envoyé par visconti35
samedi 22 août 2009
récit de mer




"Originaire de Séné, je m'étais embarqué, au tournant du siècle comme novice sur le trois mats "Maréchal Suchet", commandé par le Capitaine au long-cours Joseph-Ange Créquer de l'Ile aux Moines.
Nous avions pris à Dunkerque chargement de briquettes pour Nouméa. Ce fut une traversée sans histoire, jusqu'à la mort de l'un de nos compagnons.
le capitaine, en homme de coeur, au lieu de laisser le marin décédé dans le poste d'équipage, le fit exposer au salon, à la place d'honneur pendant vingt quatre heures, c'est à dire jusqu'au moment de son immersion.
Chacun des membres de l'équipage à tour de rôle, put veiller ainsi en un lieu décent, la dépouille de leur camarade.
Sur les indications du Capitaine, le Maître d'Equipage avait confectionné un linceul de toile à voile qui fut lesté d'une lourde gueuse de fonte. Quand le moment fatidique fut venu, le Capitaine fit mettre en panne. Alors, quatre marins portèrent leur Camarade juqu'au sabord d'où il devait être immergé.
Le Capitaine qui était un fervent chrétien récite une courte prière, puis fit signe de laisser glisser à la mer la dépouille de notre malheureux compagnon. Ce fut pour l'Equipage un instant d'intense et douloureuse émotion. nous restâmes encore un moment sur les lieux, puis l'Officier de quart fit mettre en route.
La vie continuait...
quelques jours après, nous fûmes assaillis par une tempête effroyable au cours de laquelle, la misaine se déchira en deux. Elle fut déverguée et remplacée par une misaine neuve. Tout l'Equipage, Officiers compris, dut mettre la main à la pâte. Le Capitaine lui-même prit la barre afin de libérer le timonier.
Cent dix jours après notre départ de Dunkerque, nous jetâmes l'ancre à Nouméa, où les forçats de l'ile procédèrent au débarquement du navire. Quelques semaines après nous partîmes pour Londres chargés de nickel. Cette nouvelle traversée, sans incident notable devait durer cent cinquante cinq jours.
Je ne saurais terminer ce récit, sans rendre un hommage mérité à l'homme de coeur et vaillant marin qu'était le capitaine au Long cours Joseph Ange Créquer. il fut toujours très bon pour le jeune novice que j'étais, ses qualités professionnelles et sa bonté, lui valaient le respect,l'estime et l'affection de son Equipage qu'il traiait en toutes circonstances avec égards et humanité. Son sourire bienveillant avait, dès le début de la campagne, conquis notre coeur à tous.../..." L.N.
MARECHAL SUCHET
Trois-mâts carré lancé en 1902 aux chantiers de Penhoët à Saint Nazaire pour la Compagnie Française de Navigation. Repris par la Société des Voiliers Nantais, d'Eugène Pergeline, dont il fut le 13e navire.
Caractéristiques
Bâtiment à coffre dont le mât d'artimon ne gréait qu'une perruche simple surmontée d'un cacatois de perruche.
3000 tpl 2390 tx JB
Longueur 84,70 m Largeur 12,41 m Creux 6,93 m
Histoire
Pris au neuvage par le capitaine Béridon.
En Février 1909, au retour d'un voyage du Chili, allant de Falmouth à Londres en remorque du Guadiana, MARECHAL SUCHET se mit au sec sur Shingle Bank par suite d'une fausse manoeuvre du remorqueur. Le voilier talonnait violemment et menaçait de s'ouvrir. Le grand mât s'affaissa et se plia sous la hune. L'équipage dut abandonner le navire et se réfugier à Margate. Le 22 Mars, au cours d'une accalmie, l'équipage revint à bord et parvint à passer une remorque aux remorqueurs de secours. Le bâtiment fut tiré de sa fâcheuse position et put reprendre la navigation après réparations.
