vendredi 7 janvier 2011
j'étais
"J'étais polaire, j'étais une mort
J'étais le grand courant, les principes.
J'étais le faisceau rouge, la vallée.
J'étais le vent et les paillettes.
J'étais des écritures, le fond d'une caverne.
J'étais des agitations, du soleil,
j'étais des formes de vie, des éléments, des surfaces, des mondes.
J'étais la petite musique, l'inédit.
J'étais un vieux chien.
J'étais la rosée, un temple, du cristal, une fleur magique.
J'étais un nom.
J'étais une halte dans le silence.
J'étais le hasard de la vie.
J'étais un rêve dans un rêve,un lieu d'éternité.
J'étais le labyrinthe du coeur.
J'étais le temps mouillé, des regards, une personne.
J'étais le lichen, les rochers.
J'étais la lutte, l'immensité.
J'étais seul et voilé dans les ravins de lune.
J'étais serpent, gardien de la pureté.
J'étais la peau tendue, les mains, les sons, les écumes, les transes sauvages.
J'étais une lettre mystérieuse effacée sur une pierre.
J'étais un inconnu marchand vers le nord.
J'étais parmi les cris.
J'étais dans les images.
J'étais la cendre d'un feu de plaine.
J'étais une pente.
J'étais une rage soudaine.
J'étais un déferlement barbare, dévastateur.
J'étais des voyages.
J'étais des ponts.
J'étais des escales.
J'étais des bruits.
J'étais du sang, une chaleur divine, un animal.
J'étais quelqu'un sur une table d'urgence, oublié;
J'étais un caillou roulé depuis la mer;
J'étais un arbre arraché à l'horizon, jaune.
j'étais un peintre, les pays baltes.
J'étais un nombre étrange.
J'étais résonnance, atome.
J'étais un cavaleir noir brulant les infidèles.
J'étais un vieil homme avec un violon.
J'étais une tache de lumière sur une table.
J'étais une main qui travaillait.
J'étais un aveugle cherchant une rue.
J'étais des femmes, des apparitions, des pensées.
J'étais un mur blanc avec des odeurs de pain.
J'étais la rumeur, l'escorte d'un prisonnier.
J'étais enfui.
j'étais une maison, la vie des gens.
J'étais un champ avec des cavaliers fantômes.
J'étais un vol brisé, une chute, une promesse inestimable,inaccomplie.
J'étais une espérance, une lucidité, un pari.
J'étais irrespirable.
J'étais ce que la flamme est à la bougie.
J'étais porté disparu.
J'étais le fruit dans un fruit.
J'étais un partisan de l'univers.
J'étais un nomade assis près d'un chameau.
J'étais une figurine imaginaire tracée par des mains hésitantes.
J'étais l'enfant dansant son agonie sur les sables de l'infamie.
J'étais un des pas de la malédiction.
J'étais des rendez-vous.
J'étais des plantes miraculées.
J'étais la poussière tombée des icônes.
J'étais des rencontres.
J'étais des langues savantes, inusitées.
J'étais un tunnel.
J'étais des espaces grandioses, inaccessibles.
J'étais debout parmi mes frères.
J'étais aux origines du monde.
J'étais les fugitives présences qui passent.
J'étais les appels.
J'étais les ombres muettes.
J'étais le froid dans un homme qui s'approche du feu.
J'étais la pluie sur un visage.
J'étais l'histoire de quelqu'un.
J'étais l'ignorance.
J'étais étalé et coupable.
J'étais visité.
J'étais la nuit, une antilope, un piège.
J'étais un retour.
J'étais la route, l'or, les terres lointaines.
J'étais les crabes, l'océan indien.
J'étais une cérémonie, une clairière.
J'étais ce qui se débat loin de nous.
J'étais des questions.
J'étais le pierres blanches, immaculées.
J'étais les expériences, les résultats, les solutions.
J'étais une souffrance et des animaux qui venaient boire.
J'étais l'ennui, les planètes.
J'étais ainsi."
