"Je crois à l'utopie d'une société plus humaine seulement quand nous serons conzscients de l'importance de notre responsabilité personnelle
Le jours où nous saurons dominer nos préjugés, nos haines, nos colères, pour éviter que ces sentiments deviennent collectifs.
Pour moi, la guerre n'est que la somme de nos haines et de nos préjugés personnels, et je continue de penser que la majorité des individus ont exploités les côté destructeur de leur nature. Ma seule utopie est d'espérer que nous pourrons un jour nous débarasser de nos préjugés. Nous pouvons découvrir la cause de notre agressivité et essayer de la transfmer en énergie: alors peut-être aurons-nous une société plus humaine."
Anaïs Nin extrait de: "Ce que je voulais vous dire"
"Ce lundi-là naquit tiède et sans pluie.
Don Aurelio ,Escovar, dentiste non diplômé et homme matinal, ouvrit son cabinet à six heures. Il sortit de la vitrine un dentier encoreemboité dans son moule de plâtre et posa sur la table une pognée d'instruments qu'il aligna dans l'ordre, du plue grand au plus petit, comme pour une exposition. il portait une chemise sans col à rayures, fermée en haut par un bouton doré, et un pantalon tenu par des brestelles. C'était un homme rigide, osseux, au regard qui correspondait rarement à la situation, tel celui des sourds.
Une fois les objets en place sur la table, il roula la fraise jusqu'au fauteuil mécanique où il s'installa pour polir le dentier. Il avait l'air de travailler sans réfléchir, mais il le faisait avec obstination, actionnant la pédale de l'instrument, même quand il ne l'utilisait pas.
Après huit heures il fit une pause et regarda le ciel par la fenêtre; il vit deux charognards pensifs qui se séchaient au soleil sur le toit de la maison voisine. Il se remit au travail en pensant qu'il allait encore pleuvoir avant l'heure du déjeuner
.../..."
Gabriel Garcia Marquez extrait de: "Un jour comme les autres" Les funérailles de la Grande Mémé."
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"Le 25 avril aura lieu la Fête de la librairie indépendante !
700 librairies offriront à leurs visiteurs une rose et un livre édité
pour l'occasion.
Le samedi 25 avril 2026, dans toute la France –
mais également en Belgique, en Suisse et au Luxembourg – aura lieu la
28e édition de la Fête de la librairie indépendante durant laquelle près
de 700 librairies offriront à leurs visiteurs une rose ainsi qu'un
ouvrage inédit, le livre "Umberto Saba, poète et libraire à Trieste", spécialement édité pour l'occasion, en partenariat avec les éditions Gallimard.
Organisée en France par l'association Verbes et la librairie parisienne des Abbesses,
cette grande fête de la librairie, moment d'échanges et de partage, est
une déclinaison de la Sant Jordi en Catalogne, journée durant laquelle
les Catalans s’offrent un livre et une rose."
"On a trop oublié que l'individualité des hommes, une construction
sociale, ne peut logiquement valoir que ce que vaut le sort que leur
réserve la vie sociale."
Jean-Léon Beauvois
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Sophie Aram le 17 avril à 20h30 Salle andré Ravache_Le Pouliguen- "Ces micro-agressions sont d'autant plus difficiles à saisir qu'elles
n'obéissent à aucune qualification juridique comme le sont en France les
déclarations racistes, homophobes, sexistes, antisémites et j'en passe.
Elles n'existent finalement que dans le contexte d'une relation entre
un individu mobilisant plus ou moins consciemment un volume de préjugés,
de stigmates, de clichés envers un autre individu qui n'en est
malheureusement pas à sa première confrontation sur le sujet. C'est la
somme de ces expériences et la nature du préjugé mobilisé qui
détermineront la violence de l'impact sur un individu. Ce qu'il y a de
particulier dans l'ordinaire - qu'il s'agisse de racisme, de sexisme,
d'homophobie, de grossophobie ordinaires - c'est la fréquence."
Sophia Aram
"Nous devons promouvoir une forme d’élégance dans les rapports humains,
et préférer découvrir notre prochain plutôt que lui vomir nos préjugés
dans la tronche et lui assigner toutes les idées préconçues qui soient
au sujet de ses « particularismes ».
Sophia Aram
"Ils tiennent d'autant plus à leurs opinions, ces individus, qu'elles
sont entrées par effraction dans leur intellect et qu'elles n'y sont
associées à aucun univers rhétorique argumentatif. Qu'elles fonctionnent
comme de bons sentiments auxquels ils sont venus par eux-mêmes."