MARECHAL SUCHET traversa toute la période de la Grande Guerre sans faire de mauvaises rencontres.
Après la guerre, il fut vendu à un armement allemand qui le rebaptisa FAITH, et il continua ses voyages sur le Chili. En 1925, il revint même en escale à Nantes, chargé de salpêtre.
En 1926, c'est le grand armateur allemand de voiliers, Laiez, qui en fait l'acquisition et le rebaptise PELLWORN.
Au début des années trente, il est désarmé et prend le nom de HEIN GODENWIND (nom semble-t-il d'un personnage de comédie allemande). Il est alors transformé en restaurant et amarré dans la rivière de Hambourg. Le restaurant peut recevoir cinq cents personnes et des hublots supplémentaires ont été percés dans la coque. Le navire a conservé ses mâts, mais pas ses vergues hautes.
Il est détruit au cours de la seconde guerre mondiale, lors des bombardements alliés sur Hambourg.
photos et textes souces: forum spécialisé -peinture: patrimoine région Bretagne- et archives personnelles-
vendredi 21 août 2009
comment va la santé?
étrange et pénétrant
a lire aujourd'hui même sur le site de l'express :
"Lazare", un mutant ancêtre de la grippe A
Par Gilbert Charles,"Une fuite de laboratoire aurait fait ressurgir le virus de la grippe espagnole. Un ancêtre du H1N1, responsable de l'épidémie actuelle.
Et si la grippe avait été provoquée par une erreur humaine ? Cela pourrait ressembler à l'une de ces théories conspirationnistes qui fleurissent sur Internet. Et pourtant, cette hypothèse n'a rien de saugrenu: selon une étude publiée le 16 juin dans le très sérieux New England Journal of Medicine, le virus responsable de la grippe actuelle descend d'une souche de la grippe espagnole de 1918, relâchée dans la nature à la suite d'un accident de laboratoire, dans les années 1970. Des chercheurs de l'université de Pittsburgh (Pennsylvanie) ont mené une véritable enquête policière pour arriver à cette conclusion, en reconstituant l'histoire du virus depuis un siècle, à travers les mutations et recombinaisons de son génome. Une souche qui mériterait le nom de Lazare, car elle ne cesse de disparaître et de renaître.
Un virus en mutation continue
Après avoir fait 50 millions de victimes au début du XXe siècle, le H1N1 a continué de circuler de façon endémique jusqu'en 1957, puis s'est éteint complètement, remplacé par d'autres souches de grippe saisonnière. Personne n'en entend plus parler pendant vingt ans, jusqu'à ce qu'une étrange épidémie se déclenche, en janvier 1976, parmi des soldats d'une base américaine, à Fort Dix (New Jersey): 230 militaires tombent malades, l'un d'eux décède. Les analyses montrent qu'il s'agit d'un nouveau type de H1N1, issu d'une souche de fièvre porcine qui sévit de façon endémique dans les élevages de la région.
Le gouvernement de Gerald Ford s'affole et lance une grande campagne de vaccination: 40 millions d'Américains reçoivent leur injection, mais 532 développent un syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune provoquée par les effets secondaires du vaccin, et 32 en décèdent. L'opération décidée dans la précipitation est un désastre inutile: la souche s'est révélée moins agressive qu'une grippe saisonnière et elle ne semble pas s'être répandue au-delà de la base militaire du New Jersey.
Entre 1917 et 1920, la grippe espagnole a tué 20 millions de personnes dans le monde.
Un virus voyageur
Pourtant, quelques mois plus tard, en novembre 1977, une autre épidémie de grippe touche l'Union soviétique, Hongkong et le nord de la Chine. Surprise: c'est encore un virus H1N1, différent de celui de Fort Dix, mais très proche de celui de la pandémie de 1918, que l'on croyait éteint! Les similitudes sont telles qu'il ne peut s'agir que d'une souche conservée dans un congélateur, qui n'aurait pas évolué pendant deux décennies. "Nous ne pouvons pas identifier le coupable, mais la résurgence du H1N1 en 1977 semble avoir été provoquée par l'homme", conclut Shanta Zimmer, un des auteurs de l'étude.
