"Si je n’avais pas été moi, j’aurais été un autre. Cet autre n’aurait jamais su qu’il n’avait pas été moi."
Patrice Jean extrait de: "La philosophie selon Bernard"
"Mais ce que l'on appelle le beau n'est d'ordinaire qu'une sublimation des réalités de la vie, et c'est ainsi que nos ancêtres, contraints à demeurer bon gré mal gré dans des chambres obscures, découvrirent un jour le beau au sein de l'ombre, et bientôt ils en vinrent à se servir de l'ombre en vue d'obtenir des effets esthétiques."
Junichirô Tanizaki
illustration source: Toile
"Les phénomènes esthétiques forment une des plus grandes parties de l'activité humaine sociale et non simplement individuelle : une chose est belle, un acte est beau, un vers est beau, lorsqu'il est reconnu beau par la masse des gens de goût. C'est ce qu'on appelle la grammaire de Part. Tous les phénomènes esthétiques sont à quelque degré des phénomènes sociaux."
"Selon les auteurs, les extrêmes substituent à l'histoire, fondée sur la recherche et la connaissance, des récits idéologiques présentés comme patriotiques mais reposant sur des falsifications. Certains exemples sont éloquents : Jordan Bardella ironisant sur Jean Moulin, Éric Zemmour affirmant que Vichy a protégé les Juifs, ou encore que la colonisation fut une assistance bénéfique à des peuples voués à être soumis. L'objectif est donc de démontrer, à partir d'exemples précis, de citations et d'argumentations, comment ces discours s'opposent aux acquis historiques, corrompent le régime de vérité essentiel aux démocraties et révèlent un nationalisme de pacotille prompt à la soumission aux États illibéraux ou dictatoriaux (États-Unis de Donald Trump, Russie de Vladimir Poutine...)." source BABELIO
"N'allez pas vous figurer que vous serez plus sage que vos parents. Vous pouvez être d'une génération en avance sur ceux que vous avez importunés, mais à moins que vous ne soyez un des plus grands parmi les hommes, vous serez toujours d'une génération en retard sur ceux qui vous importuneront à votre tour. "
"Tout n'est que fumée et vapeur, pensait-il ; tout paraît perpétuellement changer, une image remplace l'autre, les phénomènes succèdent aux phénomènes, mais en réalité tout reste pareil."
Ivan Tourgueniev
"La vraie vie n’existe pas,
l’autre, la pas vraie,
aux soirs d’hirondelles mentales,
suffit."
Paol Keineg
"Lire nous confirme que la solitude est un trésor. Un livre peut changer une vie. Et dire qu'il n'ya aucune mise en garde inscrite sur la couverture."
J'aimerais q'les hommes soient égaux
Dans l'écrabouillement des mythes
Dans la cassure de nos egos
Pour laisser couler la musique
Qui nous engendre et nous relie
Dans nos îles désertes fétides
Pour voir s'él'ver un continent
Pour que du désert nous sortions
A contre-courant de ma vie
Au bout du ruisseau de mon enfance
A la source des origines
Eclate un mystère étonnant :
Qu'est-ce que je fous sur cette terre ?
Si j'vous ai parlé de ma personne
C'est pour vous parler du sens
Que je trouve à notre passage
Sur cette terre incandescente
Que nous servions de sémaphores
Aux générations à venir
Que du tremplin de notre mort
Elles s'élancent enfin pour vivre
Que nous leur payions un chemin
Défrichant la jungle du monde
Comme une piste, comme une sonde
Un don pour qu'ils vivent demain
Un peu moins balourds que nous
Nous ne sommes que des étoiles
Clignotant dans l'infini
Qui s'éteindront au matin blême
Ne laissant que des souvenirs
A nos enfants qui se rappellent
Et qui perpétuent la parole
La parole."
Morice Bénin extrait de: "Sémaphore"
"La blessure du bonheur
veut dire stigmate, et non cicatrice.
Seule en témoigne
la parole du poète.
La fable écrite par lui
est demeure et non refuge."
"Rien ne peut être plus opposé à tous les arts et sciences que le goût de l'exploit, parce qu'il gauchit la nature, qui est le modèle premier de tout le beau et de tout le sublime."
Emmanuel Kant
"Ce n'est donc pas la raison qui est le guide de la vie, mais la coutume. Elle seule détermine l'esprit, en toutes occurrences, à supposer le futur conforme au passé. Si simple que ce saut puisse paraître, la raison ne serait jamais, de toute éternité, capable de l'accomplir."
"La poésie n’est pas simple ornement qu’accompagnerait la réalité humaine, ni simple enthousiasme passager, elle n’est pas du tout une simple exaltation ou un passe-temps ; la poésie est le fondement qui supporte l’histoire."
