lundi 15 février 2010

suivez le guide

Envoyé par Olivier


et comme Félicie, celle-ci aussi


gueule de bois




.../...Ils n'étaient plus des Français, des Africains, des Occidentaux ou des Tiers-mondistes, mais des enfants du monde aussi différents qu'unis par le même espoir. La même attente.Tous rêvaient d'un ailleurs, ici et partout, d'un demain maintenant et toujours; d'une civilisation heureuse bâtie sur les cendres d'une cité de Babel.
Une même lueur animait leurs regards, cette flamme qui fait de l'homme ce qu'il peut être de mieux; cette foi qui le fait avancer, résister et survivre malgré les calamités. Ce sont les chants d'esclaves marqués au fer rouge, fouettés, mutilés et piétinés dans les champs de coton du Mississippi ou les plantations de cannes à sucre de Guadeloupe, c'est la lettre d'une épouse lue par une chair à canon sous les obus d'un champ de bataille, à Verdun ou aux Dardanelles; c'est le soleil que, chaque jour, rien ne peur empêcher de briller au dessus du camp d'Auschwitz; ce sont les têtes hautes d'hommes et de femmes qui enterrent un enfant à Gaza, à Bagdad, à Kabul, partout; ce sont les souvenirs et l'espoir d'un dehors rêvé au fond d'une cellule de Guantanamo, à Gatwick ou au centre de rétention de Vincennes; c'est le baiser d'une mère rentrée d'une journée éreintante, sur le front de ses gosses aux destins biaisés, c'est le rêve utopique d'un médecin dans un camp de réfugiés.
Dans leurs yeux à tous on pouvait lire aussi de l'angoisse, cette peur irrépressible qui enchaîne l'enfant à son plumard, transforme l'homme en couard et mène le vieillard à la mort.
Mais durant quelques minutes, ou quelques futiles secondes, tous les gens présents dans ce club voulaient croire que le monde entier pouvait enfin vivre, vivre pleinement. Et qu'il pouvait aussi, à sa guise, décider de cesser de vivre quand les "pays du monde libre" pissent sur les Droits de l'homme. retenir son souffle quand les guerres se succèdent, quand les hommes cèdent à cette haine qui les excède. Suffoquer à l'idée que la vie taille encore l'espoir d'un un ravitaillement, alors que des soldats meurent  après 9 mois de bataille. Et puis changer d'idée, souffler, se remettre à parler d'avenir sans avoir à prier parce que les pluies tardent à venir. Sourire à l'idée qu'ils ne seront plus toujours les mêmes, les vaincus qui font d'autrui des vainqueurs-sérieux, y'a rien d'exotique à voir l'Afrique au 20 Heures.../...

extrait de: Gueule de Bois- un livre de Insa Sané - Editions Sarbacane-

la mondialisation pour les nuls



Certains, au portefeuille (boursier?) conséquent, nous vantent régulièrement les bienfaits de leur mondialisation, où les capitaux peuvent se déplacer (sans papier) à la vitesse d'un clic de souris et ni vu ni connu jt'embrouille. Ce sont les mêmes qui nous font à longueur de télés et médias carpette, la morale à nous autres, les gens, la Masse anonyme  indigène et de plus en plus  indigente. "Soyez-réaliste voyons, réfléchissez (si vous le pouvez, sinon n'ayez crainte on le fait pour vous)  ça ne peut plus continuer comme cela" 
Et bien chiche justement, vous avez entièrement raison- ça ne peut plus continuer comme cela- mais peut-être que c'est sur les méthodes que l'on risque -comme toujours- d'être en désaccord.

