dimanche 21 septembre 2014

épisode cévenol



Ganges.
Café du siècle
-mercredi après-midi-

-A la table de droite "tatie" écosse tranquillement  des haricots.
( une nièce passée en coup de vent , m'a prêtée l'appellation d'origine contrôlée)
Les deux sacs pleins posés à côté  ne semblent pas vraiment la rechigner.

-A ma gauche, aux tables suivantes , deux trentenaires pianotent sur leur portable.
Thé pour l'un, café pour l'autre.

-Deux gros écrans ancien modèle, trônent dans la deuxième partie de la salle. un gars et une fille sont assis devant.

-Paulette, la patronne est derrière le bar, elle suit les conversations tout en préparant les boissons. Les clients habitués passent leur commande en arrivant puis viennent la  chercher au comptoir pour éviter à Paulette  portant avec bienveillance l'âge de son siècle, d'avoir à trop se déplacer dans le bar.

-A l'entrée un  homme à la longue barbe blanche regarde la pluie tomber
Un monsieur qui vient d'arriver, le prend en photo et lui dit  "Je sens que ça va faire la une du numéro 13".

-"Merde!- Excusez-moi, monsieur". Ma voisine a perdu une graine sous la table.
"Y'a pas de mal" lui dis-je.
"ça me vient tout seul"
Je lui réponds qu'en général ce genre d'expression :  "ça vient tout seul"
On se sourit.
 "Je me demande si j'ai bien fait de laisser mon parapluie dans l'entrée."
Je suis son regard "Au moins il a pas l'air de se sentir seul".
-"Un parapluie comme ça, c'est cher. Il faudrait pas qu'on me le vole; ça m'est arrivé une fois."
"Tatie" continue à écosser ses cocos pendant quelques minutes encore, puis elle se lève et se dirige à petits pas vers l'entrée du bar et le  porte-parapluie posé dans un coin. elle farfouille un moment, comme si elle avait oublié lequel était le sien, puis elle finit par sortir du lot un parapluie noir qu'elle ramène à sa table de travail. elle me glisse en passant un regard satisfait. Je luis souris. elle sort du sac béant une poignée de haricots.
"On écosse, on écosse, c'est comme ça pour l'hiver" dit-elle philosophiquement, penchée sur son ouvrage. 

-Paisible! Même le percolateur qui ne chôme  pourtant pas reste discret .
Je regarde l'homme Sagittaire reproduit en plusieurs exemplaires sur la faïence qui orne le bar.

-On se sent bien, comme chez soi, 
ici.
Naturellement, si  on se sent bien chez soi.


Que faire d'autant d'eau
et de tous ces éclairs?
Grondements assourdissants des orages qui feulent et se succèdent
à un rythme soutenu.
Sous les toits, chez Serge, les lampent clignent de l'oeil.
Ironie des marées, je n'ai pas encore l'habitude de l'accent d'ici.
Comment l'apprivoiser?
Que lui dire?
Qu'en faire?
Je m'interroge et m'inquiète un peu aussi.
3 étages plus bas, l'eau s'échappe d'un porche.
Je la vois miroiter de la fenêtre où je me trouve, celle qui donne sur une longue rue étroite et commerçante.
Une jeune femme aide les vaguelettes  à trouver  la sortie.
Les gouttières traversent une période d'indigestion liquide, les faisant déborder en généreuses cascades.
Mais quel est donc ce pays si réputé pour ses bouffées de chaleur pleurant ainsi: fontaine?
Nuit diluvienne
que pourra.
Routes bloquées.
Ironie, comique de l'histoire,
Cette année, septembre en vacances, pour une fois, n'avait pas prévu d'ile.
 Histoire du genre:
-Quand le ciel pleure sur les Cévennes,
les champignons s'éclatent et nous aussi
par la même occasion-
La pensée du jour et du lendemain matin à la boulangerie, dans la petite rue d'à côté,
où tout fait envie
même le doux sourire de la boulangère.
A deux pas , le bouquiniste chez qui la veille, en sortant du bar du siècle, j'ai revu en grande conversation littéraire le monsieur à la barbe blanche et son ami photographe.
Je musardais dans le rayon poésie. Les joutes verbales de mes voisins du moment bruissaient de connaissances et d'humour.

- Agenticum-
Parfois...un peu sauvage... 
Episode cévenol qu'ils disaient...
Mais quel charme!

















6 commentaires:

  1. Beau pays (selon photos), beau bistrot, belles rencontres et bel orage (selon récit poétique), je me réjouis de ton escapade lointaine et que tu nous revienne (en forme ? avec des haricots pour l'hiver?) aux couleurs d'aencre locales !

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    1. Hello Rémi
      je suis sur que tu aimerais l'ambiance du bistrot en question...
      ce fut un bien joli périple ces -courtes- vacances pleines de rencontres et de beaux paysages
      à bientôt
      :-)

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  2. Je me réjouis aussi de ton retour, la fantaisie me manquait... :-) Belle journée !

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    1. coucou vous

      ...et moi je me réjouis de retrouver quelques habitué'e)s fidèles au poste
      :-)

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  3. Jamais 2 sans 3 : je me réjouis moi aussi de ton retour, Jean-Jacques ! :-)

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    1. merci Françoise tout cela fait chaud au coeur
      :-)

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