Depuis cette date, le virus n'a cessé de circuler, sous de multiples variantes, animales ou humaines. Près de la moitié du génome de la souche de 2009 comporte ainsi des éléments de la fameuse grippe espagnole de la fin de la Première Guerre mondiale.
Une grippe à origines multiples?
(article envoyé par serge)
papa est en voyage d'affaires

Mon père ce héros?
méconnu
inconnu
nu!
Mon père que j'avais du mal parfois à voir en peinture, alors qu'il en était l'entrepreneur
justement.
Comme son père
justement.
Pourtant, il préférait la peinture qui se toile, qui s'imagine.
il s'en fit d'ailleurs quelques unes qu'il recouvrait d'une précédente.
A choisir- mais à l'époque, ça se faisait peu,
il aurait préféré le rôle d'un prof d'Anglais, puisque de quelques années d'école, il avait su rapidement parler la langue du bebop, celle des libérateurs en jeep avec qui il jouait l'interprète sur les routes de la presqu'ile Guérandaise et avec qui il trimballait -depuis son adolescence- des affinités musicales et culturelles.
Mon père ce zazou
en cravate saxo et guitare
en jazz et culotte de golf
en patin à roulettes et figures imposées.
Mon père en rouflaquettes
et son slip sur la tête
et ses farces et attrape ma grand mère
Mon père et son violon qu'il savait faire pleurer dans la musique tsigane qu'il aimait tout autant que le jazz.
mon père et l'ambiance piano-bar
quand de l'électrophone, il soutirait des airs actuels du passé, pour nous les rejouer,
dans ses notes à lui.
Mon père, le grand absent
d'une paire de sentiments
à l'écriture fébrile
au regard rieur
et à l'humour sévère
l'inverse ça marche aussi.
Mon père
plus sérieux tumeur
Celui qu'a pas assez vieilli pour bien se connaitre en cheveux blancs.
Maintenant,
que je pourrais être son grand-frère
depuis que je l'ai rattrapé dans la cote
et dans mes raccourcis
je le vois les fesses à l'air sur le canapé.
"Et alors on fait moins le malin
mon pé-père?"
vu du golfe
"A marée basse, on accède à Berder sans plus d'histoire; à la gouvernance des flots, il est nécessaire de prendre une plate ou d'appeler le passeur. Ainsi, ce qui est une ile et ne l'est pas, offre aux visiteurs une sorte d'Arcadie avec de l'aloès entre les rochers du littoral, et des bouganinvillées dans les déchiquetures de la côte."Nous allons mettre à la voile" me dit Paul. Plus prosaïquement, ce fut en canote à moteur qu'on quitta le rivage pour prendre par le milieu de la petite mer
Au passage Paul eut un mot pour le tumulus de Gavrinis le plus vaste et le mieux conservé qui soit au monde, avec gravée sur ses poutres de pierre, des serpents se mordant la queue et des soleils circonfériques. "Sans doute le peu qui nous soit parvenu de l'écriture des Atlantes." dit-il en regardant un cormoran s'éployer sur un récif.
L'embarcation, qui menaçait de verser, avançait en toussotant. Mon ami tomba la veste, revissa une casquette de pinassier sur son crâne et dit avec la plus haute ferveur: "Nous sommes ici au centre d'un monde clos-ou presque clos-, avec des lumières et des étincellements très exceptionnels. Qui connait la splendeur des fonds, quand la surface offre tant de merveilles? Ouvrez votre coeur autant que vos yeux, ici, tout n'est qu'une prière exaucée."