Il suffit en effet,  des banquiers maitres du monde qui crient sur tous les toits (de Davos et compagnie)  à la liberté d'exercice de leur grand art et qui pleurent des larmes de crocodile après avoir joué et perdu au poker menteur et entrainé des millions de gogos dans leur chute. Ce qui leur permet au passage de ne  rien sentir du choc de l'atterrissage vu qu'ils se servent des autres- nous autres- comme airbag.
Il suffit, de ministres passant allègrement des directoires de sociétés à manches longues pour les salons nationaux, certains d'ailleurs adeptes du: pourquoi se gêner en si bon chemin, exerçant les deux activités en concomitance,  plus pratique pour les affaires.
Ainsi l'Etat et ses lois, propriétés d'un peuple et  fruits du travail, des luttes et des souffrances de générations de femmes et d'hommes refusant la honte et  l'esclavage, par d'habiles supercheries engraissent quelques beaux parleurs (oh combien d'avocats en politique...) pour qui le seul intérêt est le leur, tout en vocalisant -  ils savent si bien manier la dialectique- que:  "les français pensent que, les français veulent qu'eux etc etc et que  main sur le coeur et  trémolo dans la voix ils vont se sacrifier au service de la nation.

Dans quelques semaines, de préférence pendant que la peuplade glissera sur la crème solaire, on nous refera comme chaque année, le plan saisonnier des décrets  sous parasol.Cette fois ce sera du genre: dame! va falloir travailler plus les gars! ça peut plus durer comme ça si vous voulez continuer à être de dignes pauvres , et comme il est hors de question- un peu de décence tout de même- qu'on s'en prenne aux bourses des copains, on a pensé à vous, les plus nombreux, pour casquer. D'ailleurs,  vous avez l'habitude, non?.
Et puis, on a un argument imparable, rendez-vous compte vous vivez de plus en plus vieux! C'est quand même fort cette affaire là. Remarquez, c'est aussi sacrément  bien pratique pour les potes de la bouffe en kit et du médoc en toc, ils se font un max de tune là dessus. et puis tous ces vieux tremblotants et rade autant, va falloir les loger, les torcher, et s'il leur en reste, les petits actionnairer.  Là encore, le concept très tendance de  l'aide à la personne  fait les beaux jours de quelques habiles commerçants qui tout en s'en mettant plein les poches (personnel corvéable et bon marché, ratio coût profit... plus plus), si  vous avez des relations bien placées, vous donnera droit à la médaille du bon samaritain...et entre nous, le ptit ruban à la boutonnière, toujours montré et jamais démodé , ça habille son homme.

On nous signale sur nos téléscripteurs que selon des études sérieuses, au cours de sa vie (dans une société "évoluée"...)  un homme sur deux fait un cancer et une femme sur trois,  bon d'accord, vous me direz, grâce aux labos (qui vous disent merci)   certains vont s'en sortir ,  mais déjà ça fait du ménage et un créneau chez assurance vie, pompes funèbres, et accessoires divers. La pénibilité au travail (pléonasme?) est également à prendre en compte etc.
Bref il existe tout un tas de paramètres qui font que finalement pour quelque centenaire exhibé dans la page fait divers du quotidien local, combien de "jeune" retraité qui aura cotisé pour les pissenlits? et encore, je ne vous parle pas d'une bonne guerre bio,  ce qui est quand même, rapport qualité prix,toujours   le plus rentable pour  ceux qui comptent les points.On y pense, on y pense.

Enfin, moi ce que j'en pense...
C'est  lundi!
et l'autre pas.

dimanche 14 février 2010

l'air de rien

Pour la godaille, vous passerez à mon bureau!
Pour la marmaille, vous suivrez le panneau
Pour la mitraille, vous prendrez un pruneau
Et
pour la baille, vous marcherez sur les eaux.

Faut rimer quand ça nous chante, et laisser trainer les gestes de l'éloquence un peu partout où ça se présente,.  même et surtout,
si 
pas sérieux de jouer avec...

Avec les
épithètes
les épitaphes (surtout les non fumeurs)
les bi-phanies-( quand les rois nagent)
l'épy thagore et son théorème du semeur en eau  trouble
l'épiderme qui  se gratte
et la cage d'escalier, qui n'a rien  à faire dans l'histoire
mais comme elle restait d'une ancienne combinaison, il a bien fallu la caser même si elle n'est pas forcément aux normes européennes,
ni alsaciennes d'ailleurs
mauritaniennes non plus 
macédoniennes, sans la mayonnaise
et 
même en fermant les persiennes
dans la Vienne
que pourra
et 
plouf!
avec la bûche sur les bras..../..

