comprise-
par les évènements suivants,
qui rappliquent
sans qu'on leur demande.
L'instant est amovible
et à personne d'autre,
et c'est bien ce qui le fragilise.
A la merci
du suivant.
L'instant a une image trouble
de lui-même.
passant du chiqué
au cliché.
D'un vide
à l'absolu.
De l'illusion
à l'éternité.
Vrai mensonge
et contre-vérité.
Oubli et passion
Relâchement, disparition...
Ne jamais dire: Toujours.
Mais pas de risque
que cela arrive:un jour,
le temps est trop absorbé
Les autres histoires sont tellement proches
qu'on ne les connait pas
mercredi 6 février 2013
on ne peut pas la taire
"La mer
on ne peut pas la taire
car les mots sont de terrestre nature,
faits pour dire les choses de la terre,
non celles du ciel et de la mer!
En dehors de moi, la réalité,
en dehors de la réalité, la mer,
tapis bleu de l'au-delà!
La mer face à laquelle
la réalité
sent le renfermé!
L'horizon est aussi loin, aussi
inaccessible que le fond de mon esprit!
/.../
Tant de vagues, tant de vagues...des oui, des oui,
des millions de oui à tout!
La mer pleine d'atrocités intimes
et d'invisibles beautés,
la mer pleine de peuples embryonnaires!
/..../
La mer, grande réserve
de choses impossibles
où il sera toujours possible
de tout puiser!
La mer remplie de nuits liquides,
nuits des nuits plus obscures
que le fond du cosmos
avec pour étoiles les yeux
des requins et des pieuvres!
La mer, délire du Verbe,
avec ses poissons au nom latin
et ses abysses au profond des abîmes,
la mer riant de toutes ses vagues
à la face des rocs!
photos:Chantal
/.../
Je divague
et la mer extravague,
prête à chaque instant à tout dire.
Mais elle ne dit immensément,
vertigineusement
rien.
.../...".
extraits de: "Le cimetière marin" de Henri-Frédéric Blanc
Mise au ban par fvignale
photo: Odile
/.../ "Plutôt que de courir après une carotte qu'on n'attrapera que pourrie (ou la carotte sera encore bonne mais on n'aura plus de dents), le mieux est de glisser sur une peau de banane et de tomber dans les bras de l'inespéré. Se livrer aux caprices du hasard, en quelque sorte;
Le hasard est bananoïde
-"La théorie de la paella générale"- Henri-Frédéric Blanc
mardi 5 février 2013
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