jeudi 4 juin 2026

métaphore de Villès

 

"De même qu'en combinant la vingtaine de lettres de l'alphabet de diverses manières on peut obtenir des comédies, des tragédies, des histoires ridicules ou de grands poèmes épiques, de même, en combinant les atomes élémentaires, on obtient le monde dans son infinie variété. La métaphore est de Démocrite."   
Carlo Rovelli      

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Village Pride 2026 Saint-Nazaire

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                            Photo source L'OBS

"Le respect pour la religion est devenu une expression codée qui signifie “peur de la religion”. Les religions, comme toutes les autres idées, méritent critique, satire, et, oui, notre manque de respect intrépide."       
Salman Rushdie 


"Quel profit l’homme retire-t-il des peines qu’il se donne sous le soleil ? Une génération s’en va ; une génération lui succède ; la terre cependant reste à sa place. Le soleil se lève ; le soleil se couche ; puis il regagne en hâte le point où il doit se lever de nouveau. Tantôt soufflant vers le sud, ensuite passant au nord, le vent tourne, tourne sans cesse, et revient éternellement sur les cercles qu’il a déjà tracés. Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne regorge pas, et les fleuves reviennent au lieu d’où ils coulent pour couler encore.

Tout est difficile à expliquer ; l’homme ne peut rendre compte de rien ; l’œil ne se rassasie pas à force de voir ; l’oreille ne se remplit pas à force d’entendre.

Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui est arrivé arrivera encore. Rien de nouveau sous le soleil. Quand on vous dit de quelque chose : « Venez voir, c’est du neuf », n’en croyez rien ; la chose dont il s’agit a déjà existé dans les siècles qui nous ont précédés. Les hommes d’autrefois n’ont plus chez nous de mémoire ; les hommes de l’avenir n’en laisseront pas davantage chez ceux qui viendront après eux."   
     
Ernest Renan

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                       illustration source: Orient XXI


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— Ainsi donc, il nous faut mourir ici… dans l’attente d’un pays qui ne viendra pas.

Quel pays ? C’est toi qui le nommes, le pays. C’est toi qui lui insuffles un esprit. C’est toi qui en fais un oreiller pour ta tête, une couche pour ton corps.

— J’ai essayé. J’ai pris une poignée de terre, je l’ai humée. J’ai joué à cache-cache avec les enfants des voisins. J’ai rendu visite à ma grand-mère, toutes les semaines. Elle préparait pour moi un gâteau. Mais rien de tout cela n’avait de sens. Là-bas non plus, là où il n’y a ni terre, ni enfants ni grand-mères, rien n’a de sens pour moi non plus. Ma vraie patrie c’est l’attente.

Écoute-moi : je suis né dans un citronnier, tu me crois ? Mon premier souvenir se trouve dans son feuillage. Lorsque j’ai complété ma première année, on m’a administré, m’a-t-on dit, des gouttes de citron dans la bouche. « Ce pays est capable de dissoudre le fer, imagine un peu ce qu’il peut faire avec des humains », disait mon père. Il pressait le citron et me le distillait dans la bouche. Alors ma peau s’est épaissie et j’ai arrêté de me plaindre.

— Non, toi, écoute-moi : Il y a un soleil qui se couche, et il y a un homme qui se tient debout sur un plateau entouré de montagnes. Cet homme c’est moi. Quelqu’un m’a renversé de la soupe sur la tête. Un autre a tiré sur moi. Nombreux sont ceux qui m’ont poignardé dans le dos. Regarde-le. Il est transpercé comme une passoire. J’entends une mélodie funèbre. C’est la sonnerie aux morts. T’en souviens-tu ? On jouait cet air pendant que le Leader arrosait l’Arbre de vie, accompagné de tous ces instruments à vent, parcourus par le souffle d’une bande de bouffons. Qui sait si l’un d’eux n’avait même pas uriné dans l’aiguière dorée. Écoute, ne me parle pas de citron et de peau épaisse. Ma main c’est du cristal, et mon cerveau une bombe à retardement. Tic, tac, tic, tac… tu l’entends ?

Mais alors, qu’attends-tu, au juste ?