 

.../...et
un couple d'amoureux qui n'aurait pas du - logiquement- être là , mais comme on était en fin de série et qu'il fallait remballer
vite fait
sur la grève avant la montée
des flops!
On l'a eu pour  pas cher dans le décors et le rebrousse poils
en prime,
.../...




.../...Et pour la peine j'ai mis un tigre 
mais
sans le moteur
car
trop de pétard en Cochinchine
et 
what is your nem?.../...


.../..Un ptit pied à terre
et l'autre
dans l'eau.../..




.../...moralité:
quand la mer monte 
la première marche,
matelot,
il est grand temps
de débarquer.
incognito
déguisé en palmier.

un dernier pour la route?

Ce dimanche, le dernier paquebot en construction dans les chantiers de Saint-Nazaire s'en revient d'essais en mer.
Pour la suite des affaires...le carnet de commande est vide...
 Serait-ce, en en quelque sorte, une fin EPIC ?

tous ensemble, reconstruire Haïti

Tous ensemble, RECONSTRUIRE HAÏTI, c'est le fil conducteur d'une série de concerts donnés au profit de la fondation de France et organisés  par le collectif  HAÏTI Saint-Nazaire.
Ils auront lieu  les mardi deux et mercredi trois  mars à la salle Jacques Brel 


avec au programme (en autre)

les Tri Yann
 


  

                                  
 






Les Irréductibles

Roland Brou et Alain Pennec

 

plus d'infos et réservations  ici même

ni une ni deux



Manifestation virtuelle contre la double violence

Du 10 février au 28 mars, manifestons ensemble pour mettre fin à la double violence. Pour participer à la marche virtuelle, inscrivez vous. Cette manifestation virtuelle sera le fil rouge de la campagne Ni une ni deux. Vous serez ensuite informés des actions d'interpellation des élus locaux, parlementaires et pouvoirs publics et invités à y participer.

 


Les femmes étrangères subissent une double discrimination: en tant que femmes, elles sont confrontées à des discriminations spécifiques dans leur pays et en France; en tant qu’étrangères elles sont soumises à un ensemble de textes qui se révèlent, dans la pratique, plus restrictifs à leur égard. Le fait qu’elles soient étrangères fait trop souvent obstacle à la reconnaissance et à l’application de leurs droits fondamentaux. Cette violence institutionnelle vient prolonger les violences vécues en tant que femmes.

Il s’avère dès lors urgent de mettre en place une véritable défense des femmes étrangères victimes de violences. Pour cela, en tant que manifestant, j’invite les élus locaux et parlementaires à s’engager en signant la charte de la campagne Ni une ni deux et à tout faire pour que les droits soient respectés et leur assurer une protection effective :

- Je demande aux élus locaux de s’engager à améliorer la formation des personnels amenés à travailler auprès des femmes étrangères victimes de violences, tant dans les administrations, les juridictions, les commissariats et gendarmeries, que dans les organismes sociaux. Ces intervenants, par exemple, doivent être informés du droit des personnes en situation irrégulière à porter plainte sans crainte d’être arrêtées et expulsées et relayer l’information auprès des femmes concernées. Par ailleurs, nous nous engageons à sensibiliser l’opinion publique à la situation vécue par les femmes étrangères victimes de violences, par exemple, en proposant et facilitant la diffusion d’affiches sur cette question

- Je demande aux parlementaires de s’engager à garantir l’application de la loi et améliorer les dispositifs législatifs existants. Les pratiques telles que les refus infondés d’enregistrement des dossiers dans les préfectures, le maintien prolongé sous récépissés de demandes de titres de séjour, les procédures anormalement longues doivent cesser. Il est urgent de mettre un terme aux dysfonctionnements constatés dans les institutions et les administrations, notamment les préfectures.

