dimanche 4 janvier 2026

délicatement imprévisible

 

"Marcher pour rien
écrire pour n'importe qui
s'émouvoir pour n'importe quoi
ramasser des cailloux inutiles
des herbes négligées
des odeurs et des regards
de chaque jour
sauver le monde
en mâchouillant
du romarin
sauver Dieu
en faisant des crêpes
offrir un mot
se tromper
encore et encore
pouilleux comme un roi
glorieux comme un âne
perdre
encore et encore
en te tenant la main
être le coussin
à mémoire de forme
qui t'attend
tout au bord
du volcan" 
Thomas Vinau 
 

 "L'optimisme est l'opium du genre humain. L'esprit sain pue la connerie."
Milan Kundera 
 

 Mon univers de pâtés de sable,
de papillons plantés au sol mouvant
de ciel de guimauve
espace lentement mouvementé 
et délicatement imprévisible.
 

"L'essentiel c'est que l'illusion fonctionne."
Peter Handke 
 

 

"Tout ce que l’on ne peut pas penser, il faut l’écrire. L’impensable, il faut l’exorciser dans l’écriture, comme par une conjuration du sort, c’est le seul moyen que le cerveau n’explose pas "
Elfriede Jelinek 
 
                                  JARDINS D'HIVER
 

Il est bon de se perdre une heure par jour. C'est même nécessaire, absolument. Ça fait beaucoup de bien. Et on peut se perdre encore en France. C'est un privilège plus rare qu'on ne le croit. "
Peter Handke

 

vendredi 2 janvier 2026

au panier





Fallait-il mettre tous ses voeux dans le même panier?

Pensée réactive:
J'adore aller aux toilettes chez moi;
Il n'y a que mon émail qui m'aille.


Au loin il y a toujours ou presque un bateau
c'est comme un gwenn ha du
avec du beurre autour,
un personnage qui rassemble
à priori
surtout sur un lac
aux rames citoyens
formez vos réveillons.
On a fini par s'échouer au milieu de la forêt;
avec un bateau fallait le faire;
C'est pour ça qu'on l'a jamais fait
et on est vite passé à autre chose.
à   se coltiner tous les ainsi soient-ils
en embuscade,
les potes âgés au jardin d'hiver,
la suite en ailes
aussi
centinailes 


                               j'étais parti en vacances avec ma tête, près de chez moi
et moi pas chez moi avec cependant presque toute ma tête.
Les formations d'hiver ont le mirage neigeux
le guru connecté
et je regardais l'affiche collée juste en dessous
de quoi, je sais pas.
Je regardais encore l'affiche,
un peu,
 avant de filler vers la carte postale suivante;
elle en resta sans voix.




samedi 27 décembre 2025

et six

 

Comme en vacances;
on a plié les chaises tête en bas
dans la cour grillagée.
Plus personne à se faire hameçonner;
mais comment savoir?
Au bout, tout au bout,  l'allée pavée perd pied
et c'est le grand saut du retour vers la source,
l'âme en bandoulière, l'énergie vaporeuse refera surface
dans un moment peut-être.
tout est affaire de caractère, d'apparence
 d'oubli et d'amnésie.
Dans le cénacle,
des traces tellement collantes
menant au grand vide
absolu.
Juste sur deux accords malades
grattés de l'intérieur
Le blues de l'entrée ouest
venant de nulle part.
Une feuille de papier qui plonge dans l'estuaire avec la batterie qui syncope 
et un rif de Fender à te pendre l'âme
et à rendre les armes; les vomir même.
Allez vous battre où vous voulez
les mobiles apparents,
mais laissez-moi tranquille
sur la jetée plein ouest
avec mes pieds palmés
qui jouent à la marelle
un deux trois
quatre cinq 
et six



jeudi 25 décembre 2025

te voilà en train d'exister

 

Tout se mélange
sur le par terre
d'un  jour de fête,
avec les invités surprise
venus avec leurs fleurs.
On a fait de la place pour les accueillir.
Ô ils étaient de pas très loin
mais d'habitude c'est nous qui allions leur rendre visite- enfin- des fois quand on y pensait -des fois...
Et là, comme s'ils savaient qu'il y avait de la place dans la maison,
ils s'étaient pointé à plusieurs mais avec des fleurs , en bouquets, certains  même avec des couronnes .
Ce fut sympa, parce qu'ils avaient plein d'histoires à raconter;
certaines on les connaissait déjà, un peu  mais pas toujours comme ils en causaient
et puis aussi plein de nouvelles qui nous en bouchèrent un coin.
De quoi se nourrir pour pas cher, heu!
avec ses très chers
disparus.

