lundi 3 août 2009

Et vous ? ça va ?


Des cris, des coups, des keufs

"Me voilà bien. J'ai une tumeur dans la fesse. Comme une orange en béton qui m'a poussé hier, ouille. Au moins, ça s'est substitué à la douleur du lumbago. Le hic, c'est que ce n'est pas tout à fait symétrique avec l'autre fesse, elle plutôt ramollo.C'était hier après-midi. J'étais fin prête pour la chimio qui commence aujourd'hui. J'allais retrouver mon amie Victoria pour papoter et voir une expo de photos.On frappe à ma porte. Pas Victoria. C'est Henri, un habitant de l'immeuble, visiblement bourré, comme parfois (je suis gentille, pour ne pas dire souvent). Architecte de formation, il est à la masse, imprévisible, en raison de son alcoolisme. A jeun, il peut être charmant et intéressant.Or, pendant mon absence corse, il a fracturé la porte d'un local «partie commune», inexploité, où mon voisin Sébastien et moi entreposons notre bazar, étant les seuls de l'immeuble à ne pas disposer de cave. En rentrant à la maison mercredi dernier, j'avais vu le travail: serrure fracassée, chambranle éclaté, chamboulement maximal à l'intérieur, mot vengeur et anonyme affiché. Reconnaissant l'écriture, j'ai soupçonné ce zinzin d'Henri, sans preuve formelle. Je suis allée sonner chez lui. En vain.Hier matin, disposant d'un peu de temps, j'ai donc alerté le conseil syndical, rédigé et apposé une affichette, rappelant que ce local était effectivement partie commune mais que chacun pouvait en disposer, il suffisait de demander. D'ailleurs Mme D., bientôt en dialyse à domicile, allait y entreposer à la rentrée des poches de liquide.Donc le charmant Henri frappe à ma porte. A l'évidence, il a lu l'affichette fraîchement posée. Première question de ma part :
—«C'est vous qui avez fracturé le local ?»
— «Oui, c'est moi, connasse, enculée, pute, c'est partie commune…»
Là, j'ai eu la présence d'esprit, quand le mot «pute» a commencé à tourner en boucle, de téléphoner à mon voisin Sébastien pour qu'il suive l'échange en direct et constitue un témoin auditif (je ne sais pas me servir de la vidéo de mon portable). Sébastien a donc suivi. Il a entendu la baffe que l'autre m'a mise, après que j'ai réussi à en esquiver une première. Je vous fais grâce des détails, assez croquignolesques. Allez juste: quand il m'a filé la gifle, maousse, il faisait tant de moulinets qu'il a laissé tomber son trousseau de clés puis il s'est barré en ouvrant une porte qui donne sur le porche.