Yves Buin-"Quelqu'un"-Orphée Studio-"Poésie d'aujourd'hui à voix haute" Editions NRF Gallimard.
un vendredi au panier plein
C'est le jour du grand marché. Bon, d'accord il est ptêt pas aussi couru que celui du dimanche mais question produits de la mer, c'est sans doutes le plus fourni. Et maintenant que nous avons les fêtes dans le dos, on peut supposer que comme par magie le prix des dormeurs- (tourteau en parisien) et autres friandises maritimes va baisser. Dame!on connait tous le principe de l'épicerie globalisée: on appelle ça en langage cravaté: rapport de l'offre et de la demande et en moins FMI correct: comment se faire un max de tunes à la saison des pigeons. Tout ça pour dire que ces dernières semaines je n'achetais plus que des pétoncles-qui sont comme chacun sait de la famille des bivalves pectinidés ("Oh l'autre comme il se la pète"-le claviste de janvier de la famille des clovisses) mais comment dire? heu! en plus rase-motte, discret et tout aussi bon que la Saint-Jacques mais... nettement moins cher.
Oui, je sais bien que le poissonnier va vous raconter que c'est vraiment pas de pot car juste pendant les quinze jours de la période des fêtes ( et comme chaque année) il a fait mauvais, les bateaux n'ont pas pu sortir à cause de l'aquilon le zéphyr et truc muche.
En ce qui concerne la famille des crabes et cie ça fait doucement rigoler quand on sait que leurs revendeurs ont tous des viviers et que donc le bestiau qui vous fait de l'oeil avec ses ptites papattes sur la glace abandonnée (De l'oeil avec ses pattes? faudra m'expliquer-claviste circons-pet), il sort tout juste de son jardin d'acclimatation où il s'ébattait avec ses potes pas plus tard que ce matin avant d'aller faire un tour en camionnette.
Autre saison pour les amoureux des prix gonflés: l'été et sa clientèle de touristes visitant le rayon qui fleure bon la marée comme un parc d'attraction et pour la peine et sans le savoir devant s'acquitter du prix de l'entrée...
M'enfin passons...
Surtout que... je n'avais absolument pas prévu d'entamer ce genre de conversation ce matin avec vous mais.. euh ....On , ou plutôt MOI puisque je peux pas parler non plus pour tous mes confrères bipèdes , ça serait un poil prétentieux...bref j'suis pas toujours responsable des idées du genre loup-phoque ou un con(g) gru (vaut mieux que deux..) qui me traversent l'hémisphère gauche (le droit étant actuellement fermé pour travaux).
Qui a dit" c'est fatiguant de me suivre?"
Ah vous trouvez vous aussi? c'est marrant je me fais souvent la réflexion ...
Non, moi ce matin je voulais juste causer en passant de la prochaine visite sur nos terres immergées du camelot de la raie publique, l'épicier en chef (ça y est c'est bon pour le lien? -épicerie, marché , crevettes..) Un mec qui serait capable de vous démolir la retraité en 35 heures ou de vous faire croire que vous gagnez plus alors que c'est lui qui s'augmente régulièrement ses frais d'intendance tout en bricolant avec ses potes vos fiches de paie du côté des prélèvements, bel et bien les seuls à augmenter...
Donc je lis aujourd'hui même dans ouest trans- que le clone du père noël va revenir fin janvier ou début février (Eh Oh! il a pas que ça à faire le roi du monde et de sa périphérie) pour sans doutes tirer de son chapiau et devant nos regards z'émerveillés quelque paquebiau qu'il nous pose régulièrement comme un lapin mais en plus gros!
Serait-ce qu'il a eu des nouvelles de son pote campeur et boute en train des sables qui devait nous disait-on acheter un gros bateau (comme alibi?). ("Ah ça y est j'ai compris: à Libye...hu!hu!hu!..misère!" -claviste soupirant)
A moins que il n'ait dat-chaté avec son autre pote judoka des steppes qui devait lui aussi s'en payer une tranche de: "joue moi de l'hélico".
On remarquera d'ailleurs en passant que notre glorieuse cité ouvrière et toujours de par sa riche histoire, à la pointe des luttes sociales pour l'émancipation de ... et j'en passe fraye avec le top de la démocratie planétaire. Attendons donc avec impatience et pendant qu'on y est la construction d'un futur navire coréen du grand chnord!, quelque rafiot pour la chine pop ou encore des barges made in Tunisie, Maroc ou Algérie. Faites vos jeux messieurs dames y'en aura pour tout le monde.
