samedi 27 février 2010

tu penses à quoi?

Ou vont les souvenirs après qu'ils nous visitent?
Rentrent-ils sagement dans leur boite à ambiance jusqu"à ce qu'on leur offre la permission de revenir?
Mais ont-ils vraiment besoin de notre accord pour débarquer n'importe comment et de préférence quand on ne les sollicite pas?
Font-ils preuve de lucidité ou au contraire sont-ils le pâle reflet d'une réalité?
Ont-ils encore et toujours le goût, l'odeur, la vue...ou s'habituent-ils, au fur et à mesure qu'ils prennent de l'âge,  à ne plus ressembler à grand chose ou à perdre les sens ?
Ont-ils quelque idée de la hiérarchie, du devoir, de l'histoire?
Comment se comportent-ils en société alors qu'en général ils préféraient la solitude?
Pourquoi sont-ils  si douloureux ou joyeux ou pénibles ou...?
 Pourquoi parfois  le passé prend-il  le parti du présent jusqu"à lui prendre la place?
Pourquoi  n'arrivent-ils pas ces foutus souvenirs à se faire oublier comme on le voudrait  tant, alors qu'à d'autres moments  ils s'effacent, même si l'on aurait voulu qu'ils restent encore un peu?
Sont-ils un luxe, un boulet ou autant de racines,
une maladie d'en trop avoir ou de ne plus rien savoir?
Peut-on leur faire confiance?
ainsi,
Tu vois,
je m'interroge!

vendredi 26 février 2010

Le festin de Victor




"Il se trame de drôles de choses à la maison de retraite des Quatre vents. Personne ne le sait car les vieux parlent sans bruit. Après la visite médicale quotidienne, lorsqu'ils sont sûrs du battement de leur coeur, les anciens se racontent une étrange histoire. Elle se modifie un peu en fonction de la langue des pays qui s'égare par ces chemins de campagne; Les patois alsacien, occitan, basque ou berbère dans les périodes austères s'emmêlent les dialectes et racontent le fantastique festin de Victor.
Un jour, il y a quatre ou cinq ans un dénommé Victor est descendu au petit matin dans le jardin des Quatre vents. Il a étalé une jolie nappe sur le gazon frais puis dressé la table avec des couverts en porcelaine. On dit qu'il avait fait venir en secret des oeufs du cul de ses poules, du saucisson, du boudin d'un cochon de ferme. Les aïeux se sont penchés aux fenêtres et toutes narines dehors se sont enfumées de l'odeur du café coupé à la chicorée.
Victor a déplié un couteau bien à lui, un de ceux à la lame usée par des années de pierre à aiguiser. Il a pris sous le bras une miche de pain dure et craquante comme le blé de l'été et l'a entamée d'un geste large et circulaire. Il portait une moustache, un mouchoir noué sur la tête faute de casquette et un gilet côtelé en velours vert.
Les veilleurs de nuit dormaient, épuisés par l'insistance de la chaleur et la générosité d'une prune agrémentée de somnifères pilés.
Un par un, les vieux ont rejoint le jardin et comme un seul homme ont posé sur la table leurs provisions champêtres. Le festin dura de cinq heures à sept heures mais le temps pour nos ancêtres compte triple aussi parlent-ils volontiers d'une matinée entière. A huit heures certains fumaient des cigarettes roulées de gros gris, d'autres chatouillaient la saucisse et entamaient la fine.
Tout cela ne rallonge pas la vie d'un vieux, Victor est mort une semaine après son dernier festin, infecté par l'alcool, les vaisseaux bouchés de cholestérol. Les vieux rient de la version officielle, ils savent eux pouvoir mourir par excès de précaution.
Bien souvent, une fois la vérification du matin terminée, ils ouvrent en cachette les fenêtres et respirent les effluves corsées de la charcutaille, des grattons, du boudin, du saint-nectaire.
Les tables au jardin des Quatre vents attendent sous la toile plastique un rayon de printemps et une nappe à carreaux. Elles espèrent le pain, le vin, les miettes, les taches de sauce, les doigts graisseux de couenne, les verres de rouge. Un jour, un d'entre eux n'attendra pas cette maudite visite, il descendra dans le parc et s'attablera pour faire la peau au temps grincheux, si pressé de le pousser dans le trou.
Lorsque la fin devient insistante, les vieux s'accrochent au festin de Victor. Ils parlementent avec leurs souvenirs plombés qui disent "va doucement, pas trop vite, cramponne-toi à un lever, un repas, un pas devant l'autre" avec ces petites choses sans importance. Alors ils font semblant, ils trompent leur monde, ils s'agglutinent sur les fauteuils de l'entrée des Quatre vents et s'astreignent à rester vigilants.
Ne vous méprenez pas, s'ils ferment les yeux c'est pour renvoyer aux limbes la voix des ombres. Ils sont des sentinelles.
Ils se racontent de drôles de choses mais c'est sûr! Demain avant la visite s'il fait beau, Victor reviendra."