Il ne fallait pas rire, surtout ; justement, ça ne faisait pas sérieux.
C'était un tableau de famille commandé au photographe.
il avait fallu se déplacer dans ses plus beaux ornements
et accompagné par celles qui n'étaient pas sur la photo,
parce que ce n'était pas l'idée de la photo.
Nous avions convenu du thème: Grand-Mère et ses petits enfants.
Dans l'arrière boutique, derrière le rideau, de grosses lampes allumées,
décors d'un autre monde, nous étions intimidés, curieux aussi, n'en perdant pas une miette.
Nous écoutions les consignes, regardant l'objectif de l'opérateur en blouse bleue.
Au moment voulu, au signal, nousretenions notre respiration; une fois, deux fois trois fois.
Et ce fut fini déjà.
Cela avait passé si vite...
Une drôle d'histoire de "Pas de chance" dans la vitrine du libraire.
"Elle nous dit que Dieu est bon et que papa est con, je lui dis que je préfère quand même papa" Fabienne Yvert
"Elle est là qui rode
je reconnais son haleine
le bruit trainant de ses pas
et don ombre
dans l'obscurité totale
Cela étant je fais comme si
je ne me doutais de rien
je meuble honorablement
mon attente
je prends ma part des tâches domestiques
je lis à profusion
j'écris
encore et toujours
Que puis-je faire d'autre
pour oublier que ma vie
ne tient quà un fil? "
Abdellatif Laâbi "Dans l'attente"
"Les choses en soi ainsi que les choses qui apparaissent, tous les étants
qui sont, s’appellent, dans le langage philosophique, des choses."
Martin Heidegger
Source REVUE21 hiver2025
"Je suis entré en moi
Sans un bruit dans mon tumulte
Pas un cri du bois
Pas un grincement du pêne
Rien
À peine le crissement d'une larme
Sur le désert d'une joue
J'ai poussé le verrou
Comme on passe la main
Sur un front moite
Ou sur un ventre chaud
Et la poigne qui me serrait le cou
A relâché son étreinte
Le grabat rouge de ma peau
Me tendait les bras
Et dans un râle de vague
Sur le cimetière d'une plage
Je m'y suis étendu
J'avais payé mon dû
J' ai fermé les yeux
Et aux horizons de ma rétine
Tout a vacillé
Le soleil de ma nuit interne
M'a mordu les paupières
Insensiblement le galop furieux
Des jours des soirs des nuits
S'est estompé
Mille hennissements l'ont salué
Là-bas ciel et terre
S'accouplaient sauvagement
Dans la gouttière oxydée
De mes artères
Le sang s'est remis à couler
À longs glouglous
Au rythme de ma respiration
Se commet l'assassinat
Inlassablement répété
De l'oxygène
Des armées en déroute
Refluent dans mes veines
Mon sang charrie des cadavres
Les électrons même
Ont déposé les armes
Brisé les fusils
Signé l'ignoble trêve
Et aux créneaux de la citadelle
Ne se dressent plus
Que de sombres déclins
Tandis que
Dans mon poing crispé
S'apaise
La brûlure du poignard
Qu'insidieusement l'on m'a glissé
En me disant :
La vie"
Christian Erwin Andersen
"Étirements de bleu
éclairs de blanc,
percées de vert,
étincelles de rouge,
chevauchées de brun,
dentelles de gris."
Léonor de Recondo
Y'avait sur la fin, un bateau
en partance
et j'étais toujours du voyage
la nuit
dans mes rêves.
Tous les remorqueurs étaient de sortie;
les bateaux pompe aussi.
Les mirages ne sont jamais pingres sur les moyens.
1935-Voyage. Grand Luxe. Fumées, Classe.Insouciance entre gens d'un monde réservé.
Menus rafinés. Philosophie des grands espaces. Musique. Soirées. Bibliothèque. Cocktails.
Rencontres. Petit chien. Lévrier. De l'eau jusqu'à plus soif et l'alcool en bulles.
Un peu plus loin, vite balayés par la rumeur des vagues
quelques goélands à l'unisson beuglaient leur béatitude.
Demain, ils feraient les gros titres
avant de disparaitre , comme d'habitude,
avec les tripailles de poisson.
Photos Lydie T.
"C'était au siècle dernier. Bien avant que des peuples entiers soient déportés par des guerres.
Avant les radeaux de survie, les barges de malheur, les foules cernées par la terreur et les vagues de nuit. C'était avant les familles harassées, échouées sur les rochers glacés d'Occident.