Il mit une main à la hauteur de la visière qui menaçait de s'envoler et parut reconnaître un héron cendré là-bas, dans les herbues. Il dit: "Dans moins d'une heure nous aborderons au séjour des princesses de la mer. C'est le nom qui fut, autrefois, donné aux îliennes. Princesses, sans doute, fées certainement..."
Nous arrivâmes à petits crachotements, non loin du débarcadère et nous nous rangeâmes près de la cale de manière à ne pas gêner la manoeuvre des vedettes avec leurs cargaisons d'estivants pas mal vacanciers.
La barcasse solidement arrimée à une borne du quai, nous primes l'escalier de granit et, à ma surprise nous entrâmes dans un commencement de futaie.
"Nous sommes ici au Bois d'Amour dit Paul. Si vous avez un voeu à faire, que ce soit celui d'y revenir bientôt avec celle qui aimera cet Eden et vous en aimera davantage."
Parmi les arbres, l'odeur du goémon l'emportait encore sur les senteurs de mousse et de résine. Dans les herbes et jusque dans les ronces, des incandescences se mouraient de plaisir, quand l'été se fortifiait de brasillements et de craquelures.
Nous empruntâmes un sentier bordé d'eucalyptus et, comme l'auberge refusait du monde, on nous mena sur une terrasse ou nous trouvâmes table à l'ombre d'un parasol. "Regardez, dit Paul, on se croirait à Corfou, dans les jardins d'Elisabeth d'Autriche."
Comme autour de nous, on parlait voitures, bateaux, plages, régates, Paul, tout en décortiquant un tourteau , embrassa la mer qui moutonnait vers Port-Navalo. C'était une large étendue ondulante, qui se renvoyait de brefs éclairs, comme autant d'appels.
"Elle est faite dit Paul. Elle prend bien ses aises. Elle doit quand même clapoter vertement sur les rochers. Ne pas oublier que si elle prend ses aises, elle ne paresse jamais. Toute intérieure qu'elle est, ici, elle se veut prélude au rude océan." .../..."
extrait de vu du golfe de Charles Le Quintrec texte publié dans "en Bretagne ici et là" -40 lieux, 40 auteurs-éditions Keltia Graphic -imprimeur-éditeur-
jeudi 20 août 2009
Ce matin du côté de Pen Bron
Depuis de nombreuses années le centre marin de Pen bron accueille dans un site magique entre océan et traict du croisic- des enfants et des adultes présentant des handicaps à prédominance motrice.
Seulement, ici comme ailleurs, la politique de santé à la française sous couvert de mÔdernisme bien sur et autre "bachelotage", suivant le cycle actuel et mondialisé de profit et de rentabilité propre au système Kapitalizte, a décidé d'un trait de plume dans ses bureaux climatisés et froids comme les cours de la bourse qui l'anime, de fermer dans les prochaines années ce centre, pour intégrer ses services dans un (très à la mode) pôle de santé, actuellement en construction à Saint-Nazaire et qui regroupera prochainement hôpital, cliniques et services divers.
Paradoxe, à l'heure où on les ferme les unes après les autres, s'ouvrira bientôt une véritable usine à gaz... de soins. (tsoin! tsoin)
Mais...
on peut imaginer que le site exceptionnel de Pen Bron ne sera pas perdu pour tout le monde- et gageons qu'une fois rasé on y trouvera à la place un complexe de thalasso pour soigner les kilos en trop et le stress de quelques fricouilles bon teint ou toute autre structure du même acabit.
Pour sur, que ça sera certainement plus chic , plus rentable et plus seyant que la vue de toutes ces personnes déambulant leurs souffrances en fauteuil roulant et essayant de trouver quelques plaisirs à la vie en soignant leur regard, leur corps et leur âme dans un endroit iodé, paisible, beau et profondément humain....
-Le progrès est en marche, savez-vous?
Monogrenade - Ce soir
découvert sur le blog " filles sourires"
http://www.fillessourires.blogspot.com/