— Je crois que c’est clair maintenant. J’attends la déflagration."
Hisham Bustani-"A la station" extrait de:"Prélude inévitable à une mort en sursis"
Source: Orient XXI



"A quoi bon bouger, quand on peut voyager si magnifiquement dans une chaise ? "      
Joris-Karl Huysmans

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"Durant quatre étés, Emmanuel Ruben a remonté la Loire à vélo, ce fleuve au bord duquel il a vécu pendant sept ans, dirigeant la Maison Julien Gracq.
À travers ce périple, de Saint-Nazaire aux Cévennes, l’écrivain-géographe nous raconte la France du monde d’avant et du monde d’après, la France du Moyen Âge et de la Renaissance, la France de la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion, ses Châteaux de la Loire et ses centrales nucléaires, ses milieux vivants et ses écosystèmes menacés, la France des pêcheurs et des vignerons, des peintres et des écrivains."
Editions Stock

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"L'homme, c'est la seule espèce animale qui puisse concevoir l'idée de sa disparition et la seule que cette idée désespère. Quelle race étrange : si acharnée à se détruire et si acharnée à se conserver."         
Robert Merle

samedi 30 mai 2026

il ne suffit pas


Trouvée la solution pour ne plus se faire marcher sur les pieds

"Savoir voir mecessite savoir penser ce que l'on voit." Edgar Morin



              Grille de lecture du port


"Mais, répétons-le aussi, quelle que soit sa puissance, il ne faut pas l’opposer sans raison à une mer démontée. Si grand qu’il soit, si fort qu’on le suppose, un navire n’est pas « déshonoré » parce qu’il fuit devant la tempête. Un commandant ne doit jamais oublier que la vie d’un homme vaut plus qu’une satisfaction d’amour-propre. En tout cas, s’obstiner est dangereux, s’entêter est blâmable, et un exemple récent, une déplorable catastrophe survenue à l’un des paquebots transocéaniens, prouve qu’un capitaine ne doit pas lutter outre mesure contre la mer, même quand il sent sur ses talons le navire d’une compagnie rivale."   
Jules Verne extrait de: "Une ville flottante

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La vitrine de la librairie prend des couleurs






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Lu quelquepart:
"Chaque époque a ses questions, et sans doute n'est-ce pas sans quelque faux pa initial de la recherche que l'on pose à une époque les questions d'une autre époque"


 Blague à l'embarquement


         "Il y a quelque chose de commun entre l'art du puzzle et l'art du go. Seules les pièces rassemblées prendront un caractère lisible, prendront un sens: considérée isolément une pièce d'un puzzle ne veut rien dire: elle est seulement question impossible, défi opaque."
Georges Perec extrait de: "La vie mode d'emploi"                    




jeudi 28 mai 2026

la plainte des hommes augmentés

 

La plainte des hommes augmentés, à l'heure du thé,
même si
Il n'a plus d'heure, il n'en fait rien qu'à sa tête d'infuser.
Les principes de l'évolution font des hommes savants et d'autres bénéficiaires
de leur savoir.
Ce sont des hommes augmentés.
Il en existe de toutes sortes,
plus nombreux sous certaines latitudes.
C'est une question de moyens...


"La diplomatie sans les armes, c’est de la musique sans les instruments, songe Kellermann, amer. Qui a dit ça déjà ? Bismarck, peut-être."  
Frédéric Paulin


"Les gens se laissent séduire par ceux qui leur disent ce qu'ils veulent entendre, ceux qui leur affirment que rien n'est leur faute et qui leur mentent comme on ment à des enfants pour les rassurer. Tout est la faute des étrangers, de l'Europe, de l'euro, des élites, de la finance... C'est tellement facile de ne pas se cogner à la réalité, d'être dans ces discours qui n'engagent à rien."   
    
Thomas Bronnec 


Des gens de boue
       




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Chacun essaye de vivre à son rythme. Certains 
y réussissent mieux que les autres.