Nous étions gare de Lyon, à Paris, l'hiver 1971. Un train était à quai, tout juste arrivé de Marseille. J'ai vu l'homme, puis je l'ai observé, je ne sais pourquoi. Un vieil arabe perdu dans la foule qui remontait le quai. Il tenait contre lui une petite valise de rien, faux cuir lacéré entouré d'une corde. il aurait dû la porter à bout de bras, comme les femmes et les hommes qui sortaient du train, mais il l'a tenait serrée contre sa poitrine, à deux mains.
L'homme était inquiet. Il marchait plus lentement que les autres, se laissant doubler par les voyageurs pressés . C'est comme s'il redoutait la gare, la sortie, la rue.Il regardait à droite, à gauche, derrière lui. La marée humaine l'entraînait vers le hall. Et lui résistait au courant.
Arrivé presque au bout du quai, le vieil homme s'est figé. Quelques minutes avant l'arrivée du train, des militants distribuaient des tracts au bord des voies. Un appel à soutenir "les travailleurs immigrés", comme on disait alors. Et une réponse au mouvement "Ordre nouveau", qui luttait contre "l'immigration sauvage", comme ils disaient aussi. La police était intervenue brutale et sans quartier. Les jeunes s'étaient dispersés, dissimulés dans la cohue, leurs tracts cachés sous les blousons. Mais les policiers gardaient les issues, faisaient lever les bras, déployés trois par trois, leurs matraque à la main.
Le vieil arabe s'était arrêté. Une muraille bleu France cernait le grand hall. Il s'est retourné. Il a voulu remonter le cours des gens. Mais très vite, la marée humaine l'a remis en marche. Alors il s'est déporté au plus près des rails, en équilibre au bord du quai. Devant lui, il y avait un poteau, une cache. Il s'y est abrité. Accroupi sur le sol, tournant le dos à l'agitation, il a défait la corde et ouvert sa valise. De son linge, il a sorti un chapeau de feutre cabossé. Il l'a mis sur la tête, relevé le col de son polo puis fouillé sa poche de manteau.
Une cravate. Elle était claire, à carreaux, fatiguée, chiffonnée par des plis du temps. Tassé sur les talons, il a passé la bande d'étoffe autour de son cou, se reprenant à deux fois pour la nouer.
Et puis il s'est relevé. Il s'est remis en marche. Son petit chapeau, son manteau fatigué, sa cravate trop large, sa valise d'exilé frappant sa jambe raide. Il s'est dirigé vers le cordon de police, comme un homme qui n'a rien à cacher, rien à craindre ni à perdre. Il était digne et beau. Il était chez lui. Chez nous. Il s'espérait sembleble aux passants sans peur qui rejoignaient la ville.
J'étais à quelques mêtres, caché derrière un poteau identique, des tracts sous mon blouson. Et j'ai su que cette image fièvreuse ne me quitterait jamais.
C'était au siècle dernier. La peur d'un réfugié, déjà, bien avant les multitudes épouvantées.
Avant la plage et l'enfant."
Sorj Chalandon
"À qui parlons-nous
quand nous nous taisons ?
Nous en avons besoin
pour notre voyage inconnu.
Nous en avons besoin
de manière à le sentir à nos côtés
dans l'obscur
comme lorsqu'un bon ami y respire,
respire profond dans les nuits.
Plus loin que le lointain,
cela est plus proche que rien d'autre.
Dans le cœur intime du germe
où la lumière n'est pas,
mais rien que nous,
là où personne n'a été,
là où je suis toi
sans un mot.
Toi qui nais
dans la toute bruissante jeunesse.
Un jeune homme derrière la clôture
pourrait mourir pour toi
et le fait aussi en secret.
C'est pourquoi ton voile fin
peut être là comme les primevères
de la prairie un matin d'été.
Sans un bruit, tu disparais dans l'origine.
Telle est ta puissance secrète.
Soif neuf,
tu portes notre nom
et nos traits.
Tu portes nos vies
à jamais."
Tarjei Vesahas extrait de:"Vis notre rêve"
Paul Heintz extrait de: "Night Shift" expo Le Grand Café- du 14/03 au 10.05 2026
".../...
Etant fleur et jardinier à la fois,
je ne suis seul dans la geole ici-bas.
.../..."
".../...
Я и садовник, я же и цветок,
В темнице мира я не одинок.
.../..."
Ossip Mandelstam extrait de:"Un corps m'est échu"
"Le poème peut être une bouteille jetée à la mer, abandonnée à l'espoir -
certes souvent fragile - qu'elle pourra un jour, quelque part, être
recueillie sur une plage, sur la plage du cœur peut-être."