Martin Heidegger
"Les gens ne sont pas méchants quand ils ont beaucoup d'espace."
"Par une nuit d'automne,
Je suis assis, seul, le long du rivage.
Je ne pense à rien.
un croissant de lune se lève,
Tel un voyageur qui revient des confins du ciel."
"Un bon vin dissiperait-il ma profonde tristesse?
Demain matin, j'achèterai une petite barque
pour ramer jusqu'aux confins du ciel et de la terre."
Laoshu- extraits de: "Un monde simple et tranquille"
Se projeter sur les autres.
Ah! si j'étais eux, je ferais tant
et si bien
que,
au bout du compte
je t'arrangerais ça,
Dame!
avec un peu d'effort,
Ah!
s'ils le voulaient vraiment.
Mais voilà...
Enfin!
Fort heureusement,
je ne suis pas eux.
Au oui je veux bien être sympa
mais quand même
Ah! Ah! Ah!
Ah!
ça fait du bien de rire..
Non?
Vous n'trouvez pas?
"Orageuse liberté dans les langes de la foudre, sur la
souveraineté du vide, aux petites mains de l'homme."
"A l’origine de notre brouille, il y a cet homme, qui traverse la place Rouge devant moi, et que je vois pour la première fois : Vladimir Poutine. L’homme dont Vadim affichait le portrait dans sa chambre, l’homme dont Sacha [le père russe de Vadim, NDLR] parlait avec tant de transport, l’homme qui avait tendu de trop nombreuses conversations au point de faire rompre deux cousins naguère si proches, cet homme donc, si puissant, est surtout sidérant de déception. Nulle dégaine de despote, nul regard noir de satrape oriental entouré d’une armée d’amazones, nulle poitrine bardée de médailles, non : Vladimir Poutine ressemble à un fonctionnaire. Vêtu d’un costume d’entrée de gamme qui donne l’impression d’un homme qui assure son poste parce que la hiérarchie l’a voulu ainsi, qu’il ne fait que passer ; et si ce n’était cette démarche légèrement calabraise actionnée par un coup d’épaule qui lui donne sa cadence délinquante, personne n’aurait idée que ce petit homme aux lèvres crispées, à la moue dubitative de granny qui ne se fait plus d’illusions sur rien, avec ces yeux mi-clos qui jamais ne s’amusent ni ne s’illuminent, que cet homme qu’on prendrait volontiers pour un clerc de notaire qui attend ses annuités est en réalité un criminel de masse, le pharaon des temps modernes, à la tête de l’arsenal nucléaire le plus puissant de l’histoire de l’humanité. Ce 9 mai 2025, pour la première fois, les autorités font défiler 1 500 « héros » revenus d’Ukraine, qui claudiquent en béquilles sur les pavés luisants de la place Rouge. Un pitoyable cortège de gueules cassées qui ont réchappé au hachoir automatique du Donbass, et qui sont acclamées par un orage d’applaudissements. « L’ensemble du pays, la société, le peuple soutiennent les participants à l’opération militaire spéciale, dira Poutine dans son discours. La vérité et la justice sont de notre côté. » Cette farce macabre masque la réalité d’une armée russe en totale déliquescence, comme un crabe qui soulèverait ses lourdes pinces pour dissimuler la fragilité d’une carapace qui n’impressionne plus personne. Une armée incapable de conquérir son petit voisin, réduite à vider ses prisons pour s’alimenter en forces vives, obligée d’enrôler des Africains que les mercenaires de Wagner débusquent au fond de la jungle centrafricaine pour les envoyer dans des assauts suicides déminer les champs et révéler les positions ukrainiennes. Une armée sous-équipée au point que ses fantassins rembourrent leurs bottes avec des serviettes de bain, faute de chaussettes chaudes, pour résister à l’hiver glacial des tranchées, et qui avance ses positions en lançant des vagues humaines dans le seul objectif d’épuiser les défenses ennemies. (…) *** En février 2024, j’ai passé une journée aux côtés d’un soldat ukrainien qui avait pris comme nom de guerre « Darwin », sans doute en hommage au théoricien de la sélection naturelle qui prophétisait la disparition des espèces les plus faibles au profit des plus fortes. Darwin était l’un des meilleurs pilotes de drones kamikazes du pays, dûment médaillé par l’état-major ukrainien pour son tableau de chasse (on dit qu’il a tué au bas mot 500 Russes, et endeuillé autant de familles). Un tueur hors pair, qui passait ses journées assis dans un bunker humide, niché sous un bosquet des faubourgs de Bakhmout décharné par les obus, que les impacts lointains ne perturbaient pas le moins du monde. Près du bunker : le tronc d’un soldat russe, raccourci par on ne sait quoi, qui servait de balise pour repérer l’entrée camouflée dans les feuillages. Masque de pilotage vissé sur le nez pour guider le drone vers sa