Mais, qu'apprenais-je dans le poste ce midi? que le cac 40 ne s'était jamais si bien porté et pendant que ça licencie, délocalise et exploite à qui mieux mieux le prolo ou ce qu'il en reste les dividendes du grand capital propre sur lui (mais pas dessous) avait amassé -un record- quarante milliards d'euros de dividendes. (logique CAC 40 quarante milliards, à quand le CAC50?)
Mais c'est qu'il va être content le n'actionnaire ! il paraitrait d'ailleurs que les plus généreux avec leurs puces seraient France-Télécom! Et vive le sévice -ex-public!
J'espère que pour la peine, ceux qui toucheront la tune sans rien glander penseront à acheter une gerbe en mémoire de tous ceux qui se sont suicidés dans cette vénérable et si humaine entreprise.
Fermez le ban.
Et pisqu'on est dans les gros sous et tout ce qui va bien avec, le mensuel "Bretons" et vannetais nous signale dans sa dernière parution de janvier que, je shit: "selon les chiffres de l'insee publiés en décembre les communes les plus riches de Bretagne seraient Vannes et Sautron. Vannes (Morbihan) aurait ainsi 1,52% de sa population soumise à l'ISF et serait donc la ville de Bretagne qui compte la plus forte proportion de riches parmi les 17 villes de plus de 20 000 habitants; Sautron (Loire-Atlantique) serait la ville où les revenus sont les plus forts avec -en moyenne- 3586 euros par mois par ménage."
jeudi 6 janvier 2011
derby breton
"Rennes en chanson" une exposition du musée de Bretagne retraçant l'histoire de la ville à travers sa culture musicale populaire-du 18em siècle à aujourd'hui-
jusqu'au 13 mars
plus d'infos------------------------------------
SOIRÉE CURIEUSE #2
chez grand LU
"L’association fête ses 5 ans d'activisme,
de diffusion et d'organisation d'évènements. Avant de vous prosterner et d'user vos genoux devant le REVEREND BEAT-MAN
en écoutant sa voix psychotique,
THE LONGBOARDS vous aideront à surfer entre les vagues et URBAN JUNIOR martèlera de son pied droit ses rythmes bibliques. Le tout commenté en direct par
les dessins de CECILY et QUENTIN FAUCOMPRE, dirigés d'une main de fer par TERREUR GRAPHIQUE, les images vidéos psychédéliques de nos vidéo-jockeys, CHARLIE MARS et A-LI-CE. Avec aussi PIERRE MITCHUM et ses ponctuations musicales... " (source lieu-unique)
Ven. 14 janvier à 20h30
de 8 à 12€ EN SAVOIR PLUS
mercredi 5 janvier 2011
indignité ou indignez-vous?
Serge, collaborateur, décorateur, polémiste et ami m'envoie un lien pour accéder à un texte de monsieur Bilger "blogueur associé" chez Marianne2. "Il est méchant avec le papi mais il a des arguments à entendre" dixit Serge
Sous le titre: "Indignation:"Il est urgent de refroidir les délires" Philippe Bilger nous livre donc son point de vue sur le le livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous"et vous l'aurez compris...ben il n'a pas aimé, d'ailleurs il termine son" homélie" par un "Ne vous indignez pas".
Alors, , présentement, et comme personne ne me l'a demandée... voici à mon tour, ma modeste contribution à l'affaire du Landerneau du moment.
Bien sur et forcément et c'est aussi la rançon de la société du spectacle et démocratie conjuguées (et j'en sais modestement quelque chose..) que d'essayer de voler comme un canard sauvage "à contre courant"
Seulement, cette démocratie dont on nous rabâche les oreilles pour bien les replier la nuit en nous expliquant de façon pédagogique et moralisatrice que c'est bien parce qu'on y est qu'on peut la critiquer gnagnagnan, et que, allez donc voir en Chine ou Corée ou...si j'y suis!