J'ai donc ramassé ses clés, tout en rigolant à voix basse «il est tellement bourré qu'il ne sait pas qu'il a paumé ses clés».
Au bout de dix minutes, l'entendant faire les cent pas sous le porche, sans doute à la recherche de son trousseau, j'ai eu la bonté d'ouvrir la porte donnant sur le porche et de lui dire «Elles sont là, vos clés!». Je n'ai pas dit «connard», mais je l'ai pensé très très fort.
Vu qu'il m'avait cognée, je ne les lui ai pas remises, je les ai jetées à ses pieds. Et là, il a re-peté les plombs, il s'est engouffré chez moi, m'a foutu une détente du droit pour me faire tomber, juste sur une sorte d'estrade en béton qui longe la partie cuisine. Toujours le téléphone en main, je me suis dit «gaffe à la tête, gaffe au rebord», j'ai réussi à amortir la chute du bras droit et à prendre tout le poids de la chute sur la moitié de la fesse droite. D'où la tumeur.
J'ai repoussé mon charmant visiteur et me suis barricadée, tandis qu'il tambourinait sur ma porte. A noter que notre caressant pochtron sait que j'ai un cancer.Compte-tenu des coups portés, j'ai appelé le 17 pour savoir où déposer plainte un dimanche. Et là, à l'écoute de mon récit, les flics ont souhaité envoyer police-secours pour cueillir le loustic. Ce n'était pas mon objectif, mais tant pis. Henri ne cessait pas de faire des aller-retour devant ma porte, je voyais à travers le judas. Et moi qui ne suis pas trouillarde, je commençais à être moyennement rassurée.
Mon amie Victoria arrive, puis trois flics envoyés par le 17. Je leur explique la situation et voilà notre Henri qui redescend pour zoner devant ma porte. Ai pas pu m'empêcher de lui lancer :
— «Vous tombez bien, vous avez un comité d'accueil…»Sa ritournelle «pute» a repris de plus belle, ainsi qu'un net titubage, ce qui lui a valu une paire de menottes illico. Puis les keufs l'ont mis dans leur fourgonnette. Et m'ont proposé de me conduire au commissariat pour le dépôt de plainte. Assez futés, les flics ont réclamé un véhicule supplémentaire, pensant qu'il ne serait pas très malin de me transporter en compagnie du si avenant Henri. Celui-ci hurlait: «Vous allez me passer à tabac !!!» Une des fliquettes, très drôle : «Pas tout de suite, dans l'intimité.»Il a été placé en garde à vue et en cellule de dégrisement.
J'ai pu déposer plainte auprès d'un jeune officier de police judiciaire, surchargé de boulot. Il se préparait à auditionner une mineure roumaine de 12 ans prise en flagrant délit de vol à la gare du Nord. Tout un binz d'organisation: préparation du PV, interprète, caméra et micro pour enregistrer la séance.
J'ai d'abord poireauté dans son bureau près d'une heure, à constater le foutoir, la tristesse des locaux, il ne trouvait pas les DVD à graver pour l'audition de la mineure, ils auraient besoin d'un coup de main, les keufs, pour le ménage et l'organisation (je vais postuler, c'est sûr, disons entre chaque chimio). Là, j'ai osé un petit mensonge: «J'ai un cancer et une chimiothérapie qui commence demain, je dois prendre une prémédication à 18 heures (en fait, c'était à une heure du matin), vous croyez que ce sera possible !»Il a râloté puis au bout de dix minutes: «Bon, je vais prendre votre plainte.»
Ai expliqué les faits, que c'était le premier dépôt de plainte de ma vie, s'il ne s'était agi que d'insultes, je ne serais pas venue, mais là il y avait des coups, je ne pouvais pas laisser passer sans rien faire. D'autant que si j'avais été capable d'y faire face sans trop de dégâts aujourd'hui, ce ne serait peut-être pas le cas à l'avenir, avec l'affaiblissement induit par la chimio.

Le flic, Fabien de son petit nom, m'a proposé de me faire conduire aux Urgences médico-judiciaires pour constater l'état de ma fesse. Je lui ai répondu que ce n'était pas indispensable : bloquer trois policiers, faire le pied de grue trois heures à l'Hôtel-Dieu, pour constater un pauvre hématome, me voir gratifier d'une demi-journée d'ITT alors que que suis en arrêt-maladie et en affection longue-durée, on pouvait s'en dispenser, non ? Il a opiné, visiblement soulagé.

J'ai insisté pour que figure sur le PV que ce fou d'Henri était avant tout malade. Mon seul souci, c'est que je connais mal les réactions des alcoolos: est-ce que son passage chez les keufs va lui servir de leçon ? Me demande. J'espère.Le Fabien m'a informée d'une confrontation prochaine. Peut-être dès ce soir. Normalement, avec les tonnes de cortisone dont je suis bourrée aujourd'hui, ça devrait être possible.De toute façon, mon voisin Sébastien, qui n'a pas froid aux yeux et qui rentre de vacances mercredi, m'a annoncé qu'il prendrait aussitôt le poivrot pas rigolo entre quatre yeux.C'était donc l'opération «détente», telle que vous l'aviez préconisée. Vous voyez, j'obéis.Le canapé vient d'être livré. C'est chanmé. Timing respecté. Et c'est l'heure de poser le patch anesthésiant à l'endroit où l'on piquera dans deux heures, au-dessus du porte-cathéter.
Ayant rangé hier l'armoire à pharmacie, j'ai retrouvé trois patchs Emla datant de K1, certes périmés (mai 2008). Ne hurlez pas, on ne se refait pas, j'aime pas gâcher, je viens d'en mettre un, je suis sûre qu'il anesthésie encore. Rassurez-vous, si ça avait été à ingérer, là, j'aurais gâché.De toute façon, je ne suis pas très douillette… Vaut mieux, dans un sens, avec ce qui m'attend."

Leonard Cohen - Isle of Wight 1970

envoyé par radiohades

chers oiseaux

"Chers oiseaux de bureau, aimables collègues de proie, dans vos orbites, ce soir, je dépose une toupie folle. Depuis plusieurs siècles, maintenant, vous m'amusez énormément. Secouée de hoquets, je tiens le vide à distance, prenant bien soin de ne pas en avaler quand on m'en offre, merci, comme c'est aimable à vous, puis je recrache, quand personne ne me regarde, dans le pot de roses naines , naines jaunes qui sont bien à leur place ici..../...

