mercredi 11 janvier 2017

quelle est donc





"quand une jeune fille se met une fleur dans les cheveux, quand une plaisanterie surgit au cours d'une conversation,, quand nous-nous perdons dans le clair obscur d'un crépuscule, tout cela n'est-il pas de l'art?"
Witold Gombrowicz





photos Camille

"a propos aimez vous faire des bulles de savon au bord d'un lac, lorsque le soleil se couche, qu'on entend les remous des carpes, et qu'un pêcheur immobile "assis", se regarde en silence dans le miroir de l'eau"
Witold Gombrowicz


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« L'anecdote si amusante sur Tristan Bernard qu'il m'a racontée. L'été dernier, en chemin de fer, Bernard est pris à partie par un voyageur, dans un comparti­ment de 26, où se trouvait également une dame, pour : ledit Bernard s'être mis à fumer une énorme pipe. Mutisme de Ber­nard sous les reproches. Le voyageur ne s'en échauffe que mieux, menaçant Bernard du chef de gare de la prochaine station. On y arrive, le chef est appelé, le voyageur lui explique l'inconve­nance de Tristan Bernard : pas compartiment de fumeurs, pas demandé permission, etc... Là-dessus : « Demandez donc d'abord à cette dame comment il se fait qu'elle voyage en seconde avec un billet de troisième », dit Tristan Bernard au chef de gare. Celui-ci oublie l'histoire de la pipe, ne voit plus que l'intérêt de la compagnie, demande son billet à la dame, billet de troisième en effet, et la prie de descendre. Le train repart. Tristan Ber­nard seul maintenant avec le voyageur. Celui-ci se met à ne pas le féliciter de sa goujaterie : avoir ainsi procuré un affront à une femme... « Et d'ailleurs, lui dit-il, comment avez-vous pu savoir que cette dame voyageait avec un billet de troisième ?... - Parce que, répond placidement Tristan Bernard, parce qu'il était de la même couleur que le mien. » Il paraît que le voyageur a été « tué ». (20.12.06

 Paul Léautaud

« Aujourd'hui, à côté de moi, un couple, tout jeune, l'un et l'autre à peine vingt ans, certainement, lui un grand dadais, à petit bouc, à longs che­veux rejetés en arrière, l'air d'un jocrisse complet, parlant d'une voix susurrante et enfantine, elle, une petite brune, le visage le plus sec et le plus dur, une petite garce déjà dans ses manières et dans sa façon de lui parler, lui se faisant encore plus jocrisse : « Le petit chat ! le petit chat ! », le petit nom dont probablement il l'appelle. Je me retenais de leur dire : « Non, vous savez, j'ai rarement vu pareils nigauds à vous deux. » Heureusement pour moi, je n'ai jamais eu ce genre comme amoureux ou comme amant. Le clair de lune et la petite romance n'ont jamais été mon fait. Une cer­taine affaire m'a surtout toujours occupé. Le physique, oui, le physique. C'est l'essentiel de l'amour et c'est même tout l'amour. Je le dirai jusqu'à la fin de mes jours. Ce qui n'empêche pas le « sentiment », si le physique est agréable. » (08.01.41)


 P.L.

 « Il ne faudrait pas croire (...) que je suis un vieillard répu­gnant. Je n'ai jamais été mieux dans ma vie par l'expression du visage, le teint uni, les lèvres rouges comme dans la jeunesse, les yeux aussi vifs que brillants. Evidemment, je n'ai pas le visage d'un bellâtre coiffeur, mais j'ai un visage plein d'expression, de caractère et hors de l'ordinaire. Je le vois à la façon dont les gens me regardent. Je suis droit comme un I, aucune voûture [sic], mince, prompt et souple. Cet exemple : je me plie sans aucune difficulté pour ramasser quelque chose par terre, sans aucun plie­ment des jambes. Je l'ai encore constaté ce matin. Je continue à veiller tous les soirs jusque vers minuit sans m'en ressentir en rien. Je me lève le matin, aussi lucide, - dire que j'emploie ce mot-là, moi aussi ! - que le soir quand je me couche. Je dévale le matin, vers la gare, comme un zèbre, et ce serait encore mieux si je n'étais obligé par les circonstances de porter de gros souliers qui me martyrisent les pieds. Mon cerveau n'arrête pas de fonc­tionner sur les sujets les plus divers, mon travail, ce que je vois, ce que je lis, ce que j'entends. Je suis sans rhumatismes, sans douleurs d'aucune sorte, bien mieux portant que dans ma jeu­nesse. J'ai gardé ma mémoire et ma vivacité d'élocution. Je n'ai aucun défaut d'haleine ni d'odeur corporelle. Je n'ai comme malheur que mon manque de dents. Hélas ! c'est quelque chose. C'est gravement quelque chose. Un autre malheur, c'est d'être devenu à certaines choses plus sensible que je ne l'ai jamais été. » (16.04.41)

 P.L.
 "A mon retour, sur la plate-forme de l'autobus, un soldat alle­mand, un pauvre diable à sa mine et à son accoutrement, rien des beaux et solides garçons que nous sommes habitués à voir. Ne parlant pas un mot de français. Ne sachant que présenter au conducteur un papier sur lequel était écrit : Porte d'Orléans. Autobus 94 bis. Terminus. Tous les voyageurs de la plate-forme se sont mis à essayer de le tirer d'affaire, à lui faire dire où il allait, pour lui indiquer où descendre. Il ne savait que répondre en allemand, en montrant son papier. Un nouveau voyageur mon­tait-il à un arrêt, le conducteur : « Vous ne sauriez pas l'allemand, par hasard ? Il y a là cet homme... » Je crois bien qu'il s'est trouvé, à la fin, un jeune homme, qui a pu échanger quelques mots avec lui. C'était touchant, tout de même. Je n'ai pu m'empê­cher de le dire au conducteur : « C'est très bien. C'est pourtant un « ennemi » et tout le monde cherche à le tirer d'affaire. »
J'ai dit aussi à un jeune homme placé tout près de moi : « C'est la plus grande barrière : la différence des langues. Si on parlait tous la même, quel moyen de s'entendre ! que de choses disparaî­traient ! » (16.01.44)"


 PLUS


à lire de toute résurgence



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BLUETTE





 tout comme le chocolat
l'état c'est moi

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 Amsterdam
Ouvert en 1967
et fermé en janvier 2017
"They called me fluffy yellow"




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Je me suis donné du mâle

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 Christoph Butterwegge 
"Je défends les valeurs originelles du SPD qui sont l'égalité sociale, la redistribution des richesses et la limitation du pouvoir du capital."
candidat de Die Linke gauche radicale allemande aux élections présidentielles allemandes février 2017
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 "L'histoire s'avance masquée
et derrière le masque
il n'y a que nous mêmes
le regard éperdu,
le sourire recraché
Quelle est donc cette anxiété qui nous étreint?"
Frédéric Pajak




  photo de Camille

 merci Imagine moments


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