Elle n'est ptêt au sens grec de l'agora qu'un ersatz de ce qu'elle voulait dire...et dans la mesure où elle est confisquée en permanence par nos juges (politiciens, économistes, curés, psys et cie) qui nous demandent gentiment -voir plus si affinités- de nous tenir tranquille et la bouche pleine, on devrait plutôt lui substituer son véritable nom dans le sens aristotien du terme à savoir: "oligarchie" que l'on a un peu vite et exotiquement refilé aux russes-parce que cela nous arrangeait bien...Seulement le pouvoir au service de quelques-uns c'est pourtant ce qu'on nous fait avaler dans les décrets, lois, modifications constitutionnelles, arrêtés, conférences, traités et j'en passe...A qui profite tout cela? pas au peuple cela se saurait! et même s'il est grandement abruti -merci pour lui, on n'a pas encore réussi complètement à lui faire croire que -par exemple-la privatisation des services publics, l'augmentation du prix des produits manufacturés, des énergies, la baisse continuelle jusqu'à extinction prochaine des acquis sociaux, le déni de son droit de vote (constitution européenne) etc etc était pour son bien.
alors Démocratie? Yes sir! Pour l'attaque des moulins à vent mais attention, faut pas trop l'ouvrir non plus -et vive l'auto censure- sinon on nous enverra rapidement et poliment l'attirail répressif branché et...démocratique en diable...
Moralité: Dormons bien
"ON" s'occupe de tout...
Alors voui! "Papi" il s'appuie sur le passé pour regarder le présent, il est plein de bons sentiments, il enfonce peut-être quelques portes entrouvertes... que sais-je encore... N'empêche que... je préfèrerais tellement voir des gens dans son style à tête des instances internationales , plutôt que des épiciers, magouilleurs et mégalos,
mais voilà, c'est juste qu'il me reste encore le droit de rêver...
Au fait, je le trouve très digne "le papi" pas vous?
mer et bd
MER ET BD
-une expo rassemblant 80 auteurs aussi bretons que belges autour du thème de leur mer dans un cadre ô combien breton, maritime et décoiffant puisqu'il s'agit -s'il vous plait- du phare de Penmarc'h (Finistère) à la pointe du même nom et au pays du -trois en un- puisqu'on en trouve en effet trois , de trois époques différentes, presque côte à côte et par ordre d'apparition dans le paysage: "la Vieille Tour", "Penmarc'h" et "Eckmühl"L'exposition est visible jusqu'au 13 mars
Contact :Vieux Phare
Rue des Naufragés du 23/05/1925
29760 Penmarc'h
et pour le concert du Nouvel An, Yves nous propose sa "Valse des Phares"
ET...
-un-deux-trois-un-deux-trois-
des bijoux pour les porcs ......

Voila un casse qui va refiertériser la crête de notre coq mascotte :
un casse ni casher ni hallal, un casse bien de chez nous. Un casse
qui fleure bon le terroir, ça aurait presque senti l'Auvergne si
ils avaient été plus nombreux
Trois sangliers «attaquent» une bijouterie !!!!!!
lire l'article en cliquant ici.....
-Serge-
nécropolis 1209
'J'ai lu et lu, sautant d'un livre à l'autre, et comme cela m'arrive souvent, j'ai fini par relire les vers de Gil de Biedma et des passages de Graham Greene, deux ou trois débuts de Cortàzar et des vers de Leôn de Greiff, le grand Leôn, qui eut le courage d'écrire:
"Madame la Nuit, accorde moi le sommeil.
Que ma fatigue dorme très longtemps
Et moi avec elle
(Oh! Nuit! Dormons pour toujours:
Que Demain ni jamais on ne vienne nous réveiller!)
Et j'ai continué ainsi, livre après livre, phrase à phrase, d'Epictète à Les Murray, de Musil à Panaït Istrati, de Bufalino à Malraux, parfois un seul paragraphe ou une phrase, et, repensant au genre biographique, je sortis des étagères le Primo Levi de Ian Thomson et le Charles Bukowski, une vie de fou, de Howard Sounes, la vie du pauvre et solitaire Bukowski, sa monstrueuse acné-plus forte que la mienne qui a peuplé mes joues de cratères-, son alcoolisme et son amour pour les coins sombres des bars, les gens désespérés, et le temps passa jusqu'à ce que le ciel de Rome commence à se charger d'ombres et de terrifiants trous noirs, comme dans les tableaux de Caravage, alors je me suis demandé si ces vies écrites étaient réelles ou si leur unique réalité était l'écriture elle-même, la transmutation en mots, en pages destinées à des êtres presque aussi désespérés, des personnages tristement normaux qui peuplent ce monde de mirages, d'horloges et de crépuscules épouvantables comme celui qui se profile maintenant de ma fenêtre à l'horizon de la via degli Scipioni et qui me rappelle qu'il est l'heure de descendre dîner.