Avec eux pas d'engueulades,
on a fait dans le paisible.
Aucune saute d'humeur
et d'ailleurs on s'est dit qu'à Noël prochain
c'est nous qui irions les voir
avec des fleurs et des chocolats aussi.










L'esprit de fêtes ,  ça me laisse pensif. 
Pas vous?






                                    "Quand je serai mort
                                          bâtissez un curieux récif
                                          dans ma carcasse une cabane
                                          dans mes entrailles un verger
                                             dans mes silences habitez- moi de vos sourires
       et peuplez moi de vos révoltes
déformez moi avalez moi mâchouillez moi fumez moi abricotez moi
et inventez
un nouveau navire
à la taille d'un souvenir"
Thomas Vinau






mardi 23 décembre 2025

le jour le plus court

 


Les bancs sont vides,
ils en profitent
pour échanger
sur l'assise;
il sera toujours  l'heure de lever le siège
un  peu plus tard
quand les grilles s'ouvriront. 
A cette époque de l'année, on a l'aubaine de pouvoir inspirer plus longtemps
avant d'accueillir des fessiers
Une période douce, propice à  la réflexion  dans les rivages philosophiques
à l'extrait de zone côtière;
sel d'une vie de banc de jardin public
amorce de l'immensité.
Les bancs s'épient et se racontent gentiment.
Ils se connaissent, à force de platitude horizontale;
alors ils se prêtent leur point de vue
pour essayer de mieux comprendre
les corps qui s'assoient.
Car, c'est ainsi, leur vision postérieure et
intemporelle,
est étonnement juste et lucide
sur le corps humain
du commencement  à son tréfond.
Les brisants n'ont plus vraiment de secrets à leurs lattes.
Cela ne les empêche pas d'être indulgents
en acceptant les différences, les manières de faire et d'être
en se posant là, où en face,
selon les saisons et l'inclinaison du soleil.

Chacun mène son  arrière train-train.


On rit, on pleure.
Que se passe t-il  quand on est seul?
Cela fonctionne dans toutes les situations de l'absence.
L'absence de l'autre mais aussi
la disparition de l'enfance,
la perte des illusions,
la chute de la lumière,
la désintégration des habitudes, des règles.

Autant que je me souvienne 
j'ai toujours su
que j'étais seul;
drôle de je.
Un jour on s'en rend compte
avec le  saisissement et l'angoisse,
de: ET MOI!
et rien que ça 
Et puis on oublie, parce qu'il faut bien oublier
si on veut avoir une chance d'essayer de jouer son rôle le mieux possible.
Certains y arrivent très bien, d'autres s'essayent à y arriver, et d'autres encore oublient;
ils réussissent le mieux les affaires d'Etre à ferrer.


"Une doctrine téméraire prétend introduire dans le monde de l’esprit cette même loi de l’indifférence sous laquelle gémit le monde extérieur." 
Sören Kierkegaard  


  Une image,
l'ombre
derrière soi
Hier!
Demain elle s'efface peu à peu
Vous ne pouvez pas savoir à quel point





"Il me déplaît de voir faire trois signes de croix avant le repas, autant à fin, et voir le reste du temps occupé par la haine, l'envie et l'injustice."  
Michel de Montaigne       








vendredi 19 décembre 2025

un éclaircissement

 

Fenêtre sur l'enfance;
la petite comme la grande
dans le bruit et les odeurs
à s'en mettre plein les mirettes
chez la fée électricité.
Fenêtre sur court
depuis la Sainte-Barbe
jusqu'au nouveau calendrier des Postes
et revoyure.







"Nous avons porté le film de la fête foraine à la salle de théâtre, nous le porterons de la salle de théâtre à la salle à manger."
Léon Gaumont


"Chercher la confirmation de son moi dans les yeux d'autrui revient à se regarder dans les miroirs déformants d'une fête foraine"
Alain de Botton


"Rien n'est plus vide qu'une fête foraine déserte."
John Betjeman







                           Illustration : SOURCE




INFOS




                                     


14ème édition du festival,
Du 19 au 22 mars 2026 -Nantes/Naoned

"Sous la direction artistique de l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, le festival Atlantide réunit chaque année des auteur·ices français·es et internationaux·ales qui viennent à Nantes partager leurs imaginaires, leurs visions et leurs engagements en langue originale.

Atlantide défend la liberté des expressions et des imaginaires, à l’image d’une littérature-monde vivante et attrayante. Le festival porte une attention particulière à favoriser la découverte de nouvelles voix, celles qui prendront le relais pour dessiner les utopies de demain et réaf- firmer combien l’imagination peut être le point d’intersection de nos espérances."   





                          \|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||