-Le festin de Victor- de Jean-Claude Arévalo (histoires d'éducs) a été publié dans la page "Rebonds" de l'hebdomadaire -Lien Social-n°961



les plages

envoyé par Tropnul




"Sur toutes les plages du monde
Sur toutes les plages y a des mômes
Qui font signe aux bateaux
Sur toutes le plages de tous les coins
Y a des mômes qui tendent la main
Aux navires de passage

Et si pour toi, là-bas c'est l'paradis
Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
C'est ici hum! c'est ici

Sur toutes les plages de toutes les mers
Sur toutes les plages y a des mômes
Qui tournent le dos à leur mère
Sur toutes les plages, tous les pontons
Sur toutes les plages y a des p'tits garçons
Qui fixent l'horizon hum! l'horizon

Et si pour toi, là-bas c'est l'paradis
Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
C'est ici hum! c'est ici

Qui veut les prendre à bord ?
Pourquoi pas eux d'abord !
Ils sauront être forts
Et dans leur cœur pas de remords
Non, aucun remords

Et par un beau matin
Y en a un plus malin
ou y en a un plus fou
ou peut-être un plus beau
Qui prendra le bateau
Pour le je-ne-sais-où
Pour le soleil ou pour les sous

Dans tous les ports du monde
Dans tous les ports y a des vieux qui débarquent
Et qui vont sur les plages
S'asseoir près des vieilles barques
Et si pour eux, la vie c'était pas l'paradis
Dis-toi qu'dans leur vieille tête l'paradis maintenant
C'est ici, c'est ici

Sur toutes les plages y a des vieux
Qui regardent les mômes
Tendre la main aux bateaux."

-Jean-louis Aubert

jeudi 25 février 2010

un billet d'humeur d'un journaliste belge

En France, on cherche encore...

la prière à la maladie

Magnifica, la dragée haute





Notre envoyé spécial sur le front de l'estuaire vient de nous faire parvenir quelques photos de l'avant-dernier paquebot nazairien "le Magnifica" qui quittait sa matrice portuaire cet après-midi pour une première croisière inaugurale. 
Aux dernières nouvelles, il y aurait une prochaine  commande en vue...
En ce qui concerne les photos, Fulup n'est pas forcément  un disciple d'Hamilton, c'est juste que le ciel était légèrement brumeux -m'a t'il précisé- (tant que c'est que le ciel...).
Il m'a signalé également avoir remarqué quelques nouveaux modèles de véhicules anti-émeutes  de la police, qui décoraient les alentours,enfin nouveaux de par chez nous (et pourtant croyez-moi, on en a déjà  vu de toutes les couleurs...), du style très coquet avec gros bouclier à l'avant, mais... il n'y a pas eu de souci particulier, le gros machin qui flotte est parti sans encombre, il a pété  quelques coups comme le veut la tradition, pour dire au revoir, et chacun a pu sortir son mouchoir pour faire coucou.

