des E.P.M. comme: établissements pour mineurs- un nom plutôt rassurant et passe partout, mais ne nous y trompons pas, il s'agit ni plus ni moins que du rétablissement des prisons pour enfants- voici ce qu'en disent dans un manifeste des personnels éducatifs du département: En juin 2007, les premiers établissements pour mineurs (EPM) ouvrent leurs portes. L'EPM de Lavaur (81) a été mis en service le 11 juin, suivi par l'EPM de Meyzieu (69), le 13 juin. Deux établissements ont également ouverts au second second semestre (à Quiévrechain (59) et à Marseille (13)) ; doivent suivre trois autres établissements de ce type en 2008 (à Meaux-Chauconin (77), à Porcheville (78) et à Orvault (44)).Il est sans doute préférable de séparer les mineurs incarcérés des majeurs. Néanmoins, l'éducation à la vie en société, dans le respect des règles, et la socialisation sont profondément paradoxales avec l'enfermement, souvent vécu comme arbitraire et injuste par les plus jeunes. La mise en place de repères nécessite du temps ; les mineurs doivent avant tout être protégés. Leurs incivilités et leurs actes délictueux ne sont-ils pas plus sûrement un signe d'une carence éducative que la société a le devoir de combler, sans les priver de leur liberté ?Ci-dessous l'appel de personnels éducatifs de Loire-Atlantique qui refusent de travailler dans le futur EPM d'Orvault:
MANIFESTE POUR MINEURS EN DANGER
emancipationgd44@no-log.org - MANIFESTE POUR MINEURS EN DANGER La place des enfants n'est pas en prison Nous ne travaillerons pas en E.P.M. ! La lutte contre la construction de 7 établissements pénitentiaires pour mineurs n'a pas, à ce jour, permis d'annuler ce programme d'enfermement des enfants délinquants et de criminalisation croissante de la jeunesse. Ici à Nantes, l'ouverture de l'E.P.M. d'Orvault s'accompagne d'appels à candidature pour que des personnels éducatifs (enseignants, éducateurs, travailleurs sociaux, soignants...) aillent travailler dans ces " nouvelles " prisons pour enfants.Nous n'irons pas, et nous appelons toutes les personnes concernées à refuser de travailler en E.P.M., ici comme ailleurs, car nous refusons de contribuer à l'illusion démagogique qui consiste à faire croire qu'une action éducative est possible en prison. Nous combattons la logique de l'enfermement Jusqu'en 1945, les mineurs délinquants étaient enfermés dans des bagnes pour enfants,colonies pénitentiaires, maisons de correction... Dans les années 70, les derniers centresfermés furent supprimés en raison de leur fonctionnement archaïque, violent et inadapté à un objectif éducatif. Depuis quelques années, la tentation d'un retour en arrière dans le traitement de la délinquance des mineurs est bien réelle : création de Centres d'Education Renforcée, Centres Éducatifs Fermés, et aujourd'hui des Établissements Pénitentiaires pour Mineurs, qui ne sont que l'aboutissement d'une politique fondée sur l'exclusion et la répression. Nous pensons que la création des prisons aura une incidence sur le traitement judiciairede la délinquance des mineurs, et le projet actuel d'abaissement de la majorité pénale de 18 à16 ans confirme nos craintes : toujours plus d'enfermement pour créer l'illusion d'une paix sociale.Nous savons qu'avec l'enfermement, il y a toujours des risques de dérive vers l'usage dela force physique ou de la maltraitance psychologique : c'est un phénomène bien connu, aussi vieux que l'enfermement lui-même. La vie ne s'apprend pas en prison, on n'y apprend que la haine de soi et de l'autre ! Une logique répressive et non pas éducative Traiter la délinquance par les poursuites systématiques, l'incarcération ou la mise à l'écart dans des structures spécialisées témoigne d'une réponse à court terme. Les causes sociales, économiques de ces passages à l'acte sont éludées. Le jeune délinquant n'est plus un mineur en danger, mais un individu dangereux à enfermer ! Or, les adolescents ne sont pas des adultes ! Chaque année, 15 000 jeunes âgés de 16 et17 ans sont interpellés plusieurs fois dans l'année. Ce sont pour beaucoup, des adolescents déscolarisés depuis l'âge de 14 ans, sans travail ni qualification, qui n'accèdent pas à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils " traînent ", provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions. 3350 d'entre eux ont été incarcérés en 2006. Cependant 70% récidiveront malgré ce séjour en prison, alors que, parailleurs, les centres éducatifs ouverts permettent une réinsertion pour plus de 60% des jeunes qui leur sont confiés ! Qui nous fera croire aux bienfaits des prisons pour enfants ? Nous défendons une véritable prévention Le mineur délinquant est d'abord un enfant en souffrance, et il convient de traiter les causes de cette souffrance plutôt que ses effets. Cette évidence connue des professionnels,doit orienter une véritable politique de prévention, d'aide et d'accompagnement, qui inclurait la