.../...Chers oiseaux de bureau, chers rapaces familiers, si vous vouliez bien mourir ou du moins disparaître, cela me serait d'un grand réconfort, cela m'apaiserait. mais vous êtes là pour durer, tel est même votre but unique et commun, durer jusqu'à épuisement de tout le stock de points de retraite, puis de points de de suspension, puis en apnée, vous durerez encore jusqu'à ce que le progrès permette le labeur éternel avec bouteilles d'oxygène à recharge automatique..../...
.../...Je regarde le ciel, je regarde mon ciel bien bas, mon ciel courbé, ciel double plafonné de petite employée, et ce sont des étendues immenses qui s'ouvrent, merveilleuses, et qui m'appellent.../...

.../...Je regarde mon ciel joyeux et infini, mon ciel déployé jusqu'à l'ultime blancheur, jusqu'à la nuit dont l'oeil noir se révulse pour m'accueillir.../...


.../....Où volez-vous? Je vous vois vous approcher pour me rogner les ailes. Nuée de porte-plumes, vous fendez sur moi avec avec un acharnement qui me laisse nue au fond de la terreur.../... "

extrais de "chers oiseaux" anne Weber -fictions § cie -Seuil-

mister bonnet himself


Mais que vois-je?
Notre spécialiste mondialement reconnu es -bière bretonne et de navarre en train d'enquêter avec Bonnet-ration bien sur (et déjà sur les chaussettes) au bar de Notre Dame- il s'agit naturellement de monsieur Bonnet avec un B comme dans ...bonne bouteille de bière bretonne

natur' action à notre dame des landes


Et voilà sur la photo quelques sympathiques animateurs d'une association vigilante et active et qui fait beaucoup pour le respect et la défense de la nature sur la commune de Saint-Nazaire (et y'a du boulot...) tout en s'impliquant -comme l'explique sa présence à notre dame des landes- dans des luttes environnementales à l'échelle départementale.

le site et le blog

les forges de Trignac


De passage au nord de la Loire, Didier des Deux-Sèvres a découvert à droite juste après le pont qui l'enjambe (la Loire pas Didier) une bâtisse impressionnante qu'il a prise en photo tout en se demandant qu'est- ce que c'était donc que cette chose? et pour la peine il a envoyé un courriel aux chroniques de l'estuaire pour poser la question.
Et bien(g) nous pouvons donc répondre présentement et avec assurance qu'il s'agit des anciennes forges de Trignac- ancien grand centre industriel de la presqu'ile guérandaise et haut lieu des luttes sociales des 19em et 20em siècle.
L'usine sera finalement fermée en 1972.

-plus d'infos sur le sujet par ici

Merci à didier pour la photo et je vous conseille d'aller faire un tour sur son site ou vous pourrez en voir beaucoup d'autres sur de multiples sujets et d'excellente qualité artistique.

dimanche 2 août 2009

sneck à notre-dame



merci remy ;-)

aéroport notre dame des landes:NANN TRUGAREZ




joli tee-shirt des ptits frères des pauvres
Dans un autre style...


toilettes sèches et... travaux pratiques

un avion en patate du pays ça fait pas de mal à la couche d'ozone




"Oui à l'oxygène non au kérozène"
un des multiples slogans qui vont agrémenter cette semaine de résistance au projet -vieux de 40 ans...- de construction d'un aéroport sur la commune de Notre Dame Des Landes.


Depuis hier et jusqu'à dimanche prochain des ateliers, des débats des projections, des concerts, un camp action climat.. et beaucoup d'imagination et de bonne humeur vont traduire le refus de citoyens nombreux et responsables à ce que l'on ne peut guère appeler autrement qu'une énorme connerie, coûteuse, inutile, anti-écologique et anti-sociale. Bref! qui ne sert strictement à rien ni à personne si ce n'est à quelques bétonneurs bien connus et politiciens qui se foutent de l'avis des populations, du moment qu'il peuvent asseoir leur suffisance sur les sièges dorés et lucratifs qui les supportent encore. Encore que...même de ce côté là il semblerait que certains commencent à douter du bien fondé de l'opération- comme par exemple le maire socialiste de saint-nazaire qui certes en matière de sens du vent est pourrait-on dire un écologiste de longue date...