Parfois, sans le vouloir, ils se croisent.

photo Source: L'Obs n°3219-Bastien Ohier/Hans Lucas-AFP-Luc Castel/Getty Images
                                                      
"L’ennui avec les hommes politiques, c’est qu’on croit faire leur caricature alors qu’on fait leur portrait. (Jean Sennep)"   
Jean Sennep      

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"Voici, alors, la grande illusion que Tolstoï se donne pour tâche d'anéantir : l'illusion que les individus peuvent, par le recours à leurs propres ressources, comprendre et contrôler le cours des événements. Ceux qui croient pouvoir y réussir font une funeste erreur. Et à côté de ces figures publiques - ces hommes creux, en partie victimes d'une illusion, en partie conscients de leur mauvaise foi, qui parlent, qui écrivent, désespérément et sans objet, afin de sauvegarder les apparences et éviter de voir l'âpre vérité - à côté de ce mécanisme compliqué, déstiné à dissimuler le spectacle de l'impuissance, de l'inconséquence et de l'aveuglement des hommes, s'étend le monde réel, le courant vital que tout homme comprend, les détails communs de la vie quotidienne.Quand Tolstoï compare cette vie réelle, cette expérience individuelle authentique, "vivante", de tous les jours, à la vue "panoramique" forgée par les historiens, il sait que l'une est vraie et l'autre n'est qu'une construction cohérente, quelquefois élégamment concue, mais toujours fictive."
Isaïah Berlin extrait de: "Le renard et le hérisson"




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"La liberté totale pour les loups c'est la mort pour les agneaux."
Isaïah Berlin

vendredi 22 mai 2026

c'est un jour perdu d'avance

 

"Un régime autoritaire et personnel est contraint d'organiser autour de son chef un filet protecteur aux mailles serrées. C'est pourquoi, in variablement, les rois mal assis, les empereurs d'aventure, les hommes providentiels entament un processus qui les conduit très vite à juguler la liberté d'expression, à dicter ses arrêts à la justice et à recruter pour leur service particulier une grade prétorienne."
François Mitterrand extrait de; "Le Coup d'Etat permanent"



"Coule coule mon enfance au fil du souvenir
C'est un jour perdu d'avance que de la retenir
Car le vent de l'insouciance un jour lâcha ma main
Je vins pleurer en silence et larmes tu devins."
Adamo extrait de: "Le ruisseau de mon enfance"

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"(...)
La mesure de mon père

Mon père est "Le" Mesureur. Mot magique. Moi, j'ai cinq ans, j'apprends les additions, les soustractions,
bientôt les multiplications
et les divisions. Cela sert à mesurer, med dit mon papa-qui lui, mesure-pour-de vrai...Mais cela, je le découvre par hasard, uun soir pas comme les autres.
Mon père a un grand bureau sur lequel il se penche, dans la superbe lumière dorée que déverse un grand lampadaire sur pied. Ce lampadaire en bois massif, j'ai failli ce soir-là le faire basculer, un de ces soirs où je viens, selon le rituel, "dire bonsoir à mon papa": je me suis pris les pieds dans le fil électrique et-ô merveille!- mon Mesureur de père, pourant assis, est devenu en une seconde un voltigeur assez habile pour retenir en pleine chute le lampadaire sus-dit. Je m'attends à ^tre grondé, mais mon père est hilare. Il me prend gaiement sur ses genoux, tout fier de son exploit d'artiste-acrobate, qui l'a soudain arraché à ses exploits de Mesureur studieux.
C'est ainsi, sur ses genoux, que je découvre le monde insoupçonnable de mon papa: celui d'être "Le Mesureur"
Rémi Bégouen
extrait de: "Suez Panama"

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      photo source L'OBS
Pedro Almodovar-Barbara Lennie Cannes sur son Mai

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"L'argent s'épuise.
L'appétit excavatrice
n'ira plus avant dans le trou frémissant.
Fini, fini, l'argent s'épuise.
Humeur! L'égout n'assortit plus ses eaux
de neiges éternelles.

Paléontologique commerce de la banque,
les hauteurs de l'argent, dit-on, s'affaissent.
Celui-ci roulotte loin dans ses plaines finales.
NulCuvier ne se penche
sur la manne dispersée.
Bien des vieux océans exhumés retournent aux ouragans stériles.
L'homme creuse là ses abris, croit-on, mouillé de sang et sec d'espace.
Est-ce le terme, est-ce l'issue?

L'angoisse est pauvre, le désert fier.
Ce qui nait à chaque aube obscure:
Prendre tout et comprendre peu réciproquement s'interdisent.
Tu tiens de toi tes chemiens, aussi leur personne pensive.
La folie est sans destinée. Où elle sera, tu n'es plus."
René Char -"Le train martyr" -"Chants de la Balandrane." 






                                              Photos et illustrations source Lundi Matin