jeudi 16 décembre 2010

c.q.f.d.




Quand Whikileaks  dévoile une conversation entre l'ancien premier ministre Michel Rocard  et l'ambassadeur des Etats Unis en France, on y découvre une analyse intéressante sur La France et son Histoire qui ne fera sans doutes pas plaisir aux nationalistes franchouillards  destructeurs d'identités...  mais qui n'étonnera sans doute pas ceux qui croient au droit  et respect des  différences comme  richesse du vivre ensemble.
Extraits de conversations reproduit par l'Agence Bretagne Presse
envoyé par Fulup

WIKILEAKS : Les Américains inquiets du futur de la France

Depeche du 15/12/10 15:23 de notre correspondant Philippe Argouarch
BRETAGNE "Parmi les câbles diplomatiques que Wikileaks a récemment mis en ligne, on trouve le résumé d'une conversation que Michel Rocard a eu avec l'ambassadeur des Etats-Unis en résidence à Paris. L'ancien premier ministre explique que la France est difficile à gouverner car elle s'est formée à la révolution par l'assimilation de cultures hétérogènes. Il mentionne la destruction de ces cultures, comme la culture bretonne, dans le but de construire un état-nation. [Voir le site]
Crimes de lèse-nationalité
L'ambassadeur américain rapporte que "Rocard, comme l'ancien président Valéry Giscard-d'Estaing, croit que l'histoire de France fournit les clés pour comprendre la politique française. Rocard remonte à l'époque de l'émergence de l'État-nation. L'histoire des autres nations européennes est celles de communautés linguistiques au service de leurs intérêts commerciaux. La France a été créée par la destruction de cinq cultures — bretonne, occitane, alsacienne, corse et flamande". [...] "Nous sommes la seule nation européenne qui soit une création militaire d'un État non homogène. C'est ce qui rend la France difficile à gouverner et explique notre difficulté à réformer, notre lenteur", dit-il (Michel Rocard).
L'Amérique doute du futur de la France face à son incapacité à reconnaître ses minorités
Dans un autre câble daté de janvier 2010, l'ambassadeur des États-Unis déplore que le futur de la France soit conditionné par sa capacité à doter ses minorités d'une représentation politique : " France has long championed human rights and the rule of law, both at home and abroad, and justifiably perceives itself as a historic leader among democratic nations. This history and self-perception will serve us well as we implement the strategy outlined here, in which we press France toward a fuller application of the democratic values it espouses. This strategy is necessary because French institutions have not proven themselves flexible enough to adjust to the country's increasingly heterodox demography. Very few minorities hold leadership positions in France's public institutions. "
Les deux vaches sacrées françaises
Bien qu'ayant en tête surtout la minorité musulmane, l'ambassadeur décide d'influer sur le cours des choses en France et propose un programme dont le but est de faire prendre conscience aux leaders politiques de l'importance d'une reconnaissance des minorités. L'ambassadeur dénonce les deux vaches sacrées françaises : la laïcité et le communautarisme – des concepts sémantiques qui d'après lui bloquent toute évolution : "Rather than retreating from discussions involving two sacred cows in France -- the concepts of "secularism" and "communitarianism" -- we will engage French leaders directly about the role that their terminology and intellectual frameworks could play in creating (or diminishing) equality of opportunity in France". [Voir le site]
La France rattrapée par son passé
Comme on l'a vu avec la signalétique, la France est aux prises avec une contradiction qui remet en cause ses fondements. Les nouvelles minorités issues de l'immigration ont très peu de droits et de reconnaissance et encore moins de représentation au parlement. Leurs enfants ont tendance à se révolter. La France en a fait un constat amère. D'un autre côté, elle ne peut donner des droits aux nouveaux arrivants sans aussi en donner aux anciennes nationalités qui composent son territoire : Bretons, Occitans, Alsaciens, Corses, Basques et Catalans. Avoir de l'arabe à la poste, tout en refusant le breton, ne pourra jamais être compris. Enseigner l'histoire de l'Afrique du nord aux Français issus de l'immigration récente sans enseigner l'histoire de la Bretagne aux Bretons serait une incohérence encore plus flagrante."

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