- Je demande aux pouvoirs publics de s’engager collectivement à garantir une réelle protection pour ces personnes. Favoriser  ainsi l’accès aux droits, en permettant à toutes les femmes de porter plainte de manière effective en cas de violences, mais aussi en leur garantissant, et ce, quelle que soit leur situation administrative, l’accès aux droits sociaux et à l’aide juridictionnelle. Les femmes étrangères ayant subi des violences doivent être réellement protégées, suivies par une assistante sociale, mises à l’abri puis hébergées dans des structures adaptées ou des logements sociaux, et doivent pouvoir vivre avec leur-s enfant-s.
> Je m'inscris à la manifestation     > Voir la liste des manifestants

merci Serge pour l'info.

samedi 13 février 2010

Lisa Gerrard - Come Tenderness

envoyé par naïverecords

murmurer


Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d'un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au Mur des Lamentations depuis toujours.
Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.
Après trois quarts d'heure de prière et alors qu'il s'éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s'approche pour l'interviewer :
« - Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom?
- Moshe Aknoun répond-il.
- Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?
- Plus de 50 ans répond-il.
- 50 ans !!! C'est in-cro-ya-ble !!! Et pour quoi priez-vous ?
- Je prie pour la paix entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans.
Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine.
Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables, qui aiment leur prochain.
- Et que ressentez-vous après 50 ans de prières ?
- J'ai l'impression de parler à un mur… »

toute la mer va vers la ville -deuxième service-

- St Nazaire vers 1840-envoyé par Philippe

 

Le port

"Toute la mer va vers la ville !

Son port est surmonté d'un million de croix :
Vergues transversales barrant de grands mâts droits.

Son port est pluvieux et suie à travers brumes,
Où le soleil comme un oeil rouge et colossal larmoie.

Son port est ameuté de steamers noirs qui fument
Et mugissent, au fond du soir, sans qu'on les voie.

Son port est fourmillant et musculeux de bras
Perdus en un fouillis dédalien d'amarres.

Son port est tourmenté de chocs et de fracas
Et de marteaux tournant dans l'air leurs tintamarres.../...

.../...Toute la mer va vers la ville !

Les flots qui voyagent comme les vents,
Les flots légers, les flots vivants,
Pour que la ville en feu l'absorbe et le respire
Lui rapportent le monde en leurs navires.
Les Orients et les Midis tanguent vers elle
Et les Nords blancs et la folie universelle
Et tous les nombres dont le désir prévoit la somme.
Et tout ce qui s'invente et tout ce que les hommes
Tirent de leurs cerveaux puissants et volcaniques
Tend vers elle, cingle vers elle et vers ses luttes :
Elle est le brasier d'or des humaines disputes,
Elle est le réservoir des richesses uniques
Et les marins naïfs peignent son caducée
Sur leur peau rousse et crevassée,
A l'heure où l'ombre emplit les soirs océaniques../...



.../...Toute la mer va vers la ville !

Ô les Babels enfin réalisées !
Et cent peuples fondus dans la cité commune ;
Et les langues se dissolvant en une ;
Et la ville comme une main, les doigts ouverts,
Se refermant sur l'univers !

Dites ! les docks bondés jusques au faite
Et la montagne, et le désert, et les forêts,
Et leurs siècles captés comme en des rets ;
Dites ! leurs blocs d'éternité : marbres et bois,
Que l'on achète,
Et que l'on vend au poids ;
Et puis, dites ! les morts, les morts, les morts
Qu'il a fallu pour ces conquêtes.../...



.../...Toute la mer va vers la ville !
La mer pesante, ardente et libre,
Qui tient la terre en équilibre;
La mer que domine la loi des multitudes,
La mer où les courants tracent les certitudes ;
La mer et ses vagues coalisées,
Comme un désir multiple et fou,
Qui renversent les rocs depuis mille ans debout
Et retombent et s'effacent, égalisées;
La mer dont chaque lame ébauche une tendresse
Ou voile une fureur ; la mer plane ou sauvage ;
La mer qui inquiète et angoisse et oppresse
De l'ivresse de son image.../...


.../...Toute la mer va vers la ville !

Son port est parsemé et scintillant de feux
Et sillonné de rails fuyants et lumineux.

Son port est ceint de tours rouges dont les murs sonnent
D'un bruit souterrain d'eau qui s'enfle et ronfle en elles.

Son port est lourd d'odeurs de naphte et de carbone
Qui s'épandent, au long des quais, par des ruelles.
Son port est fabuleux de déesses sculptées
A l'avant des vaisseaux dont les mâts d'or s'exaltent.

Son port est solennel de tempêtes domptées
Et des havres d'airain, de grès et de basalte."

 -Emile Verhaeren-Le Port-