En tout cas à l'heure actuelle un collectif d'élus du département regroupe déjà près de 300 opposants au projet et de nouveaux adhérents sont attendus dont ceux des départements limitrophes. "Ce sont les citoyens qui doivent décider de leur avenir" a martelé un des intervenants de cet après-midi, et c'est ainsi que des projets récents d'extension portuaire comme Donges Est, ou plus ancien de centrale nucléaire au Pellerin et ensuite au Carnet n'ont pu se réaliser grâce à la mobilisation et volonté des populations...Alors il n'y a pas de raison que l'on s'arrête en si bon chemin et n'oublions pas de rappeler aux politiques frileux ou intéressés qu'on les tient toujours à la culotte avec notre bulletin de vote...

tous les détails sur la semaine de résistance sur le site que voici

samedi 1 août 2009

questionnement béotien d'aoutien du début sur sa fin









Souvent, je me demande:
à quoi pense t'il?
est-il bien là où il est?
Et des problèmes du monde, aurait- t'il un avis qui pourrait m'éclairer ?


Pas bien grand, il tiendrait presque -comme on dit- dans un mouchoir de poche. Il ressemblerait si j'en crois les exégèses et leurs vieux lorgnons, dans sa disposition en tout cas - à un jardin de curé -
Et le choeur des saintes rigolades aussitôt dit ,d'entonner :
ah ben dame tiens, on se refait pas... C'est mon côté renvoi des digestions difficiles sans -doutes!

mais revenons à lui, car pour l'heure ma modeste raillerie je la renvoie à ses exercices de noeuds
.

Entre nous, je l'appelle jardin, seulement je ne sais pas si cela lui convient vraiment.
Peut-être trouve t'il le qualificatif légèrement prétentieux surtout après avoir visité -pour la digestion- celui tout proche et iodé à souhait (à vos souhaits aussi) du bord de mer ou encore mieux Brocéliande et Morgane de soi ou encore Giverny et par ici le Monet, ou Versailles-je veux ne voir qu'une tête marie-antoinette, ou Anduze et le coup de bambou ou Montpellier des médecins imaginaires ou Nantes à deux pas de la salle d'attente de la gare au grand jacques -l'autre- ou Maulévrier qui vous jape au nez, ou alors carrément tout un festival à Chaumont sur Loire qui chaque année invite les plus barrés des plus poètes des plus doués jardiniers.

Ah mais la question se pose justement -là- non un peu plus à gauche encore- voilà: comme ça - souriez- ne bougeons plus:
S'agit-il d'être jardinier pour avoir un jardin ou seulement avoir un jour jardiné? ou contemplatif de tant d'herbe qui passe, poser son cul au sol et regarder la nature pousser? "Ecoute s'il pleut" disait le balladin, et la perle d'arrosée sur la feuille de l'hortensia d'ici a t'elle moins ses aises que dans le grand pré d'à côté?
C'est point grand et sans doutes un peu fouilli, tout a fait à mon image en quelque sorte, mais alors! vous voulez dire, vous voulez rire, cher maître soixante-et onze que le ptit coin de son chez soi il est tout à sa mesure, à ses envies, à ses folies, à ses manières et relachement?
Mais revenons encore à notre chlorophylle , surtout qu'en ce moment, c'est plutôt vert sous la ramure, la faute à plus de saisons, au spoutnik, à la conjoncture ...? parce qu'en ce qui me concerne, je l'avoue je n'ai rien arrosé cette année- et ne croyez pas que j'ai la fâcheuse habitude comme font souvent les mecs d'aller marquer leur territoire dans le bosquet au bout de l'allée- ben non! D'abord ici c'est tout petit et bonjour les désagréments...

Donc, résumons, la couleur dominante c'est bien le vert- puisque les hortensias en fin de spectacle commencent franchement à faire la gueule, le jasmin a fini d'embaumer le quartier, le rosier, heu!...j'ai oublié de lui couper les ongles cet hiver et depuis il me tire la tronche! ah si y'a bien le fenouil qui prend ses aises dans les jaunes légers- tout nouveau dans le bourg, il va comme je te pousse, la ciboulette a l'air d'apprécier la météo, le laurier comme d'ab. il s'en fout, monsieur s'adapte, la menthe s'étale mais ça, c'est du naturel chez elle, la vigne toujours aussi vierge -la pauvre-mais ça pas l'air de la tracasser pour autant , et d'ailleurs je la soupçonne de vouloir coloniser la façade de la boutique- encore discrète là-dessus cette année mais l'an prochain...

"Mon" jardin il ressemble à rien qu'à lui-même , je l'appelle: mon jardin dondaine- il est petit comme je l'aime, et pas besoin que la vue s'y perde pour y blottir mes rêves. Un ptit carré de verdure, un coin de balcon et ses tomates cerises, une toile cirée et sa plante verte.. ...chacun a droit comme il peut, à son coin de nature, et s'envole avec où l'enmène ses ailes...