cible, Darwin caressait les joysticks de sa manette du bout des doigts, avec une délicatesse d’horloger et une concentration silencieuse, et tuait des Russes comme on va au bowling, laissant échapper un « strike » à chaque fois qu’il en touchait un, sans émotion ni fanfaronnade, mais avec la satisfaction de se dire que – et là, c’est son commandant qui parle – chaque Russe qui meurt en Ukraine est une bonne nouvelle pour l’Europe. (…) Les vidéos de ces Russes éliminés un par un sont dûment enregistrées, montées, agrémentées d’une musique guerrière, parfois humoristique, étiquetées de l’écusson du régiment, validées par les supérieurs et postées sur les réseaux sociaux, laissant le soin à l’algorithme d’opérer sa magie, dans l’espoir qu’elles franchiront la censure de l’internet russe et saperont le moral de la population adverse. Ces vidéos, les réseaux sociaux m’en livrent des dizaines par jour, dans une profusion telle que leur surgissement dans mon scroll quotidien est parvenu à m’anesthésier et me désensibiliser au point de ne plus rien ressentir devant l’image d’un homme tué en haute définition, dans un clip de quelques secondes ; et je me surprends à regarder, sans états d’âme et l’œil fatigué, le dernier souffle de ces hommes, tués froidement par un Darwin, qui finiront sans sépulture, leurs cadavres achevant de disparaître sous des nuées de mouches dans quelque champ noir des plaines ukrainiennes. Et c’est sans doute un symptôme de cette déshumanisation, qui déshydrate la conscience par l’accoutumance à la mort en direct, qui m’avait fait répéter à Vadim, sans y penser et sans même prendre la mesure de la monstruosité de la chose, la morale de ce commandant ukrainien : que chaque Russe tué en Ukraine était une bonne nouvelle pour l’Europe. En novembre 2025, un décret présidentiel a donné une inquiétante réalité à la possibilité que Vadim finisse dans l’une de ces vidéos. Selon l’oukase no 821 du Kremlin, tout étranger qui vit en Russie et qui est marié à une Russe peut désormais être enrôlé. « Cela inclut en particulier les Occidentaux résidant en Russie ayant un passeport d’un pays considéré comme inamical. » Un Français sera donc dorénavant obligé de signer un contrat avec l’armée pour obtenir un permis de séjour permanent, l’engagement militaire devenant ainsi la condition administrative pour vivre durablement en Russie. Officiellement donc, Vadim n’est plus protégé par son passeport français, et il est mobilisable, comme n’importe qui d’autre. Que se passerait-il si Vadim était enrôlé ? S’il était arrêté par des recruteurs en pleine rue, forcé de suivre une formation sommaire et qu’il se retrouvait quelques semaines plus tard sur la ligne de front, dans une ruine ou dans une forêt près de Zaporijia, à s’immobiliser, pétrifié de terreur, au son d’un drone cherchant sa proie ? Et si la vidéo de sa mort surgissait sur l’écran de mon téléphone, à Paris ?"
Paul Gasnier-extrait de: "Vladimir m'a pris Vadim" source : L'OBS
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A l'heure du choix!
Tu crois qu'la violence des mots empêche le temps de s'enfuir Un matin carbonisé que tu voudrais refroidir Tu vois venir l'oppression sans pouvoir la définir Tu crois qu'la démocratie te suffira pour dormir Le vieux monde fissuré attend la guerre des étoiles Adore te manipuler, te rend cynique et brutal La peur s'insinue en toi et te poursuit dans tes rêves Te fais croire n'importe quoi, et bientôt, lе jour se lève
Il faut être coriacе pour tenir Il faut être solide pour agir La musique nous tient, nous inspire Sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau Il faut être coriace pour tenir Coriace (coriace)
Un immeuble désintégré, une radio qui grésille Le retour des trains blindés et George Orwell qui s'épuise À dire la réalité sur un écran qui vacille "Big Brother is watching you" est un slogan qui scintille La mort s'exhibe, allumeuse, sur le dancefloor de l'Europe Reste toujours mystérieuse quand la voiture noire t'emporte Vers les empires affamés et cette poigne de fer Qui viendra nous étrangler dans nos abris nucléaires
Il faut être coriace pour tenir Il faut être solide pour agir La musique nous tient, nous inspire Sans laisser les complots, les arguments, les mots, ta peau Il faut être coriace pour tenir Coriace (coriace)
Je sens qu'la chaleur des mots n'a pas le temps d'adoucir La lourdeur de ce tempo qui rétrécit l'avenir Tous ces livres calcinés dans un lointain souvenir J'espère qu'la démocratie te suffira pour dormir Coriace (coriace)"