jeudi 14 novembre 2013

il faut lâcher prise









photo Valérie

La poésie s'vend mal

"J'ai rencard ce matin avec la Vérité
et je n'ai pas un flesch pour lui payer un verre
                                                                            Je zyeute aux alentours un bourgeois à taper
                                                                            que dalle c'est l'hiver et puis c'est la vie chère


il faudrait que je fourgue un bidule important
ma veste d'intérieur...j'en prendrais pas dix balles
la machine à écrire...elle est aux impotents
salope qui me fait des Q aux intervalles

                                                                             Le clebs c'est un vieillard...mieux vaut n'en pas parler
                                                                             et puis je l'aime bien il a piqué le rhume
                                                                             ce con il sait pourtant que ça me fait râler
                                                                             pens'-tu! faut que monsieur ait sa part de bitume!

y'a pas d'erreur pour le confort je suis paré
mon poêle fume et mes chaussettes s'encanaillent
tant pis je vais lui dire à la môm' vérité
c'est pas des coins pour elle ici...faut qu'ell' s'en aille!

                                                                                et devant mon croûton qui m'affute les os
                                                                                je pense à l'imprudent qui lui paiera le pot!"
-Léo Ferré-


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j'ai reçu ceci:

Appel à la généralisation du « suspendu »
 
café-suspendu.
 L'idée est partie de Naples en 2011, autour d'un café. Au comptoir, les Napolitains payent deux petits noirs mais n'en boivent qu'un, laissant le second « en attente » ou « suspendu » pour quelqu'un qui ne peut pas se l'offrir.
Depuis, le concept a fait du chemin, en Bulgarie, en Belgique, au Québec
Elle s'est installé dans quelques troquets français et a même fait des petits. Des boulangers ont lancé la « baguette suspendue », d'autres « le croissant ». d'autres encore le « sandwich ».
 
En cette période de crise économique et sociale cet acte de solidarité est un outil simple et puissant de lutte contre l'extrême pauvreté
 
Nous appelons les cafetiers, les boulangers, les hôteliers, les libraires, les commerçants en général à permettre le suspendu et les invitons à communiquer au moyen de photos et en recensant leur « suspendu » sur le site suspendu.org
 
Nous appelons l'ensemble des citoyens à être généreux en prenant l'habitude d'offrir des suspendus dans tous les lieux qui le permettent.
 
Aidez à propager la solidarité en diffusant cet appel sur les réseaux sociaux par mail, sous forme d'affichette ou de flyer à distribuer.
                    

 photo: Valérie        


IDENTITE       

"Je m'appelle orthodoxe et je suis né quand même
quand Carco misérait des croissants café crème

Cela dit j'ai raté le nom de mon papa
et j'attends le prochain qui ne passera pas

Il paraîtrait que je ressemble à mon grand-père
foutre, leur ai-je dit, en pesant ma grammaire"         
-Léo Ferré-              




L'OPERA DU CIEL

"J'ai tant pleuré que je n'ai plus le souvenir de mes alarmes
Car j'ai versé jusqu'à la larme qui me donnait l'air ingénu
Et si mon coeur n'est pas plus pur que la source où boivent mes rêves
C'est qu'il est transpercé de glaives et qu'il reste criblé d'azur

Si j'avais les yeux du Bon Dieu je me les crèverais
Et pour amuser les curieux je les leur donnerais

Et par ces fenêtres nouvelles ils verraient ce "qu'on a cru voir"
Tous les millions de désespoirs vomis par mille clientèles

Si j'avais les yeux du Bon Dieu je pleurerais des larmes rouges
Et jusqu'au plus profond des bouges j'apporterais la paix des cieux

J'ai tant battu la vanité que le sang me monte à la tête
Moi qui croyait être à la fête et qui vis dans l'absurdité
Le grand amour que j'ai conçu pour les humains de la déroute
a terminé sa longue route et je demeure un invendu

Si j'avais les mains du Bon Dieu je me les couperais
Et pour aider les pauvres gueux moi je les leur coudrais

Sur les moignons de la misère dans les coulisses du bonheur
Ils pourraient se pétrir des coeurs a renverser la terre entière

 Si j'avais les mains du Bon Dieu je giflerais la bourgeoisie
et je trouverais des chirurgies pour occuper ces beaux messieurs

J'ai tant chanté les désespoirs que ma voix s'est humanisée
et qu'elle semble être passée sur de sinistres abattoirs
Je me fous de leur "rédemption" et je ne crois pas aux miracles
car dans l'enfer de mes débâcles Satan n'est qu'un échantillon

Si j'avais la voix du Bon Dieu je l'humaniserais
et dans le micro des pouilleux je l'emprisonnerais

Et sur les ondes migratrices s'envolerait le chant nouveau
qui bercerait tous les salauds à la recherche des polices

Si j'avais la voix du Bon Dieu je gueulerais dans le silence
de l'éternelle voûte immense
QUE L'ON PRETEND ETRE LES CIEUX"

 -Léo Ferré-






4 commentaires:

  1. A Paris, ils avaient inventé les duplex HLM suspendus mais ceux qui en ont profité n'y avaient pas droit! :)

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    1. les pôvres! des gens ds le besoin quand même...
      ;-)

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  2. J'ai eu bien du mal à apprendre à lâcher prise.
    Et merci à Léo Ferré. Il manque.

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    1. c'est pas toujours facile et c'est jamais définitif...mais les ptits instants où on y arrive c'est comme qui dirait ;-) des ptits bonheurs.

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