mardi 3 décembre 2013

le conte est bon




 illustration source toile

Serge nous a dégoté  sur le site de l'Humanité un "conte syndical" qui fait du bien par où ça passe...

" ArcelorMittal a plié face à une employée, juste épaulée au tribunal par Yves Keibler, retraité et syndicaliste féru de droit du travail. L’État devrait songer à se faire aider par Yves 
pour se faire payer le milliard d’impôts toujours dû par Mittal !
Le changement pour elle, c’est maintenant ! En effet, la vie de madame P., trente ans, a basculé en ce mois de novembre 2013. Basculé dans le bon sens ! On vous raconte.
En septembre 2006, madame P. est recrutée par Manpower et mise à disposition de la SAS ArcelorMittal Atlantique et Lorraine. Dans les services de ressources humaines basés à Florange, elle accompagne les sidérurgistes frappés par les plans de restructuration. « J’ai connu sept PSE chez Arcelor. Vous connaissez le climat dans ces cas-là. À Gandrange, c’était pas tendre. J’ai reçu des gens complètement au bout du rouleau qu’il fallait remotiver, reclasser après vingt ans de boîte avec des pertes de salaire. Un travail dur. » Sept contrats consécutifs au même poste et nous voici en janvier 2008. Toujours avec Manpower, et toujours au même type de poste, c’est cette fois pour la SA ArcelorMittal France que madame P. travaille, sans interruption jusqu’en mai 2008. « Arcelor n’embauchait plus sur les emplois administratifs en vue de la fermeture totale de l’activité sidérurgique à chaud, planifiée de longue date pour 2016 », explique-t-elle. Madame P. finit par décrocher un CDI arrangé, très bien payé, auprès de la société luxembourgeoise AcoRe Consulting qui continue de la vendre chèrement aux Grands Bureaux Arcelor de Florange pour poursuivre la même activité de ressources humaines. Cette société n’est nullement une boîte d’intérim, elle n’a donc pas le droit de « vendre » un salarié et de tirer profit de cette « vente ». Cela s’appelle un délit de marchandage. Mais c’est quand madame P. découvre qu’elle n’est plus couverte par la Sécurité sociale, parce que son employeur n’a pas fait les démarches nécessaires, qu’elle s’alarme. L’inspection du travail botte en touche. L’Urssaf lui conseille même de démissionner, plutôt que de faire valoir ses droits !
La société luxembourgeoise argue quant à elle qu’elle ne gagnera plus assez d’argent si elle s’acquitte des cotisations sociales et décide de se séparer de madame P. le 30 novembre 2009 au terme d’un préavis de deux mois, sans motif indiqué sur sa lettre de licenciement, non sans avoir usé de menaces et de pression. ArcelorMittal lui propose de la réembaucher en contrat intérimaire avec une perte considérable de salaire. « À peine 1 300 euros par mois, alors que j’habite à 90 kilomètres de Florange, cela n’était pas rentable du tout. » Dix-neuf contrats en vingt-deux mois, ça suffit, la jeune femme, refuse. Pas déclarée depuis des mois, elle se retrouve sans emploi et sans droits au chômage ! Madame P., désespérée, poste son histoire sur différents blogs. Yves Keibler, routier en retraite, syndicaliste CGT passionné de droit du travail qui officie régulièrement devant les tribunaux de prud’hommes, tombe sur l’un de ces blogs. Il contacte la jeune femme désemparée et lui propose de rencontrer des avocats, persuadé qu’elle a intérêt à saisir la justice. Hélas, un, deux, trois, quatre, cinq avocats, en vain ! À chaque fois, ceux-ci exigent une somme d’argent avant même de prendre connaissance du dossier. Une somme demandée qui a pu atteindre 3 000 euros. Mais de l’argent, elle n’en a pas. Et puis, de toute façon, à chaque fois, les avocats la dissuadent d’attaquer. Trop compliquée, cette histoire de travailler en France pour une boîte luxembourgeoise... Bla, bla, bla... 
« Monsieur Keibler ne m’a pas lâchée. Il m’a dit on peut perdre, on peut gagner. On peut gagner peu, on peut gagner beaucoup. On y va, ensemble », se souvient la jeune femme.

 Et le 7 novembre dernier, le verdict de la chambre sociale de la cour d’appel de Metz rendait son jugement : gagné ! Quelque 36 000 euros d’indemnisations diverses ! « Ce merveilleux monsieur Keibler, ça a été un rayon de soleil, je lui ai dit : vous avez changé ma vie. En première lecture, le 15 octobre, le texte ! Vous vous rendez compte, tout ce qu’il a fait pour moi, gratuitement ! » s’émeut encore madame P. qui travaille désormais en CDD, au service de ressources humaines d’un hôpital public, et nous confie tout de go : « Je pense que je deviendrai syndicaliste un jour, grâce à monsieur Keibler. Parce que des gens comme lui, il en faudrait partout. » Joseph Schwartz, secrétaire général de l’union locale CGT d’Hagondange, qui s’est porté partie civile dans cette affaire, rappelle que Mittal doit toujours un milliard d’euros à l’État au titre d’impôts impayés. « Moi, président de la République, je ferai ceci, je ferai cela... Hollande ne fait rien du tout pour les récupérer ! » tempête le responsable syndical. Peut-être besoin d’être épaulé à Bercy ? L’Humanité tient les coordonnées d’Yves Keibler à disposition des services du ministère des Finances, au cas où..."
source 

et pour la peine:  "Champagne"   envoi de Brigitte

 

4 commentaires:

  1. waou yes superbe ! et malheureusement !!!je t'embrase Jean jacques

    RépondreSupprimer
  2. Oui, c'est un conte-pour-de-vrai et c'est çà (la victoire, pour une fois) qui est superbe !
    Je fais circuler ce conte : je l'ai "mis en boîte"...
    Un jour, si je retrouve "la boîte" où çà gît, je t'enverrai un texte "syndical" aussi peu conforme à la grisaille habituelle de cette activité, qui a bien besoin de prendre l'air, sortir des poncifs...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. et oui...heureusement qu'il existe ici ou là des militants syndicaux qui continuent un noble combat bien loin des appareils et des abus divers et avariés...

      Supprimer