La Trattoria de Cola di Rienzo est à deux pas d'ici, à l'angle de la via Pompeo Mgno et de la rue Lepano. J'ai l'habitude d'y commander un plat de spaghettis all'amatriciana, des artichauts en salade et une bouteille de vin blanc. Avec ça sur la table je pouvais poursuivre mes élucubrations sur ce qui est sous-jacent dans un livre, cette malle où viennent se loger les angoisses de tant de solitaires qui, comme moi cette nuit, ont besoin de comprendre quelque chose pour le dire à d'autres qui n'en ont pas besoin ni ne l'ont demandé, ou plutôt pour se le dire à eux-mêmes et pouvoir continuer, la tête bouillonnante d'images et de présages. Ainsi passèrent les jours, entre les livres, les repas à la trattoria et les regards torves du concierge qui nourrissait des soupçons depuis qu'il avait vu l'enveloppe et les lettres hébraïques. L'autre jour, par exemple, il m'a arrêté à l'entrée pour me dire que dans une brochure de son mouvement il y avait un article sur les traits physiques des Juifs et ce qui, a t-il ajouté, faisait d'eux des êtres sexuellement moins puissants, mais je n'ai pas relevé et me suis éloigné en prétextant un appel de mon médecin.
Les feuilles qui étaient blanches se noircirent et peu avant le départ je parvins à terminer un brouillon de conférence que j'intitulai: "Paroles écrites dans le creux du silence", où je tentais d'expliquer comment la perception littéraire des paroles est un torrent souterrain qui coule tout au fond, dicté par l'appel lointain obscur de la création, et j'avais recours pour cela à des fragments de plusieurs auteurs et à un ton kafkaïen similaire à celui de Rapport pour une académie. Je rangeais également dans la même chemise trois textes anciens sur des thèmes voisins, sachant que dans les tables rondes ils sont toujours d'une grande utilité.../..."
-extrait de: "Nécropolis 1209- de Santiago Gamboa-Editions Métailié-
mardi 4 janvier 2011
pourquoi?
Dans la série: "Hé heu! j't'en pose des questions? "
Marius a quelques réponses à nous offrir
Dame, un peu de culture ça peut pas faire de malPoPourquoi dit-on que mettre le pain à l'envers porte malheur ?
Au Moyen Âge, le jour des exécutions publiques, le boulanger réservait un pain pour le bourreau.
Il posait ce pain à l'envers pour être sûr de ne pas le vendre à un autre. Tout le monde savait que ce pain était celui du bourreau, et personne n'y touchait.
· Pourquoi au tennis compte-t-on les points par 15, 30 et 40 ?
La façon de compter les points au tennis vient du jeu de paume.
Ce jeu français, très pratiqué aux 16e et 17e siècles, est l'ancêtre du tennis créé par les Anglais au 19e siècle ("tennis" est d'ailleurs la déformation du mot français "tenez !", prononcé par le joueur qui lançait la balle). Au jeu de paume, on suppose que le vainqueur du point devait avancer à chaque fois de 15 pas en direction du filet (15, 30, 45 ou 60 pas en partant de la ligne de service), et celui qui atteignait le filet, situé à 60 pas, remportait le jeu. Le nombre 40 serait un raccourci de 45, trop long à prononcer. Quand les joueurs étaient à égalité à 40, l'avantage consistait à faire 5 pas supplémentaires.
· Pourquoi dit-on "apprendre par coeur" ?
Cette expression est née au Moyen Âge.
Depuis l'Antiquité, le coeur était souvent considéré comme le siège de l'intelligence, de la mémoire et des sensations (sans doute à cause de l'accélération du rythme cardiaque lors des émotions fortes).