Ah la vache

"Carrément vache" que ça s'appelle. il s'agit d'une exposition (qui m'émeuh forcément) rendant donc  hommage au ruminant bien connu de nos vertes campagneuh! à travers des tableaux mais également par le détournement d'objets, et  tout cela de manière heu! carrée. C'est l'oeuvre d'un artiste Breton "Pépito"à voir du 2 au 27 mars à la bibliothèque de Saint-André-des-Eaux.

 
"Si la terre était une vache
ce serait particulier
Les continents seraient ses taches
elle brouterait la voie lactée
Tous les enfants vivant dessus
auraient du lait à volonté
Ce serait la plus dodue 
des planètes répertoriées
La science serait tentée
de répondre à cette question
Quelle est donc l'utilité
de cette queue à l'horizon?
pas besoin d'être ingénieur 
pour trouver la solution
c'est un grand ventilateur
pour enlever la pollution."
-Flem-
Cette  délicate vacherie, dirons-nous, provient d'un site dédié aux vaches
Dame! tous les plaisirs sont dans la nature




AN ALARC'H


An Alarc'h Gilles Servat
envoyé par rozenfelds. -

A la fresque, à la fresque


j'ai reçu ceci:

"Nous avons appris que le groupuscule d'extrême droite Jeune Bretagne avait
appelé ses membres à participer à la fresque humaine organisée par
44=Breizh et Bretagne Réunie le 27 février prochain.

Les membres de Jeune Bretagne ne seront absolument pas les bienvenus lors
de la fresque humaine. Nous considérons que les membres de cette mouvance
d'extrême droite, ouvertement raciste et xénophobe n'auront rien à faire à
cette fresque qui s'inscrit dans la lutte pour une Bretagne solidaire,
ouverte sur toutes les cultures et respectueuse de toutes les différences,
en un mot : humaniste !

Nous proposerons à toutes les personnes présentes à la fresque humaine
44=BZH de venir acheter au stand de notre collectif un badge Breizh Antifa
(prix libre), afin d'exprimer clairement lors de cette journée leur
répugnance à l'égard du fascisme !

Participez à la fresque humaine 44=BZH, pour une Bretagne réunifiée
ouverte sur toutes les cultures !"

Le collectif 44=Breizh.


Fresque Humaine Réunification de la Bretagne - 44=BREIZH
envoyé par FresqueHumaineBZH. -



Fresque Humaine Réunification de la Bretagne - Paul LORET
envoyé par FresqueHumaineBZH. -


Bretagne réunie

lumières et compagnie

 

"Ce sont les mots qui existent, ce qui n'a pas de nom n'existe pas. Le mot lumière existe, la lumière n'existe pas." Francis Picabia

L'avis du boudoir à la louche:
Mais en êtes-vous si certain, cher Francis. Les mots sont également dans la complainte du vent et  ils tombent comme les feuilles quand elles ont sommeil.
Et faudrait-il avoir un nom pour exister? Dans les principes sans doute mais vous savez ce que c'est:- Les principes,  ça va, ça vient.
Voyez!  Un peu comme les papiers d'identité, et il suffit d'une bourrasque pour qu'ils s'envolent. Le plus important n'est pas nécessairement d'exister par rapport aux autres, même si les autres vous le rendent bien...C'est de savoir  que l'on vit, ici  et là, tout de suite, plus tard on verra bien... et pour ce faire  , il n'y a même pas besoin d'être une lumière-
Ni pour être allumé  non plus d'ailleurs...



"Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière"
-Gustave Thibon-

 

" Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité...il est impossible d' apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres."  -Jean-Paul Sartre-


 

"Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence." -Christian Bobin-

"Que d'Hommes se pressent vers la lumière, non pas pour voir mieux,  mais pour mieux briller." 
--Friedrich Nietzsche

 



"il faudrait parvenir à cette sagesse élémentaire de considérer les ténèbres où nous allons sans plus d'angoisse que les ténèbres d'où nous venons. Ainsi, la vie prend son vrai sens: un moment de lumière." -Paul Guimard-