justice saisie en amont, au civil et non au pénal, et une action éducative et non répressive. La société ne passerait alors plus autant de temps à tenter de rattraper les dommages causés à des mineurs dès leur plus jeune âge, dans l'indifférence ou l'incompétence non moins coupable de responsables politiques qui ne voient guère plus loin que la date des prochaines élections. Une prise en compte de la réalité de l'adolescence D'autres sanctions existent, qui réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ pour des jeunes en danger que l'école, la famille, la pauvreté, la justice, ou la politique répressive ont conduit au ban de la société.Nous devons ainsi nous engager dans la réussite de programmes ou projets éducatifs, de lieux de vie, d'internats qui structurent et aident ces adolescents, de dispositifs relais, decentres de jour, de maisons des adolescents, qui les fassent accéder à la culture, à l'éducation et à la formation.L'efficacité des alternatives à l'enfermement des enfants est probante. Elle serait encoreplus forte si elles étaient appuyées par des moyens conformes aux enjeux. Le droit à l'insoumission éducative Refuser de travailler en EPM n'est pas délaisser les mineurs délinquants, ou refuser letravail avec des jeunes incarcérés. En refusant d'exercer dans les prisons pour mineurs, il s'agit pour nous de bloquer ce système carcéral pour enfants, en contraignant justice et administration pénitentiaire à faire sortir ces jeunes des EPM comme des quartiers pourmineurs, pour leur permettre de suivre des cours, des formations, des entretiens, des soins et ne pas les isoler, toujours plus, de la vie en société. Nous serons solidaires de toute personne inquiétée pour son refus de travailler en EPM. Les droits de l'enfant La Convention internationale des droits de l'enfant, ratifiée par l'Etat français en 1990 stipule que " Les États parties reconnaissent à tout enfant suspecté, accusé ou convaincud'infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son respect pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales d'autrui, et qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au sein decelle-ci (article 40) ".Or la dignité et le sens de la liberté ne s'acquièrent pas dans la soumission, ni le respect de l'autre par le déni de soi, et la réintégration ne se prépare pas en prison. Les EPM sont criminogènes. Nous n'irons pas y travailler ! A Nantes le 1er décembre 2007Contacts et signatures :
Emancipationgd44@no-log.org Groupe départemental de l'Emancipation c/o FSU8 place de la Gare de l'Etat44276 Nantes cedex 2 Ce texte s'inspire et s'inscrit dans la continuité de plusieurs écrits ou appels : pétitions contre la construction des EPM(Lavaur, Meyzieu, Orvault...), pétition " Les adolescents ne sont pas des adultes " contre l'abaissement de la majoritépénale (Philippe Meirieu), " l'échec prévisible des centres éducatifs fermés " et autres travaux du groupe CLARIS....URL de l'article :
http://prison.eu.org/article.php3?id_article=10308
"Les enfants naissent à l'aube et se suicident en Juin paniqués par l'échec scolaire certains se pendent d'autres partent sans un mot l'arme du père à l'épaule mitrailler la salle des profs comme un dernier coup de forces. On leur apprend à haïrou à trop bien réfléchir Ils n'ont pas l'esprit critique ce sont les enfants-panique dans cet univers de jungle où les profs leur chient dessus Il y a de quoi dev'nir dingue Ils sont violents dans la rue ils fuguent, ils claquent la porte ils choisissent la galère et sur le parvis de Beaubourg ils recherchent un peu d'amour Au pied des cages d'escalier Dans toutes les grandes cités Ils traînent, ils vivent en bande Ce sont les Mineurs en Danger ils galèrent dans le quartier et la dope vient à eux alors ils se laissent piéger L'accoutumance leur ferme les yeux ils ne sont pas vigilants et ils n'ont pas d'argent mais putain faites attention à la prostitution le braquage devient leur loi Ils feraient n'importe quoi Ils dealent et marchent au poison et ils échouent en prison Et puis quand arrive Noël et toute cette débauche de fric il n'ont le choix que d'se faire une OD entre deux flics Ils ne connaissent pas la Chine ni le Mouvement de la Jeunesse mais ils prennent de la mort fine et se foutent bien du reste Ecoutez Jeunesse de France Soyez unis pour gagner L'av'nir c'est pas la violence mais la Solidarité !Ecoutez Jeunesse Démente Soyez unis pour gagner L'av'nir c'est pas la violence mais la SOLIDARITE ! -les -bérurier noir -mineurs en danger- le photo montage d'illustration est de serge merci à lui-