· Pourquoi l'eau de Javel porte-t-elle ce nom ?
L'eau de Javel tire son nom du village de Javel où elle fut fabriquée pour la première fois.
Ce village, qui était situé à l'ouest de Paris, est aujourd'hui un quartier du 15e arrondissement de Paris. Découverte par le chimiste français Claude Louis Berthollet (1748-1822) à la fin du 18e siècle, l'eau de Javel fut employée à l'origine pour blanchir le linge. Elle est aujourd'hui utilisée dans le monde entier comme désinfectant et décolorant (son nom est "bleach" en anglais).
· Pourquoi trinque-t-on ?
La coutume de trinquer vient du Moyen Âge.
À cette époque, les empoisonnements par la boisson étaient courants. Par précaution, les gens qui vidaient leur verre ensemble s'échangeaient un peu de breuvage juste avant de boire. Par la suite, on se contenta simplement de cogner les verres pour échanger du liquide par éclaboussure. Aujourd'hui encore, on dit qu'il ne faut pas commencer à boire avant d'avoir trinqué, et qu'il faut se regarder dans les yeux en trinquant, ce qui est un signe de confiance.
· Pourquoi dit-on que "l'argent n'a pas d'odeur" ?
Ce proverbe est attribué à l'empereur romain Vespasien (9-79), en réponse à son fils Titus qui lui reprochait d'avoir instauré un impôt sur l'urine.
Dans la Rome Antique , l'urine était collectée dans les toilettes publiques afin d'être utilisée par les tanneurs pour dégraisser la laine. Vespasien eut l'idée d'établir une taxe sur cette collecte. Critiqué par son fils, il lui mit sous le nez des pièces de monnaie en lui demandant s'il était importuné par l'odeur. Au 19e siècle, les Parisiens appelèrent leurs toilettes publiques des "vespasiennes" en mémoire de cette anecdote.
· Pourquoi dit-on "aller à Tataouine" ?
L'expression populaire "aller à Tataouine" (ou "aller à Tataouine-les-Bains") signifie aller se perdre au bout du monde.
Tataouine était un bagne militaire français situé près de la ville de Tataouine, au sud de la Tunisie. Il fut ouvert jusqu'en 1938, année de l'abolition des bagnes en France. Il accueillait les condamnés de droit commun et les soldats punis pour indiscipline. L'éloignement et les conditions de détention, réputées très dures, ont donné naissance à cette expression.
· Pourquoi dit-on "nous ne sommes pas sortis de l'auberge" ?
Cette expression signifie que l'on est dans une situation difficile, et loin d'en être sortis.
Elle vient de l'argot où "auberge" signifie "prison", car on y offre le gîte et le couvert. Au Québec (Canada), l'expression équivalente est "nous ne sommes pas sortis du bois".
· Pourquoi dit-on "le jeu n'en vaut pas la chandelle" ?
Jusqu'au 18e siècle, le théâtre était éclairé à la chandelle. Il fallait des milliers de chandelles par soirée, ce qui représentait une somme colossale à l'époque. Si les bénéfices rapportés par la représentation n'étaient pas suffisants, ils ne couvraient même pas le prix des chandelles.
· Pourquoi dit-on "mort aux vaches" pour insulter la police ?
Cette expression est née à la fin du 19e siècle.À cette époque, les Français se sentaient humiliés par les Allemands. Ceux-ci avaient en effet annexé l'Alsace et une partie de la Lorraine, suite à leur victoire pendant la Guerre franco-allemande de 1870-1871. Les guérites des gardes-frontières allemands étaient surmontées de l'expression "Wache" qui signifie "garde" en allemand. Par extension, les Français insultaient les Allemands d'un "mort aux vaches". Cette insulte a ensuite été généralisée à toutes les forces de l'ordre, et est devenue un slogan anarchiste.
· Pourquoi les notes de musique sont-elles appelées do, ré, mi, etc.?
La notation "do, ré, mi, fa, sol, la, si" a été créée au 11e siècle par un moine italien. Elle est inspirée d'un chant religieux latin :
Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancte Ioannes.
Le "ut", difficile à chanter, a été remplacé par un "do" au 17e siècle."
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